Haugesund, le 15 avril 1918
Cher frère, Aksel,
Paix.

Merci pour ta bonne lettre. Le maître canonnier Jørgensen est arrivé maintenant, et nous sommes en train de faire l’inventaire du matériel, ce qui va prendre environ 3 jours. Je suppose que je pourrais être à Horten vendredi matin. Je vais probablement être affecté au local d’entretien du matériel, où je serai chef d’atelier pour une vingtaine d’ouvriers civils, qui transportent des canons et des pièces lourdes pour l’artillerie de marine. Le temps de travail sera celui des chantiers navals, de 7 h 30 du matin à 5 h de l’après-midi. Nous avons toutes sortes de tâches à exécuter, mais ça ira bien. Ce sera particulier de rentrer enfin à la maison. Dieu a richement béni les séjours à l’Ouest et dans le Finnmark, plus que ce que j’aurais pu m’imaginer. Comme d’autres marins, j’explorais les rues comme un étranger, mais Dieu a dirigé mes pas dans les œuvres qu’il avait préparées d’avance, afin que nous y marchions. Je le comprends vraiment bien maintenant, quand je repense à tout ça avec un peu de distance.

Le fr. Brunvold et sa femme font maintenant des progrès de jour en jour. Nous avons dû les traiter assez rudement. J’ai pris congé du fr. Hoff hier soir. Il trouvait que c’était étrange de se quitter. Nous avons vraiment des obligations maintenant, vis-à-vis de ces amis dans l’Ouest, tout comme ceux du Finnmark. Nous partirons avec le « Viking », quand il viendra. Ce sera bon pour le fr. Birkeland d’avoir Ellefsen chez lui à partir du 1/7. Il sera basé à Kristiansand. Berg ira à Bergen sur le « Tordenskjold ». Il aura du pain sur la planche à l’école biblique. Birkeland reste à Kristiansand.

Je t’envoie quelques lettres de la sr. Hilda Broks. Le « Heimdal », à bord duquel se trouve Martinsen, est parti pour Aalesund et Moldøen. J’ai pu lui envoyer quelques adresses et je l’ai invité à rendre visite aux amis. Les choses vont et viennent dans ces temps de guerre. Je trouve que tout se répartit très bien. Les autorités n’auraient certainement pas disposé les choses aussi bien si Dieu n’avait pas tout dirigé dans les coulisses.

Juste ces quelques mots pour cette fois-ci. J’espère bientôt te voir. Salue les amis.

Salutations cordiales de ton frère

Johan