Horten, le 2-03-1907
Cher frère, Aksel,

Merci beaucoup pour ta bonne lettre, qui nous indique que l’Esprit a commencé à agir à Kristiansand. L’affection de l’Esprit, c’est la vie et la paix ; mais ce n’est pas la paix avec le monde et avec les prêtres et pasteurs de ce monde. Je ne suis pas venu apporter la paix, mais la guerre. C’est la guerre qui est déclarée là où nous arrivons, car nous dérangeons la paix dans le péché et le sommeil parmi les morts, et on prétend bien sûr que cela vient de Belzébul. Mais nous ne sommes pas de ceux qui se retirent, mais de ceux qui ont la foi pour sauver leur âme. Un pasteur local est venu chez Sigurd Kristoffersen et a exprimé sa désapprobation du parler en langues, en lui recommandant de cesser de le pratiquer aux réunions de l’assemblée (l’association de jeunesse chrétienne). Kr. a répondu qu’il obéissait à Dieu plus qu’aux hommes et qu’il avait l’intention de continuer à le pratiquer. Il semblerait qu’il y ait eu quelques femmes qui étaient sorties en courant, et c’est d’elles que le pasteur avait peur. Kr. a dit que lui (le pasteur) et ceux qui l’avaient envoyé devraient mordre la poussière. À la fin, ils ont prié ensemble, d’abord le pasteur ; mais quand l’Esprit s’est emparé de Kr. et l’a fait parler en langues, le pasteur s’est sauvé au plein milieu de la prière ; c’était apparemment trop chaud de demeurer près d’un feu dévorant. On comprend par là de quel type de ministère relèvent ces pasteurs. Il y a des prêtres pour le monde et il y a des prêtres pour Dieu. Qu’il est affreux, cet esprit de vanité qui ne connaît les gens que selon la chair, et qui s’extasie et se prosterne presque quand quelqu’un vient avec un beau vêtement et une bague au doigt ! Il ne faut surtout pas choquer une telle personne, ni par un parler en langues, ni par une prophétie ou une parole de vérité dite avec connaissance ou avec sagesse ! Quelle honte que cette hypocrisie ! Ainsi, nous ne connaissons plus personne selon la chair. Alléluia ! ça, c’est clair et net ! Toute chair est comme l’herbe, et toute la gloire de l’homme comme la fleur de l’herbe. Nous devons être dépouillés, pas habillés, nous devons être rendus semblables à Christ dans sa mort. Si nous marchons dans la lumière, le sang de Christ nous purifie de tout péché. Ceux qui disent : Seigneur, Seigneur ! n’entreront pas tous dans le royaume des cieux, mais celui-là seul qui fait la volonté de Dieu. La volonté de Dieu s’oppose toujours complètement à la volonté de l’homme – voilà la route nouvelle et vivante au travers du voile, qui est sa chair. Car il disait toujours : non pas ma volonté, mais la tienne ! C’est par cette volonté que nous sommes sanctifiés par le fait que Jésus s’est sacrifié une fois pour toutes. C’est pourquoi il est écrit que la volonté de Dieu, c’est notre sanctification. Nous avons accès au travers de notre chair (c’est-à-dire notre nature pécheresse), de même que Christ a frayé une voie au travers de lui-même, en priant sans cesse : non pas ma volonté, mais la tienne ! On comprend bien par là qu’il avait une volonté qui devait disparaître. La mort à cette volonté porte en elle tout le mystère de l’œuvre de Christ.

Salue bien tous ceux qui sont à la maison. Cela m’a réjoui d’apprendre que papa a été saisi par l’Esprit de manière aussi puissante. Salue Tallaksen ; cela me réjouit d’entendre que la force s’est aussi emparée de lui. Salue aussi le fr. Aanensen, sans oublier John, si tu le vois.

Dieu voulant, j’embarque sur le « Sleipner » en mai. Berglioth est à Kristiania ; il y a une lettre de papa qui l’attend ici à la maison, car nous ne connaissons pas son adresse. Elle va revenir ici.

J’espère que les choses continuent à bien se passer à Kristiansand. Nous nous sommes beaucoup réjouis ici d’avoir de tes nouvelles. Nous avons continué à avoir des réunions de prière, et la force est présente, avec puissance. Le fr. Berg est tranquille maintenant ; car il avait eu une vision l’autre nuit – alors qu’il était pleinement éveillé, il a senti la puissance de l’Esprit le pénétrer par l’épaule gauche et traverser tout son corps ; à la fin il voyait son propre corps comme une simple enveloppe (un vase de terre). Maintenant, il attend patiemment en laissant Dieu faire de lui un vase de terre. Ellefsen prie pour recevoir de la sagesse ; il est confiant et joyeux.

Je finis là. Salutations cordiales de ton frère toujours uni à toi en Christ

Johan

Dimanche 3-3

Aujourd’hui nous avons eu une réunion chez nous à 4 h. Si tu veux garder la force, garde-toi pur et combats, même chez tes propres amis, l’esprit qui veut passer pour être quelque chose dans ce monde.

La puissance de Dieu s’exprime le plus fort quand tu témoignes contre l’auditoire.

Quand on est trop importuné par la vérité, on crie et on se dépêche de trouver le recueil de cantiques.

Les souffrances de Christ nous rendent forts, et une pleine consécration nous rend invincibles. On n’a pas alors honte aux portes. – Alléluia !