(cf. Missionæren n° 45 du 7/11/1907)

Horten, le 2 novembre 1907
Cher frère, Aksel,

Merci beaucoup pour tes deux cartes postales. La dernière vient d’arriver. Je vois que Dieu est avec vous et bénit votre travail en accordant des dons spirituels. C’est une joie de participer au travail de sape. Ce qui est primordial, c’est que quelques-uns reçoivent une instruction approfondie, car une seule personne solide vaut mieux que vingt autres. Abraham n’a reçu la bénédiction que par le seul Isaac. Il est tellement nécessaire de demander à Dieu l’Esprit de sagesse et de révélation, dans sa connaissance, et il faut exposer cela avec force, pour que quelques-uns aient envie de recevoir cette instruction. C’était intéressant d’apprendre que ta compagne a reçu les enseignements que Dieu t’a donnés. L’enseignement est nécessaire, car la plupart des gens ne connaissent rien de Dieu. Nous devons donner gratuitement ce que nous avons reçu gratuitement. La dernière réunion a été très bonne ici. Nous avons maintenant une pièce en haut, dans la cour intérieure chez moi. Nous avons aussi des réunions dans les foyers. Les amis s’affermissent de plus en plus. Deux femmes avaient une forte tendance à être en extase aux réunions, de sorte qu’elles s’édifiaient elles-mêmes sans prendre les égards qui s’imposent vis-à-vis de leur entourage. L’une d’elle criait et l’autre parlait en langues. Celle qui criait s’est souvent fait remettre vertement à sa place par ses amies si bien qu’elle était très soucieuse pour finir, car elle savait quant à elle qu’elle était dans l’Esprit. Elle a demandé à Dieu de lui montrer ce qui n’allait pas, mais Dieu l’a dirigée vers moi. Elle a encore prié, mais elle a obtenu la même réponse. Un jour, j’ai eu vraiment envie de leur rendre visite et d’avoir une conversation avec elles. Pendant que nous parlions ensemble, elles ont toutes les deux reçu une pleine lumière sur le fait qu’aux réunions, il ne faut pas seulement penser à soi-même et à sa propre édification, mais qu’il faut participer au travail qui consiste à élever toute l’assemblée et ne prendre d’égards qu’aux autres, dans tout ce qu’on fait. Toutes les deux ont mis cela en pratique à la dernière réunion, et cela a eu un très bon effet sur toute la réunion. Je me demande s’il n’y a pas beaucoup de monde ici et là qui souffre des agissements de personnes qui pensent tellement à leur propre édification qu’elles troublent les réunions. De telles personnes doivent être reprises, car elles agissent la plupart du temps par ignorance. Les deux femmes en question étaient très contentes d’être éclairées sur ce point. Elles n’avaient même jamais pensé qu’elles devaient participer avec tous les autres, car elles trouvaient nécessaire de combattre pour leur propre progrès.

En ce qui concerne le don de prophétie, nous sommes exhortés dans Ro. 12, 6 à l’utiliser selon l’analogie de la foi. Il est tout à fait indispensable de rappeler cela, pour que personne ne prenne le mors aux dents, ne s’enivre spirituellement et n’en vienne à dire des choses qui n’ont ni queue ni tête.

Le don de prophétie est très utile, car, dans une prophétie, on peut dire des choses qui ne pourraient pas être dites autrement.

J’ai écrit un article sur l’amour, pour « Missionæren ». Il paraîtra sans doute la semaine prochaine. Quelqu’un avait en effet écrit qu’il n’y a pas d’amour de nos jours ; c’était seulement du temps des apôtres qu’on en trouvait. On rencontre fréquemment de telles pensées chez beaucoup de personnes, c’est pourquoi je crois qu’il était utile d’étudier un peu ce qu’est l’amour. J’ai écrit entre autres qu’il y a probablement peu de personnes aussi inutiles que celles qui s’assoient sur leur divan et réclament des preuves d’amour. Il faudrait que le cordonnier leur fasse des chaussures gratuitement, que le tailleur leur confectionne des vêtements pour rien, etc. ; en résumé, tout le monde leur doit des manifestations d’amour, car elles en sont tellement dignes ! En même temps, j’ai écrit que le vrai amour n’exige jamais, il ne fait que donner, sans jamais penser à une quelconque récompense. Depuis le moment où j’ai reçu l’Esprit et l’amour de Dieu, on a toujours dit que je n’avais pas d’amour, etc. Les personnes qui parlent ainsi sont à la recherche de quelqu’un qui peut les aimer selon la chair, naturellement, et comme elles ne trouvent personne, elles en déduisent qu’il n’y a plus d’amour. L’apôtre dit : « et qui nous a appris de quel amour l’Esprit vous anime. » – De telles plantes parasites sont aptes à tout, excepté ce qui appartient au royaume de Dieu. Nous avons besoin à notre époque d’hommes et de femmes qui ont la source de l’amour en eux-mêmes, qui peuvent y puiser, et qui ont suffisamment de réserves, même si les moqueries et les crachats sont leur récompense. Je n’ai pas cité le nom de cet homme, j’ai simplement traité cela comme une question d’ordre général.

Je n’ai rien entendu de plus de la part de Gerrard concernant le journal. J’ai reçu récemment une lettre de papa. Il demande de tes nouvelles, et je lui ai expliqué quelle tâche Dieu t’a maintenant confiée en Allemagne. Je crois que cela lui fera beaucoup plaisir.

Salutations cordiales de ton frère,

Johan