(Tapé à la machine – manuscrit original non disponible)

Horten, le 19 octobre 1918
Cher frère, Elias Aslaksen,
Paix.

Merci pour ta carte et pour tes salutations. Je suis revenu hier de Bergen, où nous avons débarqué 122 hommes d’équipage qui ont été congédiés pour rentrer dans leurs foyers afin d’éviter la grippe espagnole, qui a fait de terribles ravages ici à bord. Depuis le 1er octobre, 34 hommes sont morts, sur environ 500.

À Bergen, il se trouve curieusement que j’ai rencontré le fr. Madsen et le fr. Ditlefsen de Mehavn. Je n’ai jamais parlé avec Ditlefsen, si bien que c’était une joie de le rencontrer. Ils attendaient Hilda Broks de Kristiania, et c’est pour cela qu’ils s’étaient rendus à la gare, mais elle n’est pas venue.

Dans le train, j’ai rencontré un ancien matelot de l’École de maistrance. Nous avons navigué ensemble quand nous étions simples matelots, bien qu’il ait été de 5 ans mon cadet. Il m’a raconté toutes les expériences qu’il a faites depuis nos derniers contacts, comment il s’est battu pour obtenir de l’argent et une position, ce qui fait qu’il est maintenant un grand homme. Il a parlé de cela pendant deux heures. Une fois qu’il s’est vidé, je lui ai expliqué comment j’avais travaillé pour rassembler des trésors spirituels. Le plus curieux est qu’il a été tellement saisi qu’il n’a pas cessé de poser des questions sur une chose ou une autre. C’est justement l’idée que je me suis faite du christianisme, a-t-il dit. Il m’a demandé plusieurs fois de lui rendre visite dans la ville où il habite. Il était comme apte au royaume de Dieu. Un autre homme nous avait écoutés et lorsque le premier est sorti, l’autre a engagé une conversation animée. Tu imagines facilement que le temps a passé vite.

J’envoie une lettre de Sivert Bolsønes, de Molde. Tu seras heureux d’apprendre qu’ils font des progrès dans l’ouest du pays. Salue tous les amis qui sont chez toi.

Salutations cordiales, ton frère,

J. O. Smith