Pierre – gardé dans le premier amour pour Jésus
Pierre est certainement l’un des douze disciples de Jésus que nous connaissons le mieux. La Parole nous apprend qu’alors qu’il était un jeune homme, il a immédiatement abandonné ses filets pour suivre Jésus. En tant que disciple, il peut donner l’impression d’être un peu impulsif et d’être souvent le premier à prendre la parole. Quand ils ont vu Jésus marcher sur la mer, c’est Pierre qui est allé à sa rencontre sur l’eau. Mais quand il a vu les vagues, il a commencé à s’enfoncer et a appelé Jésus à l’aide. C’est Pierre qui a eu la révélation que Jésus était le Messie, le Fils du Dieu vivant. Mais peu après, quand Jésus a annoncé qu’il allait souffrir à Jérusalem, c’est le même Pierre qui s’est mis à reprendre Jésus, affirmant que cela ne devait jamais arriver. Il ne voulait absolument pas que Jésus lui lave les pieds. Mais quand Jésus a expliqué la raison de son acte, Pierre ne voulait pas seulement que Jésus lui lave les pieds, mais aussi les mains et la tête. Pendant la Cène, quand Jésus a dit à Pierre qu’il allait le renier trois fois, celui-ci a répondu que même s’il devait mourir avec Jésus, il ne le renierait pas. Et c’était vraiment là son état d’esprit. Par amour pour son maître, il a tiré l’épée à Gethsémané et a coupé l’oreille de Malchus. Mais peu après, il a renié Jésus trois fois.
Après la résurrection, Jésus lui a demandé trois fois s’il l’aimait, et cela l’a attristé. Il a dit à Jésus : « Seigneur, tu sais toutes choses, tu sais que je t’aime. » Jn. 21, 17. Et c’était vrai que malgré toute sa faiblesse, il avait conservé tout au long de sa vie son premier amour pour Jésus. Nous lisons ensuite dans les Actes des Apôtres que Pierre a reçu le Saint-Esprit. Nous voyons alors un tout autre Pierre qui, dans la force de l’Esprit et avec une grande assurance, a parlé à Jérusalem tandis que de nombreux signes et prodiges s’accomplissaient par les mains de Pierre et des autres apôtres. Il était présent dès les débuts de l’assemblée. Nous ne savons pas grand-chose sur ce qu’est devenu Pierre au cours des nombreuses décennies qui ont suivi. Mais ses lettres nous donnent une idée très claire de l’énorme évolution qui s’est produite dans sa vie. Il cite très peu de choses de tout ce qu’il avait vécu en tant que jeune disciple. Il ne parle pas non plus des miracles extraordinaires qui se sont produits dans les premiers temps après la Pentecôte. Mais il est très touchant de voir dans ses lettres à quelle vie et à quelle compréhension il était parvenu.
Au début de sa deuxième lettre, il écrit que nous avons reçu tout ce qui contribue à la vie et à la piété, et que nous avons reçu les promesses les plus grandes et les plus précieuses afin que, par elles, nous devenions participants de la nature divine. 2 Pi. 1, 3-4. Il parle d’une vie sainte dans tous nos faits et gestes, une vie où l’on fuit la corruption qui résulte des convoitises, une vie où les vertus de Christ abondent. C’était devenu l’essentiel et le plus grand pour lui. Et ce même Pierre, dont les pensées autrefois n’étaient pas celles de Dieu, a eu une véritable révélation sur l’œuvre cachée qui s’est accomplie en Jésus pendant qu’il était ici sur terre. Il enseigne avec force que c’est précisément à travers les souffrances et les épreuves qu’une transformation peut également se produire en nous. « Il a été mis à mort quant à la chair, et rendu vivant quant à l’Esprit », dit-il de Jésus dans 1 Pi. 3, 18. Et il poursuit avec cette révélation : « Ainsi donc, Christ ayant souffert dans la chair, vous aussi armez-vous de la même pensée. Car celui qui a souffert dans la chair en a fini avec le péché. » 1 Pi. 4, 1.
Il a reçu la révélation du salut en Christ auquel on parvient en suivant les traces de Jésus, en ayant part aux souffrances de Christ et en souffrant dans la chair. Il n’est pas étonnant que ce soit précisément Pierre qui explique que, lorsque nous sommes soumis à ce traitement, nous devons être attentifs à ce qui vient de notre âme. Pierre comprenait que notre âme a besoin d’être purifiée. Et que nous ne devons pas nous étonner d’endurer des souffrances, ni penser que nous pouvons dans cette situation juger toutes choses et tout le monde de manière juste.
Tout au long de sa longue vie, Pierre a conservé un premier amour ardent pour Jésus. La vie de Pierre nous parle vraiment de manière claire et très encourageante. En se basant sur sa propre vie, il pouvait écrire : « Le Dieu de toute grâce, qui vous a appelés en Jésus-Christ à sa gloire éternelle, après que vous aurez souffert un peu de temps, vous perfectionnera lui-même, vous affermira, vous fortifiera, vous rendra inébranlables. » 1 Pi. 5, 10.