Du sommet du Pisga
Juste avant sa mort, Moïse est monté au sommet du Pisga ; de là, le Seigneur lui a fait voir la Terre promise. Il l’a vue de ses yeux, mais il n’a pas pu y entrer.
De nos jours aussi, il y a beaucoup de gens qui ne parviennent pas plus loin que le sommet du Pisga, pourrait-on dire. Ils sont nés d’eau et d’esprit, et ils voient le Royaume de Dieu, mais n’y entrent pas.
Ils se réjouissent aux réunions quand des frères pieux leur montrent la Terre promise et leur parlent de toutes les choses glorieuses qui s’y trouvent, en témoignant qu’eux-mêmes triomphent de tous leurs ennemis et s’emparent de tous les biens du pays, de grandes grappes de raisin, etc. Oui, ces auditeurs se réjouissent alors grandement et s’imaginent qu’ils y sont eux-mêmes. Et puis ils errent à longueur de journée dans le sable du désert et attendent la prochaine réunion, où ils pourront à nouveau apercevoir la Terre promise du haut du Pisga. Et toute l’année s’écoule de cette manière-là. C’est vraiment une existence vide.
Il ne sert à rien de se réjouir des enseignements si nous n’y prenons pas part nous-mêmes. Entrons nous-mêmes dans le pays, chassons ses ennemis et prenons-en possession. Alors, nous aussi, nous viendrons avec des grappes de raisin et d’autres bonnes choses que nous aurons conquises par la victoire, et nous pourrons les distribuer à nos frères et sœurs. Alors, nous ne passerons pas notre temps à être démoralisés et à attendre d’être réconfortés et bénis par d’autres, mais nous aurons nous-mêmes quelque chose à donner et une bénédiction à apporter. Il y a plus de bonheur à pouvoir donner qu’à se contenter de recevoir.