(Manuscrit original non disponible)

Haugesund, le 11 avril 1918
Cher frère, Elias Aslaksen,
Paix !

Merci beaucoup pour ta bonne lettre.

La correction éloignera la folie de l’enfant ; mais quand on traîne encore cette folie avec soi à l’âge où on devrait être honoré comme un père, on a du mal à supporter le châtiment. Mais si on a du mal à supporter le châtiment, alors qu’il est la vie même, combien on a du mal à supporter la vie ! C’est pourquoi il faut se souvenir de son créateur pendant les jours de sa jeunesse, avant d’arriver à l’âge où on dit : Je n’y prends point de plaisir (c’est-à-dire, à la piété).

Je crois, comme tu le dis, qu’un travail en profondeur avec une seule personne à la fois donne de meilleurs résultats qu’un travail superficiel avec les foules, car un David valait plus que dix mille. Dieu ne connaît les foules qu’en tant que foules. Mais il fait une colonne dans son temple de chacun de ceux qui sont réceptifs à un exposé plus exact de la voie de Dieu. Plus il y a de colonnes, plus grande est la maison, et plus grandes sont les foules. Seulement, nous ne devons pas rechercher les foules. Elles viennent d’elles-mêmes lorsqu’il y a réellement ne serait-ce qu’un homme qu’il vaut la peine d’écouter. Ceci est aussi un des mystères de Christ, caché par la chair et révélé par la piété.

Salue les amis et les tiens.

Salutations cordiales, ton frère,

J. O. Smith