Une source d’eau vive ou des citernes crevassées ?
« Car mon peuple a commis un double péché : Ils m’ont abandonné, moi qui suis une source d’eau vive, pour se creuser des citernes, des citernes crevassées, qui ne retiennent pas l’eau. » Jé. 2, 13. « Car auprès de toi est la source de la vie ; par ta lumière nous voyons la lumière. » Ps. 36, 10.
L’eau vive, la source même de la vie, se trouve uniquement auprès du Créateur, le Dieu vivant, qui est à l’origine de toute vie. C’est une vérité immuable. Ces passages sont tirés de l’Ancien Testament, mais ils sont également valables dans la Nouvelle Alliance, et même pour l’éternité. Tout au long de l’histoire, les hommes ont sans cesse abandonné la source, la vie en communion avec leur Dieu, et ont essayé de la remplacer en se creusant des citernes crevassées. C’est là un double péché.
Jésus dit à la Samaritaine près du puits : « Si tu connaissais le don de Dieu et qui est celui qui te dit : Donne-moi à boire ! tu lui aurais toi-même demandé à boire, et il t’aurait donné de l’eau vive. » « Quiconque boit de cette eau aura encore soif ; mais celui qui boira de l’eau que je lui donnerai n’aura jamais soif, et l’eau que je lui donnerai deviendra en lui une source d’eau qui jaillira jusque dans la vie éternelle. » Jn. 4, 10 et 13-14.
La suite de la conversation près du puits, entre Jésus et cette femme, nous indique que la femme et son peuple cherchaient à savoir s’ils devaient adorer Dieu sur la montagne de Samarie ou à Jérusalem. Il apparaît ici clairement que la source de la vie, le contact personnel avec Dieu et l’adoration de Dieu en esprit et en vérité, avaient été remplacés par un culte extérieur lié à des rituels, des formes et des lieux spécifiques. V. 21-23. « Dieu est Esprit, et il faut que ceux qui l’adorent l’adorent en esprit et en vérité », dit Jésus au verset 24.
« Vous sondez les Écritures, parce que vous pensez avoir en elles la vie éternelle : ce sont elles qui rendent témoignage de moi. Et vous ne voulez pas venir à moi pour avoir la vie ! » Voilà ce que Jésus dit aux Juifs dans Jn. 5, 39-40. Nous voyons ici à quel point les Juifs, à l’époque de Jésus, s’étaient éloignés de la « source ». Au lieu de venir à Jésus, celui qui avait l’eau vive en lui, ils essayaient de trouver la source dans les Écritures, sans voir que celles-ci désignaient justement Jésus. En d’autres termes – ils ont choisi de remplacer la source par une forme de théologie. Ils voulaient remplacer la source par une citerne crevassée, remplacer le fait de plaire à Dieu par le fait d’être honoré des hommes.
Jésus leur a dit que la parole de Dieu ne demeurait pas en eux, parce qu’ils n’avaient ni entendu sa voix, ni vu sa face. V. 37-38. Si les Juifs avaient eu en eux la parole de Dieu comme une source d’eau, ils auraient reconnu cette source dans les paroles de Jésus. En ayant une relation vivante avec Dieu, la source même, nous devenons capables d’entendre sa voix et de voir sa face. Ceux qui ont le cœur pur verront Dieu. Mt. 5, 8. Ps. 17, 15. « Celui qui croit en moi, des fleuves d’eau vive couleront de son sein, comme dit l’Écriture. » Jn. 7, 38. Une foi vivante conduit à de l’eau vive – de l’eau vivante. C’est de la vie du croyant que jaillissent les flots de bénédictions.
Après le temps des apôtres, il n’a pas fallu longtemps pour que la chrétienté se détourne de la source. La foi s’est figée dans des rituels, des sacrements, des dogmes et des édifices religieux.
« Heureux l’homme qui ne marche pas selon le conseil des méchants, qui ne s’arrête pas sur la voie des pécheurs, et qui ne s’assied pas en compagnie des moqueurs, mais qui trouve son plaisir dans la loi de l’Éternel, et qui la médite jour et nuit ! Il est comme un arbre planté près d’un courant d’eau, qui donne son fruit en sa saison, et dont le feuillage ne se flétrit point : Tout ce qu’il fait lui réussit. » Ps. 1, 1-3.
Jésus dit que la parole de Dieu doit demeurer en nous. La parole de Dieu représente sa volonté, sa nature, ses pensées, sa vision et ses projets. Il en va de même de la loi de Dieu. Le fait de méditer la loi de l’Éternel est comparé à un arbre dont les racines sont plantées près d’un courant d’eau. Quand on rejette la loi et la parole de Dieu au motif qu’elles sont impossibles à observer pour un homme, il n’est pas étonnant que la vie spirituelle se dessèche. On devient comme un misérable dans le désert qui ne voit pas arriver le bonheur (aucun fruit). On habite les lieux brûlés du désert, une terre salée et sans habitants. Jé. 17, 6. En revanche, celui qui a une foi vivante devient « comme un arbre planté près des eaux, et qui étend ses racines vers le courant ; il n’aperçoit point la chaleur quand elle vient, et son feuillage reste vert ; dans l’année de la sécheresse, il n’a point de crainte, et il ne cesse de porter du fruit. » V. 8.
« En ce jour-là, une source sera ouverte pour la maison de David et les habitants de Jérusalem, pour le péché et pour l’impureté. » Za. 13, 1 (autre trad.). La parole et la loi de Dieu sont une source puissante. Quand on s’en abreuve, on est pris d’un profond dégoût pour tout péché et toute impureté. C’est cette eau vive que Jésus a apportée, car elle met fin aux œuvres du diable, 1 Jn. 3, 8, et produit les fruits de l’Esprit en celui qui croit. Ga. 5, 22-23.
Pour un homme, vivre selon ses convoitises revient à boire à une citerne crevassée qui ne retient pas l’eau. Quiconque boit de cette citerne aura encore soif. Les convoitises dans la chair de l’homme ne peuvent jamais être satisfaites. Elles auront toujours soif de plus. Comme c’est bon de pouvoir les clouer sur la croix, et ne plus jamais avoir soif ! Et d’avoir plutôt une source en soi, d’où l’on peut puiser et répandre des bénédictions partout où l’on va !