D’où es-tu façonné ?
Le chapitre 12 de l’épître aux Romains, avec toutes ses exhortations, est un message du Saint-Esprit à Paul, venant directement du cœur de Jésus, et qui donne une image fidèle de ce qui s’est passé dans la vie de Jésus.
Paul nous exhorte, par les compassions de Dieu, à offrir notre corps comme un sacrifice vivant, saint, agréable à Dieu. Ro. 12, 1. C’est précisément ce que Jésus a fait lorsqu’il est entré dans le monde : Tu m’as formé un corps… Me voici, ô Dieu, pour faire ta volonté. Hé. 10, 7. C’était son pacte avec son Père – la nouvelle alliance.
Jésus a pris soin du service de l’autel, Hé. 7, 13. Pour que les exhortations de Romains 12 prennent vie en nous, nous devons nous aussi porter cet autel au plus profond de notre cœur, car les sacrifices se trouvent dans le corps. C’est ainsi que le corps de Christ apparaît, car « nous sommes tous membres les uns des autres. » Ro. 12, 5.
« Ne vous conformez pas au siècle présent, mais soyez transformés par le renouvellement de l’intelligence, afin que vous discerniez quelle est la volonté de Dieu, ce qui est bon, agréable et parfait. » V. 2. La volonté de Dieu n’est pas une exécution extérieure et mécanique de certaines actions, mais des actions et une activité qui sont issues d’une vie fondée sur Celui qui est amour et qui est la source de la sagesse. C’est la volonté de Dieu en Jésus-Christ que nous rendions grâces pour toutes choses. Cela ne peut devenir réalité que si notre cœur a une attitude humble devant Dieu.
Il est courant que les pensées soient façonnées de l’extérieur, sous l’influence du monde visible et terrestre. C’est un monde gouverné par le prince de ce monde, et tout y est manifestation du corps du péché. « Car tout ce qui est dans le monde, la convoitise de la chair, la convoitise des yeux, et l’orgueil de la vie, ne vient point du Père, mais vient du monde. » 1 Jn. 2, 16. La raison humaine ne s’accorde pas avec l’obéissance à la Parole de Dieu, et toutes ces opinions opposées à la volonté de Dieu ont vite fait de nous façonner. Dieu veut que nous soyons des vases de miséricorde, façonnés de l’intérieur, grâce au feu qui consume le corps du péché et qui donne ainsi accès à l’univers de la vie et des pensées de Dieu, à la Jérusalem d’en haut – la Jérusalem céleste.
Le monde présent est le résultat d’un travail acharné accompli par le prince de ce monde. Tout trouve son origine dans la chute originelle, causée par celui qui a dit dans son cœur : « Je monterai au ciel… » És. 14, 13-14. Dans ce passage, il exprime 5 fois sa volonté de s’élever. Le corps du péché est rempli de cette force qui pousse à s’élever et qui réside dans la volonté de la chair. Si je m’unis de mon plein gré à la volonté de la chair, je suis sur la voie de ma propre volonté, et le vieil homme est à l’œuvre, ou se met à l’œuvre. Derrière cela se trouvent de puissantes forces spirituelles, qui s’habillent d’un langage raffiné et coloré. Elles sont en relation directe avec le prince de ce monde. L’honneur des hommes est au cœur de cette volonté de s’élever. Les pensées se développent alors dans ce sens et sont façonnées par ce monde. Si, au contraire, j’unis librement ma volonté à celle de Dieu, je trouverai le chemin nouveau et vivant, ainsi que les traces de Jésus. Il n’a jamais fait autre chose que la volonté du Père. Je suis alors transformé par le renouvellement de l’intelligence.
Il faut donc une nouvelle naissance. « En vérité, en vérité, je te le dis, si un homme ne naît de nouveau, il ne peut voir le royaume de Dieu. » Jn. 3, 3. Il l’a dit avec insistance ! Par la nouvelle naissance, le royaume de Dieu s’installe au-dedans de nous ; c’est une nouvelle créature, qui a des yeux et des oreilles, créée selon Dieu dans une justice et une sainteté que produit la vérité. Ce n’est pas alors le monde, avec ses faux éclats, qui me façonne, mais la volonté et la pensée de Dieu qui fermentent au plus profond de mon cœur, là où le feu est à l’œuvre sur l’autel.
L’une des exhortations de ce chapitre est la suivante : « Ayez les mêmes sentiments les uns envers les autres. N’aspirez pas à ce qui est élevé, mais laissez-vous attirer par ce qui est humble. Ne soyez point sages à vos propres yeux. » Ro. 12, 16. C’est ici que naissent la fraternité de Jésus et l’unité divine. Ici, nous voyons les traces de Jésus et la direction à prendre sur le chemin nouveau et vivant, qui descend vers le jugement qui frappe notre propre vie. C’est là, dans le laps de temps entre la crèche et la croix de Golgotha, qu’a été inauguré le chemin étroit qui mène à la vie.
