Horten, le 5-03-1907
Cher frère, Aksel.

Merci beaucoup pour ta bonne lettre que j’ai reçue aujourd’hui. Cela nous a réjouis toute la journée de penser aux œuvres puissantes que Dieu fait parmi vous à Kristiansand. Pauline a lu la lettre plusieurs fois, et elle a été lue ici et là. Salutations cordiales à la sœur Helga Haanes ; remercie-la beaucoup pour la lettre et dis-lui que je me réjouis d’avoir bientôt une belle-sœur aussi sage, qui comprend même de rechercher la sagesse de Dieu. Salue de même dans le Seigneur les sœurs Anna Torjesen, Ludmila Strumph, et le frère en Christ Tallaksen, qui a été éprouvé dans le Seigneur. Salue aussi le fr. Gerrard ; je vois qu’il me salue. Salue Mme Rasmussen et Th. R. Cela me réjouit beaucoup qu’elle ait saisi dans la foi le don d’interpréter les langues. Tu ne m’as pas dit si papa était à la réunion du 3/3 chez R., qui a été tellement bénie, ni si John y était. J’espère qu’ils y étaient. Pauline est à la chapelle et je garde les petits. Combien c’était précieux d’avoir des nouvelles du fr. Tønnesen. Si cela continue, je ne doute pas que c’est le temps des apôtres qui revient. Oui, pourquoi pas ? Les conditions sont les mêmes ; car leurs circonstances étaient les mêmes que les nôtres. Nous aussi, à Horten, nous avons eu l’honneur qu’on dise du mal de nous. L’autre jour, on a parlé de nous dans le journal, sans nous désigner nommément, parce que nous avons parlé en langues dans l’église méthodiste. À la fin de son sermon, le pasteur avait donné la liberté à deux ou trois personnes de l’auditoire de prier, il n’y avait donc rien qui contrevenait gravement à la bienséance, bien au contraire, car le matin il avait parlé du baptême de l’Esprit et devait parler l’après-midi des dons spirituels ; il était donc opportun qu’il les entende, bien qu’il fût assez fortement hostile. Du reste, les hommes peuvent penser ce qu’ils veulent, pourvu que ce soit en accord avec l’Esprit de sagesse et de révélation.

Demande à papa de m’écrire quelques mots ; cela fait longtemps que je n’ai pas de nouvelles de lui.

Spanvi tari tala kontri tala ma sa vi. Monge tre vi su la spi katra.
Que la face du Seigneur brille sur toi dès maintenant et pour l’éternité.
Compri vasa allu spri vige :
Car le Seigneur aime son peuple Israël.
Sabi ra mosi ana vu sa la ma vu si tabi asa.
Car la miséricorde de l’Éternel dure à toujours.
La to kro vi spara kabu sla miso va ka ra bi tur ta vi a vo kvo so bi maza tu vi.
Bien-aimés, bien-aimés, bien-aimés dans le Seigneur ! N’oubliez pas tous ses bienfaits !
Ibravi masi auto gorgi viso du pri outi.
Dieu est bon, Dieu est bon, Dieu est bon.

J’arrête là pour cette fois-ci en vous souhaitant une riche plénitude de bénédiction. L’Esprit témoigne de tribulations et nous dit : Tenez bon ! Après l’étonnement vient le scandale, et quand il vient, il vient avec ardeur. Aucun cheveu de votre tête ne sera perdu ! Laissez Satan exercer sa fureur ! Son horizon n’est pas bien large, car ses pensées ne sont que celles des hommes.

Su mi katra kobi vaso meri al tvi posa.
Les portes de l’enfer ne prévaudront point contre vous.

Salue Ludvig et les siens, salue tout le monde à la maison et reçois toi-même les meilleures salutations de nous tous ici.

Ton frère,

Johan
* * *

6-03. Je viens de recevoir une lettre de papa. Alléluia ! pour ce que Dieu a fait avec lui. Que la riche bénédiction de Dieu remplisse maman de la tête aux pieds. Ici, nous avons pleuré quand nous avons entendu qu’elle prie pour recevoir la plénitude de l’Esprit. Nous allons prier pour elle et insister auprès de Dieu de toutes nos forces.

J’ai entendu qu’on parle avec mépris de papa dans un journal local. Ne crains pas, mon cher père ! Tiens bon ! Ton honneur te sera rendu avec des intérêts. Mon cœur bouillonne au-dedans de moi.

Salue maman tout particulièrement.