Horten, le 24-02-1907
Cher frère, Aksel,

Merci beaucoup pour la lettre que Berglioth m’a apportée. C’était un plaisir d’avoir de tes nouvelles. Merci pour le journal « Missionæren ». Nous l’avons reçu jusqu’au 14 février. En revanche, nous n’avons pas reçu le numéro qui évoque le réveil à Larvik. C’est sans doute un oubli. J’ai entendu dire que ce réveil a été mentionné dans « Missionæren ».

Que Dieu te soutienne à Kristiansand, pour que tu puisses faire avec assurance l’œuvre que Dieu a préparée pour toi au service de l’Esprit. C’est assez particulier d’être le premier à venir dans une ville avec de telles manifestations.

Aujourd’hui, le pasteur de l’église méthodiste a parlé du baptême de l’Esprit. Jusque-là, il avait toujours été un peu réservé sur ce point, mais aujourd’hui, c’était bon de l’entendre. À la fin de la réunion, il a demandé à quelques-uns de bien vouloir prier courtement. L’Esprit s’est emparé de moi, et j’ai parlé en langues depuis la galerie, avant de m’écrier prophétiquement : « Demandez le baptême de l’Esprit dans vos prières ! ». Kristoffersen a alors parlé en langues, et quelqu’un a crié dans la salle. Nous avons aussi été à une réunion dans « l’Église de Christ » l’autre jour, et c’était une réunion particulièrement bénie. La femme d’un instituteur s’est réconciliée avec Dieu ; elle a frappé des poings sur le banc au point de s’arracher la peau. Son fils s’est aussi réconcilié avec Dieu. Un matelot, homme solide, marié et d’un certain âge, s’est aussi converti. Je ne connais pas bien le nombre de conversions, car on en voit un peu partout. Les gens sont heureux quand nous venons à leurs réunions, et l’Esprit de Dieu nous pousse à aller tantôt ici et tantôt là.

J’ai demandé à Dieu le don d’interprétation des langues et hier matin déjà, Dieu m’avait fait comprendre comment interpréter les langues, et bien que je n’aie jamais interprété un parler en langues jusqu’à ce jour, je savais que j’avais reçu ce don ; et lorsqu’à la réunion de l’Armée du Salut, le frère Kristoffersen a parlé en langues, Dieu m’a donné la grâce d’interpréter. Toi aussi, tu as reçu ce don, car nous t’avons entendu interpréter plusieurs fois en norvégien. Peut-être n’en es-tu pas encore suffisamment conscient pour t’affermir dans cette certitude. Parler en langues, c’est dire des mystères dans l’Esprit. Il n’y a donc que l’Esprit qui peut interpréter et exprimer ces mystères. Quand on s’abandonne à l’Esprit pour interpréter, il nous donne des choses à dire dans la force de l’Esprit qui, transcrites en norvégien, correspondent au parler en langues. On ne saisit pas le sens des mots dans un parler en langues. Sinon, on ne parlerait pas dans la foi, ou autrement dit, on n’interpréterait pas dans la foi. Car même le monde comprend des paroles comme celles-ci : « L’homme vient. » « Der Mann kommt. » Or, l’interprétation doit se faire dans la foi, au même titre que le parler en langues. Nous croyons, c’est pourquoi nous parlons aussi en langues. Dis donc en norvégien ce que Dieu te met à cœur de dire par l’Esprit, car l’Esprit comprend les mystères de l’Esprit, ou pourrait-on dire : ses propres mystères. Il nous tarde de savoir comment vous allez à Kristiansand.

Berglioth est avec nous et me prie de te saluer. Au mois de mai, je vais embarquer à bord du « Sleipner » où je resterai jusqu’au 1er octobre. Salue les amis et les tiens à la maison – tous autant que vous êtes.

Dans une heure (à 16 heures) plusieurs amis vont venir chez moi pour une réunion de prière. Nous avons continué ces réunions de prière depuis ton départ. J’ai la petite sur les genoux, ce n’est pas facile d’écrire.

Dieu est bon, que son nom soit loué ! Il veut notre bien – Croire ! Croire ! Seulement croire, croire, croire, croire, seulement croire. Tout est possible à celui qui croit, et celui qui croit n’est pas pressé – Alléluia ! Cela me réjouit de savoir qu’ils ont appris à prier à Larvik. Que Dieu aide les amis de Kristiansand à faire de même.

Cordiales salutations de la part de ton [frère]

Johan