Jésus était l’antithèse parfaite du fait d’être sage à ses propres yeux, lorsqu’il disait : « Je ne puis rien faire de moi-même : d’après ce que j’entends, je juge ; et mon jugement est juste, parce que je ne cherche pas ma volonté, mais la volonté de celui qui m’a envoyé. » Jn. 5, 30. Si nous obtenons la grâce et la miséricorde nécessaires pour suivre le Maître dans cette voie, nous deviendrons l’exact opposé de ce monde qui aspire à la grandeur – à être grand, plus grand, le plus grand, comme une bulle de savon, loin de Dieu qui ne porte les regards sur aucun sage. Job 37, 24. On devient une proie d’autant plus intéressante pour le prince de ce monde, qui n’est venu que pour égorger, voler et détruire. On s’égare dans les pensées de son cœur parce que la Parole, l’exhortation, n’y pénètre pas pour juger les sentiments et les pensées du cœur. Ce désir d’être quelque chose est le constituant de base du corps du péché. Un feu inextinguible brûlait sur l’autel de Jésus et consumait cette substance, de sorte qu’il pouvait dire : « … car le prince du monde vient. Il n’a rien en moi. » Jn. 14, 30. La volonté et la résistance de la chair avaient été vaincues et anéanties, et avec elles tout ce qui s’appelle volonté propre.
Si cette transformation ne se produit pas par le renouvellement de notre intelligence, nous pouvons certes nous laisser façonner par le cadre extérieur de l’assemblée et nous y adapter. Ce que les autres pensent de nous a alors beaucoup d’importance. La vie de nos pensées se passe à l’horizontal. Nous entendons la prédication, mais nous ne voyons pas la gloire du Seigneur. Paul a rencontré Jésus sur le chemin de Damas. Il a vu et il a entendu. Ses compagnons de voyage ont entendu, mais n’ont rien vu. Ac. 9, 7.
À l’époque de Jean, nombreux étaient ceux qui ne s’intéressaient pas à ce qui s’était passé en Jésus pendant les jours de sa chair. Ils n’avaient pas d’autel sur lequel brûlait le feu, aucun intérêt vivant pour travailler à leur salut. Ils s’étaient égarés dans leurs pensées. Mais là aussi, il y avait un développement. Jean écrit : « Eux, ils sont du monde ; c’est pourquoi ils parlent d’après le monde, et le monde les écoute. » 1 Jn. 4, 5. Ils se sont perfectionnés dans l’art de l’égarement, au point même de falsifier la parole de Dieu.
Mais à propos de lui-même et des autres membres du corps, il dit : « Nous, nous sommes de Dieu ; celui qui connaît Dieu nous écoute ; celui qui n’est pas de Dieu ne nous écoute pas : c’est par là que nous connaissons l’Esprit de la vérité et l’esprit de l’erreur. » 1 Jn. 4, 6.
Si nous laissons l’Esprit de vérité nous conduire aux richesses contenues dans les nombreuses exhortations du chapitre, nous découvrirons notre vie et nos tendances pécheresses et nous les placerons sur l’autel. Alors nous aurons communion avec celui qui a été manifesté en chair, et l’esprit de l’erreur n’aura pas accès à nous. Nous devenons ainsi une pierre dans l’édifice dont Il est la pierre principale de l’angle. Il dit lui-même à propos de ces pierres : « Ils ne sont pas du monde, comme moi je ne suis pas du monde. » Jn. 17, 16. Ils ne se conforment pas aux coutumes de ce monde. Lui-même a été rejeté par les bâtisseurs de son époque.
Rechercher la gloire des hommes, se venger « de manière raffinée » lorsque l’occasion se présente, nourrir de la rancœur, c’est se conformer au monde présent. On vit alors dans l’égarement.
L’exhortation de Paul à ne pas se conformer au monde présent concerne la vie de nos pensées, et non pas des règles extérieures pour s’efforcer d’avoir l’approbation des hommes. Bien au contraire, c’est la recette d’une vie heureuse devant la face de Dieu, maintenant et pour l’éternité.
« Et le monde passe, et sa convoitise aussi ; mais celui qui fait la volonté de Dieu demeure éternellement. » 1 Jn. 2, 17. Ils sont formés à l’image du Père et du Fils, et sont en vérité des membres du corps de Christ, qui sont des sources de bénédiction et d’édification.
À la résurrection, un corps de gloire sera préparé pour de telles personnes.