Horten, le 16-1-1909
Cher frère, Aksel,
Bon anniversaire ! La paix de Dieu !

J’ai bien reçu ta bonne lettre et je t’en remercie. Je vois par là que toi et le fr. Gerrard, vous êtes purs dans l’affaire dont il était question au printemps dernier à la réunion chez Th. R. Souhaitons que toute l’assemblée, dont vous êtes devenus redevables, soit elle aussi pure dans cette affaire, pour que leur pureté puisse être votre pureté, tout comme leur impureté devient votre impureté si vous ne les reprenez pas. Mais si on n’a pas pratiqué la pureté sur toute la ligne dans cette affaire, Dieu interviendra à nouveau pour prononcer son jugement sur ce qui s’est passé. Non pas à cause de l’affaire elle-même, mais pour que l’on se purifie de quelque chose qui ne doit pas exister dans l’Assemblée de Dieu. Les lignes directrices sont tracées ; ce sont les lignes de l’Esprit à travers le voile qui est sa chair.

Chacun est purifié par le jugement, et c’est aussi par le jugement que l’assemblée tout entière est purifiée. Le jugement doit d’abord être prononcé sur le dirigeant, avant que le dirigeant ne puisse l’appliquer à l’assemblée et placer toute l’assemblée sous jugement pour qu’elle soit purifiée. Le dirigeant n’a pas le droit de tolérer le mal, sous quelque forme qu’il soit, car en ce faisant, il amènerait l’assemblée à un niveau plus charnel. Mais il a le droit de condamner la faute et de soumettre le tout au jugement. Ce n’est pas l’affaire avec Barratt qui compte, qu’on ait pu ou non le saluer. Mais il s’agit d’être libre de l’esprit qui fait acception de personnes. Mais si tous sont purs sur ce point, tout est donc pur et c’est un non-sens que Jensen et les autres accusent quelqu’un de quelque chose qui n’est pas ancré dans la vérité. Je n’ai jamais pensé que vous deviez accepter les folies de Holmkv. et de Jensen ; mais maintenant qu’ils vous ont quittés, je dirai que j’espère que vous avez fait tout ce qui était possible pour eux pendant qu’ils étaient parmi vous. Car s’ils sont vexés parce que quelqu’un dans l’assemblée les a choqués de manière charnelle, il faut juger cette faute-là, sans pour autant dire oui et amen à toutes leurs folies. Mais si tout est pur dans ce domaine, la paix accompagnera cette pureté. Mais si tout n’est pas pur, veille à trouver la paix dans cette affaire. Même si tu avais été occupé à ton cabinet dentaire ces jours-là, et Gerrard à la banque, oui même si vous aviez été au cœur de l’Allemagne ces jours-là, je ne crois guère que vous seriez libres si à votre retour vous aviez pris fait et cause pour le mauvais parti.

Mais puisque vous en avez maintenant fini avec cette affaire (espérons que cela a été agréable à Dieu et qu’il en a fini avec ça, lui aussi), laissons-la. Si nécessaire, Dieu remettra la question sur le tapis.

Une assemblée a besoin de toute la force et l’énergie de son dirigeant pour qu’elle puisse être présentée à Dieu comme une vierge pure. Mais si certains ont beaucoup de centres d’intérêt en dehors de l’assemblée, je crains fort qu’ils soient très peu aptes [à exercer un tel ministère] dans l’assemblée. On ne peut pas devenir dirigeant en dormant ; il faut travailler et se sacrifier pour rassembler les amis autour de Jésus-Christ. Il ne suffit pas de soigner les liens avec ses vieux amis et amies selon la chair, puisque l’assemblée de Dieu comporte d’autres personnes, qui ont aussi besoin qu’on prenne soin d’elles – oui, c’est elles qui en ont le plus besoin. On n’a pas besoin d’un homme qui se contente d’un titre honorifique, mais de quelqu’un qui met les choses en pratique.

Par ailleurs, Dieu a établi dans l’assemblée à la fois des bergers, des évangélistes, des prophètes, des docteurs et des apôtres. Nous devons prendre soin avec zèle de l’œuvre que Dieu nous a confiée. Mais ce n’est pas d’une importance si capitale que ça de désigner chacun. On devrait être capable de voir l’œuvre des uns et des autres et de tenir chacun en haute estime pour l’œuvre qu’il fait, sans soigner la chair, pour éviter d’éveiller le désir de vouloir être quelque chose. Chacun doit être tenu en haute estime pour l’œuvre qu’il fait et le travail qu’il effectue. Il ne faut pas honorer quelqu’un au-delà de la mesure de son travail, car la chair ne sert de rien.

Pour finir, salutations cordiales à toi et à tout le monde à la maison. Salue le fr. Gerrard et sa femme, ainsi que Helga et les Wintersborg.

Ton frère

Johan