Patrouilleur « Norge », Lervik, le 25-2-1920
Cher frère, Th. Ellefsen,
Paix.

Merci pour ta bonne lettre reçue aujourd’hui, de même que pour la lettre du fr. Strømme.

Depuis notre dernière rencontre, nous avons vu toutes sortes de choses. À Haugesund, les fr. Berg, Birkeland et moi avons assisté à une réunion dans un salon de barbier. Sagstad et sa femme, ainsi que deux de leurs fils nouveaux convertis, Aase Bjørndalen ainsi que Brunvold et sa femme étaient là aussi. Le bruit avait couru que nous serions présents et il a été décidé que la parole ne serait pas libre. Un des anciens s’est levé et a dit que Jésus a été tenté uniquement de l’extérieur – pas de l’intérieur. Après la fin de la réunion, Berg s’est levé, avec l’intention d’expliquer un peu ce que cela signifie d’être tenté de l’extérieur et de l’intérieur. Mais il n’avait pas dit grand-chose que déjà le barbier se mit à crier et à faire des signes de la main, pour indiquer qu’ils connaissaient cet esprit et qu’ils ne voulaient pas avoir affaire à lui. Berg s’est assis. Je me suis alors levé et j’ai dit que cet esprit était bon, et s’ils voulaient attaquer quelqu’un à cause de cette doctrine qu’ils considéraient comme dangereuse, c’est à moi qu’ils devaient s’en prendre, car c’est moi qui étais à l’origine de cela et mon nom est Johan Oscar Smith. Si les fr. Barratt, Erik Andersen ou vous-mêmes ici à Haugesund avez des remarques à faire, amenez donc vos Bibles, installez-vous dans le calme et la sobriété et nous pourrons discuter de ces choses.

Le barbier s’est à nouveau levé et il a dit que c’était une réunion privée et qu’ils ne souhaitaient pas notre présence. Il a en même temps mis toute l’assemblée en garde contre le fait de manger ou de boire ce que nous servions.

Nous sommes ensuite sortis, heureux d’avoir été jugés dignes d’être traités de cette manière en présence d’un grand nombre de personnes.

Mais cela ne s’est pas arrêté là ; car deux jours plus tard, Aase Bjørndalen devait exposer ce qu’elle enseigne au sujet du péché dans la chair. Nous avions eu toutefois le temps de lui souffler ce qu’elle devait dire. Elle répondit d’ailleurs avec une telle assurance qu’ils en sont restés bouche bée. Ils ont dû se séparer d’elle sans être arrivés à leurs fins, et elle était plus joyeuse que jamais.

Brunvold a été expulsé il y a un mois environ. Sagstad est diacre, mais ses fils sont maintenant devenus zélés si bien que l’expulsion va créer des remous. J’ai écrit une lettre de 3 pages au barbier et je lui ai dit quelques vérités.

Je ne croyais pas qu’il ressortirait autant de fruits du travail à Haugesund, étant donné que la situation semblait vraiment misérable. Et maintenant, ces amis se retrouvent comme un levain au beau milieu de ceux qui nous ont expulsés. Je leur ai demandé de travailler de façon ciblée – gagner une personne à la fois – et de continuer à fréquenter le salon du barbier.

J. O. Smith