Horten, le 4 janvier 1910
Cher frère, Aksel,

Merci pour ta bonne lettre. Hier, j’ai reçu du fr. Anthony une grande Bible de famille délicatement reliée et portant l’inscription suivante :

« À Johan O. Smith,

avec une reconnaissance profonde pour l’aide spirituelle reçue,

ton humble frère A. I. Anthony »

Cela m’a fait comme si on m’avait mis des charbons ardents sur la tête, car je suis passé ces derniers temps par de nombreux combats spirituels, et cela a été pour moi à la fois une consolation et une guérison, comme si Dieu voulait me confondre par toute sa miséricorde et sa grâce.

Les voies du Seigneur deviennent chaque jour plus merveilleuses et étonnantes pour moi, car je constate en vérité que ce qui était amer devient doux pour moi. J’étais loin d’imaginer que j’allais être l’objet d’une telle manifestation d’« honneur » de la part du Seigneur.

Ce n’est pas celui qui s’honore lui-même qui est approuvé, mais c’est celui que le Seigneur honore.

Puissions-nous toujours rechercher la gloire du Seigneur, car la volonté de Dieu sera alors toujours à notre portée !

Pauline est sur « le qui-vive », tu voudras donc bien m’excuser de ne pas pouvoir venir te rendre visite cette fois-ci. C’est irresponsable de partir en voyage actuellement.

Cela m’aurait vraiment beaucoup réjoui de pouvoir parler avec la sœur Palme, car j’ai l’impression qu’elle sait ce qu’elle veut et qu’elle fait de sérieux efforts. De telles personnes sont aussi rares que des diamants.

Tu as lu ma lettre précédente concernant la réunion chez le fr. Isachsen et l’attaque du fr. Berg. J’ai beaucoup repensé à cela, mais les allégations du fr. Berg ne m’ont pas satisfait. J’avais bien l’impression que j’avais fait une erreur quelque part, mais je ne savais pas en quoi, et c’est devenu clair pour moi hier.

Quand on parle, c’est comme quand on mange de la viande. Si un frère qui est présent ne peut pas manger à cause de sa conscience, on ne doit pas manger de viande. Ma conscience me permettait de parler comme je l’ai fait, mais le fr. Berg et plusieurs autres n’auraient pas pu dire la même chose sans que leur conscience en soit blessée. C’est pourquoi moi-même et mes paroles, nous avons été jugés, avec leur conscience comme référence. Mais comme il est écrit, nous devons être serviteurs de tous ; c’est sur ce point que j’ai failli, et je reconnais ici ma faute.

Mais de même que ses trois amis n’ont pas pu convaincre Job de sa faute, et que Job les a condamnés parce que leur jugement était injuste, de même, je n’ai pas trouvé que les paroles du fr. Berg étaient justifiées, parce qu’il n’a pas trouvé le bon moment. Cependant, Dieu me l’a révélé, et je suis bien content. J’ai raconté cela au fr. Isachsen, mais à personne d’autre. Il se peut – Dieu voulant – que je présente encore une fois toute cette affaire à une réunion, mais cela ne sera peut-être pas à l’honneur du frère Berg. Nous devons apprendre dans toutes les circonstances.

Salutations cordiales de la part de nous tous ici.

Ton frère,

Johan