Horten, le 9 mai 1918
Cher frère, Aksel
Paix.

Merci pour les cartes, que j’ai envoyées dans la limite du stock disponible. Si je me souviens bien, elles ont été envoyées aux noms marqués d’une croix.

Hier, j’ai demandé qui d’ici souhaitait aller à la conférence. Il semble qu’ils le voulaient tous, mais il leur fallait voir s’ils avaient le temps et aussi regarder les horaires de transport à la Pentecôte. Pauline Borgersen veut faire le voyage, de même que Marie Hansen et sa fille. K. P. et Nore ont envie, eux aussi. Peut-être ma belle-mère aussi, mais je ne lui en ai pas encore parlé. J’en ai parlé à l’intendant principal d’arsenal, qui n’a rien contre le fait que je parte. Mais il faut quand même que le chef de corps donne l’autorisation de quitter mon poste d’affectation. Kvalheim semble croire que je peux revenir à Moldøen. Ce serait trop demander. La sr. Linda Pedersen de Tønsberg est passée ici. Elle donnait une bonne impression. Elle a été une « sœur de Plymouth »[11]. C’est elle que Julian Pedersen a rencontrée. Elle a maintenant elle-même amené une autre sœur, comme tu le verras par la carte postale jointe. C’était utile de résilier des abonnements ; comme le journal ne leur parvenait plus, plusieurs se sont décidés à payer maintenant. Je dirige une équipe de 22 hommes et je dois respecter les temps de travail du chantier naval. C’est très intéressant. Ils ont besoin d’un homme, donc je ne reste pas à la maison à me sentir inutile.

Nous avons fait plusieurs réunions dans la loge des Good Templars, mais personne ne vient, même si on annonce les réunions dans le journal. Clara Wold de Moss était ici dimanche dernier. Tu seras content de saluer les frères Marinius Karlsen et Johansen de Sandefjord, quand ils viendront à la conférence. Je vais tâcher d’avoir congé jusqu’au premier départ du mardi après Pentecôte ; je pourrai donc être à Drøbak le lundi de Pentecôte.

J’ai planté des pommes de terre.

Salutations cordiales, à toi et aux amis.

Ton frère

Johan