Celui qui vaincra !

août 1935

Celui qui vaincra !

«Car nous n’avons pas à lutter contre la chair et le sang, mais contre les principautés, contre les pouvoirs, contre les dominateurs des ténèbres d’ici-bas, contre les esprits du mal dans les lieux célestes. C’est pourquoi, prenez toutes les armes de Dieu, afin de pouvoir résister dans le mauvais jour et tenir ferme après avoir tout surmonté.» Ép. 6, 12-13.

Les mauvais jours surviennent dans la vie de chacun, et on a alors l’impression que c’est la chair et le sang qui en sont la cause, mais ce n’est pas le cas. Ce sont les esprits du mal qui se servent de la chair et du sang. Leur volonté, c’est de régner dans le cœur de tous les hommes, et peu nombreux sont ceux qui mènent un combat contre ces esprits. Mais si nous voulons vaincre, nous devons comprendre ce combat. Un esprit retors s’empare d’un homme, et celui-ci a un comportement pénible à l’égard d’un autre. Mais cet autre ne comprend pas qu’il y a des esprits à l’œuvre ; il ne pense qu’à l’homme en chair et sang et rend le mal par le mal. Il ne comprend pas qu’il a en même temps ouvert son cœur pour le même esprit qui a rendu le premier retors, et qu’il n’est donc pas meilleur que lui. De cette manière, Satan a prise sur tous les deux. Il est venu pour égorger, dérober et détruire. Par l’intermédiaire de son esprit, il pousse ces deux hommes à se détruire mutuellement. Aucun des deux ne comprend que c’est Satan qui les mène l’un et l’autre. S’ils découvraient la chose et s’ils lui fermaient leur cœur, la destruction prendrait fin instantanément. C’est de cette manière que Satan se joue des hommes et les détruit. Mais nous sommes appelés à le vaincre. Pour cela, nous devons comprendre que nous n’avons pas à lutter contre des hommes, contre la chair et le sang, pour les détruire ou leur rendre la pareille, mais nous devons triompher des esprits du mal. Si je réponds moi aussi par la méchanceté, je peux détruire un homme, je peux tourmenter la chair et le sang, mais je n’ai pas vaincu l’esprit qui poussait cet homme à agir comme il l’a fait. Cela n’est possible qu’en rendant le mal par le bien. De même que les ténèbres doivent laisser la place à la lumière, le mal cède devant le bien. Ro. 12, 21.

«Votre adversaire, le diable, rôde comme un lion rugissant, cherchant qui dévorer ; résistez-lui, fermes en la foi» 1 Pi. 5, 8-9. Le mauvais jour fait souvent l’effet d’un lion rugissant, et nombreux sont ceux qui recourent au mensonge, à l’hypocrisie ou à la fraude pour épargner leur vie autant qu’ils le peuvent. Au lieu de se confier en Dieu et de retenir fermement le bien, ils se laissent engloutir par le mal et perdent leur assurance et leur joie.

Jacques nous exhorte à prendre les prophètes pour modèles de souffrance, et nous rappelle la fermeté de Job. Ja. 5, 10-11. Job était sincère et droit, et Dieu l’a loué en parlant de lui à Satan, et il a accordé à ce dernier la liberté de mettre Job à l’épreuve. Les mauvais jours sont alors survenus dans la vie de Job ; mais c’était une marque d’honneur de la part de Dieu. Ce n’était pas étonnant que Dieu soit en mesure de vaincre Satan, mais c’était un exploit que Job soit capable de le faire. Satan a eu le droit d’employer des méthodes de plus en plus radicales, mais Job est resté ferme dans sa droiture. Il s’est confié en Dieu, et le mal n’a pas eu de pouvoir sur lui. Il disait : Que le nom de l’Éternel soit béni ! et Satan avait perdu la bataille.

«C’est pourquoi, mes frères, considérez comme un sujet de joie complète les diverses épreuves que vous pouvez rencontrer.» C’est une marque d’honneur. Si nous retenons fermement le bien, le mal devient notre marchepied. Le jour d’épreuve devient alors pour nous un jour de couronnement. Dieu est fidèle ; il ne permettra pas que nous soyons tentés au-delà de nos forces. Il ne permet pas à Satan d’aller plus loin que ce que nous sommes en mesure de supporter, si seulement nous sommes sincères. Il est dit de Job qu’il était sincère. S’il n’avait recherché Dieu qu’à cause de sa bénédiction, il n’aurait pas été sincère, et il n’aurait pas non plus tenu bon au jour de l’épreuve. C’est donc l’épreuve, quand elle survient, qui révèle si nous sommes sincères ou non. C’est là que mon état véritable est révélé, car si je suis sincère, la tentation n’est pas au-delà de mes forces.

Satan n’a pas essayé de séduire Dieu, mais il a réussi à séduire les hommes ! C’est pour cela que Jésus a dû devenir un homme, et c’est en tant que fils de l’homme qu’il a vaincu Satan. Satan a essayé de le séduire de toutes sortes de manières : par des discours séducteurs, par les choses glorieuses de ce monde, par des menaces et des coups, par le biais de ses propres disciples, par les scribes et par ses ennemis. Jésus a été tenté en tout comme nous, et il a vaincu. C’est pourquoi il est devenu un esprit vivifiant. 1 Co. 15, 45. C’est cet esprit, dans lequel il a vaincu Satan et a publiquement livré en spectacle sur la croix tous ces esprits du mal, qu’il a répandu sur ses disciples le jour de la Pentecôte, pour qu’eux aussi puissent vaincre tous ces esprits. C’est le même esprit qui agit aujourd’hui dans tous les disciples de Jésus, et qui fait d’eux des vainqueurs. Dieu permet à Satan d’essayer de s’en prendre à ces disciples, et Satan a au fil des âges essayé toutes sortes de méthodes, mais il a perdu la bataille. Dans les derniers jours, il rassemblera toutes ses forces. «C’est ici la persévérance des saints, qui gardent les commandements de Dieu et la foi en Jésus.» Ap. 14, 12. Beaucoup de gens céderont alors au mal et fléchiront dans le combat, pour satisfaire leur envie de jouissance et s’assurer un gain misérable, mais les sincères tiendront bon. Ce sont les saints qui viendront avec Jésus quand il détruira l’Antéchrist par le souffle de sa bouche et qu’il liera Satan pour mille ans. Ce sont eux qui feront paître les nations avec un sceptre de fer. Ap. 2, 26–27.

Nous comprenons par là que la vie n’est pas un jeu. Ou bien tu es conduit par le mal, et tu t’enfonces dans des ténèbres de plus en plus profondes, jusqu’à la nuit éternelle, où il n’y a plus d’espérance. Ou bien tu es conduit par le bien, et ta lumière va croissant, jusqu’à ce que l’étoile du matin se lève dans ton cœur, et la nuit ne sera plus.