Des défauts
Dès que l’on est tombé en quelque défaut ou que l’on s’est égaré, il faut se tourner au-dedans, parce que, cette faute ayant détourné de Dieu, on doit au plus tôt se tourner vers Lui et souffrir la pénitence qu’il impose lui-même. Il est très important38 de ne pas s’inquiéter pour les défauts, parce que l’inquiétude ne vient que d’un orgueil secret et d’un amour de notre [propre] excellence. Nous avons du mal à sentir ce que nous sommes. Si nous nous décourageons, nous nous affaiblissons davantage, et la réflexion que nous faisons sur nos fautes produit un chagrin qui est pire que la faute elle-même.
Une âme véritablement humble ne s’étonne pas de ses faiblesses. Et plus elle se voit misérable, plus elle s’abandonne à Dieu et tâche de se tenir auprès de Lui, voyant le besoin qu’elle a de son secours. Nous devons d’autant plus tenir cette conduite que Dieu nous dit lui-même : Je vous ferai entendre ce que vous devez faire. Je vous enseignerai le chemin par lequel vous devez marcher et j’aurai sans cesse l’œil sur vous pour vous conduire. Ps. 32, 8.