Moyen court et très facile de faire oraison

Au lecteur

Moyen court et très facile de faire oraison

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Jeanne Marie Bouvières de la Mothe Guyon

est née le 13 avril 1648 à Montargis, en France. La vie de Mme Guyon est un magnifique témoignage de la façon dont la puissance de Dieu peut agir dans une âme humaine.

Dès son enfance, son esprit était tourné vers Dieu. Elle a reçu son éducation pour partie à la maison, et pour partie dans différents couvents. À seulement 16 ans, son père l’a mariée à un homme de 38 ans. Ce mariage a été une véritable souffrance pour elle. Son mari, sa belle-mère et une vieille servante lui rendaient la vie presque insupportable. Cependant, ces souffrances l’ont rapprochée de Dieu.

Un jour, elle rencontra un moine franciscain, et ce fut un tournant dans sa vie. Il lui dit : « Vous avez cherché à l’extérieur ce que vous ne pouvez trouver qu’à l’intérieur. » À partir de ce jour, dit-elle, j’ai pris conscience que le royaume de Dieu était au-dedans de moi, que Jésus était mon Roi et que mon cœur était son royaume, où lui seul était Seigneur. Son besoin de prière était presque insatiable. Elle se levait à 4 h du matin pour rechercher la face du Seigneur, et elle en ressentait le besoin, car dès l’instant où elle a pris cette position entière pour Dieu, les persécutions et les tribulations ont été son lot. Elle a conclu l’alliance suivante avec Jésus : « Je prends désormais Jésus-Christ pour époux de mon âme, et je me donne à lui, indigne que je suis, pour être son épouse. Je lui demande, dans ce mariage entre esprit et esprit, d’être d’un même esprit que lui, douce et pure, sans rien en moi-même et en accord avec la volonté de Dieu ; je m’engage, telle que je suis, à être sienne. J’accepte comme partie intégrante de cet état conjugal les tentations et les chagrins, la croix et le mépris auxquels il a eu part. »

Son mari est décédé en 1676. Elle a vécu ensuite quelques années tranquillement avec ses enfants, mais à partir de l’âge de 34 ans, elle a connu une vie d’errance, de persécution, d’emprisonnement et d’exil. La tempête a commencé véritablement lorsqu’un jour, dans la simplicité de son cœur, elle a prononcé les mots : « La sanctification par la foi », sans savoir ni imaginer à quel point cela allait toucher les gens. C’était un pas de plus que la justification par la foi, que les protestants avaient mise en exergue. À partir de ce moment, les catholiques l’ont déclarée hérétique. Mais la parole était née dans son cœur par la sagesse éternelle, et dans l’obéissance à cette conviction profonde et sacrée, qui est la voix intérieure de l’âme, elle a annoncé ces vérités, même si la prison et les chaînes l’attendaient. Le mouvement de sainteté s’est progressivement répandu, et les âmes ont compris, l’une après l’autre, le secret de la sanctification par la foi. Mais la persécution suivait de près.

Mme Guyon est devenue la représentante de ce qu’elle appelle la vie apostolique. Les persécutions l’ont obligée à voyager de lieu en lieu, et partout où elle allait, cela créait du mouvement. Une fois, elle est arrivée à Marseille dans la matinée, et l’après-midi, toute la ville était en émoi contre elle, car son petit livre « Un moyen court et très facile de faire oraison » l’avait précédée.

Mme Guyon était une travailleuse assidue. Elle avait presque toujours de quoi écrire à la main. À elles seules, ses explications sur la Bible occupent 40 volumes. Elle écrivait aussi bien en prison que lors de ses voyages. Son livre sur la prière lui valut d’innombrables bénédictions, mais aussi de grandes persécutions. Elle a passé de nombreuses années de sa vie enfermée en prison, les dernières dans la célèbre prison d’État de la Bastille à Paris. Depuis ce lieu de souffrance, cette femme sainte écrit : « Moi, ici à la Bastille, je te dis, mon Dieu : s’il te plaît de m’offrir en spectacle, que ta volonté soit faite. Qu’importe ce que les hommes pensent de moi ou me font subir, tant qu’ils ne me séparent pas du Sauveur, dont le nom est gravé au plus profond de mon cœur. Ces coups qui m’atteignent doivent éliminer ce qui pourrait être indigne en moi, afin que je puisse paraître sans tache devant Lui. »

Après de nombreuses années de captivité, elle a été libérée, mais sa santé était ruinée. Dans sa 69e année, à Blois, elle s’est endormie en Jésus le 9 juin 1717, et a échangé l’épée contre la couronne.

Ses livres sont diffusés dans de nombreux pays. Même 200 ans plus tard, ils sont encore réimprimés et diffusés partout. Son influence a été considérable. Plusieurs des plus grands hommes de Dieu ont puisé dans le riche trésor d’écrits qu’elle a laissé derrière elle.

Sa mémoire est en bénédiction.


Note relative à cette édition en français

À l’époque de Mme Guyon, le livre a été publié plusieurs fois avec quelques petites variantes. Nous nous sommes appuyés sur la « seconde édition revue et corrigée » publiée en 1686 par Antoine Briasson à Lyon. Nous nous sommes efforcés de rester le plus fidèles possible au texte original, nous contentant pour l’essentiel de moderniser l’orthographe et la ponctuation. Nous avons cependant choisi dans certains cas de réécrire certaines formulations qui peuvent être difficiles à comprendre pour le lecteur contemporain. À noter notamment que pour faciliter la lecture, nous avons la plupart du temps écrit « prière » là où Mme Guyon emploie le mot « oraison », bien que nous soyons conscients que par « oraison », Mme Guyon désigne « l’état de prière », une prière intérieure, par opposition à ce qu’elle appelle les « prières vocales », qui, dans le contexte catholique dans lequel elle vivait, signifiaient la plupart du temps des prières récitées. Quand notre choix de réécriture peut être sujet à caution, nous indiquons en note la formulation d’origine. Nous avons gardé pour l’essentiel les citations bibliques telles qu’elles sont transcrites par Mme Guyon ; le lecteur pourra donc parfois constater quelques divergences avec la traduction à laquelle il est habitué. Dans l’édition de 1686, certaines références des citations bibliques sont curieusement erronées, mais ont été corrigées dans des éditions ultérieures ; nous avons dans ce cas donné la référence correcte.

Johan O. et Aksel Smith ont traduit le livre en norvégien à partir d’une version anglaise, et l’ont publié en 1912 aux Éditions du journal Skjulte Skatter (Trésors Cachés), qu’ils venaient de lancer. Nous avons reproduit ici la note au lecteur rédigée à cette occasion par Aksel Smith, et nous avons choisi de rester fidèles à son découpage en paragraphes, la version de 1686 ne comportant pas toujours des indications claires sur ce découpage.