Paix.
Merci pour ta bonne lettre, que j’ai reçue aujourd’hui. Je me réjouis beaucoup de ce que des pécheurs se convertissent et que des croyants sont sanctifiés à Drøbak. Dieu travaille avec nous de tous côtés. Je t’envoie une lettre du fr. Strømme, qui raconte comment les choses progressent dans le Finnmark ; une autre du fr. D. Kvalheim que la visite du fr. Risnes a fortifié, et une autre encore d’une sœur dénommée Kristi, de Øistesø dans le Hardanger. Elle, Guro et un frère qui s’appelle Gjerde et qui travaille ici en ville, ont reçu de la lumière par l’intermédiaire du fr. Lorentz Risnes, bien qu’il se soit converti dans cette région du Hardangerfjord. C’est réjouissant de voir à quel point elle écrit avec clarté. Je suppose que E. A. N. t’a envoyé « Det gode budskap » pour te faire dire ce que tu penses de cette affaire. Je ne crois guère que T. B. B.[5] aurait exposé E. A. de cette manière dans son journal. Je peux bien m’imaginer que le désir de T. B. B. de « jouer au grand seigneur » ait pu lui faire dépasser les limites ; mais Erik A. n’est certainement pas assez pur pour prétendre pouvoir le lapider. Dans Skjulte Skatte, nous nous en prenons au péché et aux fausses doctrines ; mais ici, on taxe T. B. B. d’être un escroc et un pécheur, en quelque sorte. Il faut exposer à Erik que c’est de la folie d’agir de la sorte. E. A. N. a implanté l’inimitié contre la croix chez tellement de personnes qu’il a des raisons de se taire concernant T. B. B. mais je suppose que c’est le sens du commerce religieux qui le pousse à ces excès.
Aux premières réunions ici à Haugesund, ils nous faisaient confiance parce que Johan Lohne nous avait recommandés ; mais maintenant ils commencent à avoir confiance parce qu’ils ont entendu eux-mêmes. Je ne sais pas ce qu’il en adviendra ; ça a l’air compliqué. Pauline m’écrit que le fr. Aslaksen est à Horten, avec le « Æger » qui y est en carénage. Il était à la salle de la laiterie, où il a parlé avec tellement de force et de sagesse que Pauline était très étonnée. Ystrøm l’a invité à venir chez lui au Café de la tempérance. C’est bien que Ystrøm soit allé à Drøbak. La nouvelle alliance dans le sang de Christ concerne aussi Ystrøm ; il ne doit pas en réchapper à meilleur compte. Dieu veut faire de nous la tête et non la queue. Tu parles dans ta lettre de soldats, je suppose que tu veux dire des soldats de l’Armée du Salut et pas ceux de Oscarsborg[6]. Ellefsen et moi nous sommes posés la question, mais je crois que tu voulais parler de l’Armée du Salut. Le fr. Sagstad, chez qui nous avons les réunions, a 4 fils adultes qui habitent chez lui ; l’un d’eux est converti. Ils écoutent très attentivement. Sagstad a 44 ans ; sa femme participe aussi aux réunions. Le fr. Gjerde du Hardanger a probablement la quarantaine ; il écoute attentivement, mais ne dit pas grand-chose. Il donne l’impression d’être un homme pieux et éveillé. Il travaille dans une carrière. La sœur Olufine a la trentaine et on dit d’elle que c’est une personne stable et digne de confiance. Elle était à la conférence à Moldøen.
Salue les amis.
Salutations cordiales de ton frère
JohanPlusieurs personnes pourraient être intéressées par la lettre de Vardø et par celle de Kvalheim. Pour ce qui est de la lettre de Wintersborg, elle fait penser à la chanson qui dit : « l’amour humain est vraiment minable. »
