Grâce et paix de Dieu.
J’espère que tu as reçu ma lettre du 8 de ce mois. Aujourd’hui, j’ai reçu une très bonne lettre de papa. Je te renvoie ci-joint la lettre de A. Thompson, dans laquelle il t’invite à être son ami intime. À ce propos, je ne peux répondre qu’avec Mt. 12, 50, car quiconque fait la volonté de mon Père qui est dans les cieux, celui-là est mon frère, et ma sœur, et ma mère ; et le terme « ami intime » ne doit-il pas se satisfaire d’être inclus dans cette liste ? Mais si Thompson veut un ami selon la chair, il faut attirer son attention sur le fait que nous ne connaissons plus personne selon la chair. Un serviteur du Seigneur devrait en vérité comprendre ces choses, et c’est une grande honte qu’on s’exprime de cette manière ! En ce qui me concerne, je suis très heureux qu’on me laisse vivre, qu’on ne m’a pas pendu – et que je suis encore plus loin d’avoir « un ami intime » selon la chair. On ne doit pas tolérer de telles absurdités sans leur « passer un bon savon ».
Cela devient de plus en plus clair pour moi qu’à Kristiansand, on n’a pas pris suffisamment soin des brebis plus faibles ; c’est pourquoi le Seigneur vient maintenant pour juger entre les brebis grasses et les brebis maigres. Éz. 34, 20. C’est en effet vite fait de heurter les brebis faibles avec le côté et avec l’épaule, et de les frapper de ses cornes, jusqu’à ce qu’on les ait chassées (v. 21). Nous devons entourer d’un plus grand honneur les membres les moins honorables. Je sais bien que cela n’a pas été fait volontairement, mais par ignorance et par manque de vigilance ; c’est pourquoi on doit juger ces fautes le plus sévèrement possible.
En ce qui concerne la charge d’évêque, celui qui aspire à une telle charge doit avoir réussi, par son travail personnel dans l’Assemblée, à réunir les amis autour de lui et à avoir leur pleine confiance. Une telle personne doit se développer d’elle-même, d’une manière naturelle. Ne sois pas trop rapide pour régler ces choses, pour que le résultat soit une assemblée spirituelle. Laisse le jugement faire son œuvre, et observe comment chacun l’applique à lui-même. Laisse ensuite la vie montrer lequel des frères est apte à une telle œuvre. Je fonde beaucoup d’espoir sur le fr. Gerrard, mais il a encore beaucoup à apprendre. Tout d’abord, il doit reconnaître qu’il a mal agi quand il a essayé, à la réunion en question, d’imputer toute la faute aux frères et sœurs qui se sentaient écartés. Car dans les faits, (1) on s’est rassemblé autour de Barratt en pensant d’abord à soi-même – dans de telles circonstances, on a vite fait de repousser les faibles avec le côté et l’épaule ; (2) ensuite, on veut forcer les brebis écartées à reconnaître qu’elles se comportent de manière complètement erronée quand elles font remarquer cette situation. Il faut vraiment se ressaisir de manière conséquente et reconnaître ses erreurs. L’acception de personnes et les égards pris à la chair sont diaboliques ; c’est cela qui a joué le rôle principal dans cette affaire. Mais le Seigneur révélera ces choses comme étant de la folie aux yeux de toute l’assemblée. Troisièmement, on a été à l’origine de la perte de confiance des brebis écartées ; seul un jugement complet et précis pourra remettre le tout dans une direction saine. Papa dit que l’on empêche l’emploi des dons spirituels. Il faut être très prudent sur ce point, pour que le royaume de Dieu puisse grandir de toutes les manières. Cher frère, j’ai une pleine confiance en toi, en Jésus-Christ. Tu as un grand travail à faire dans ce domaine. Que tous ceux qui doivent être réhabilités le soient, et que tous ceux qui doivent se juger eux-mêmes le fassent ! Ne fais rien par acception de personnes, mais fais tout devant la face de Dieu. Comme Moïse, sois fidèle dans toute Sa maison. Maintenant, ton heure est venue. Accomplis ton œuvre sous la conduite et dans la puissance de l’Esprit, et laisse les choses mûrir et venir jusqu’à toi avant d’agir. Fais comme Mikkelsen[45] en 1905, quand il disait que les circonstances changeaient plus rapidement qu’on aurait pu le prévoir, et qu’elles l’obligeaient à passer à l’action.
Il faut faire preuve de circonspection quand on travaille dans l’Assemblée de Dieu, mais c’est une œuvre bénie si on est trouvé pur dans toutes ses actions. Laisse donc les choses s’arranger d’elles-mêmes, et laisse du temps au temps. Que Dieu bénisse les amis à Kristiansand. J’ai une grande confiance dans leur droiture devant la face de Dieu. Mais il y a des choses qui ont contaminé l’assemblée, et dont Dieu veut maintenant la purifier par le jugement. Veille donc à ce que personne ne se décourage, mais plutôt qu’on accepte avec assurance le jugement qui mène au salut et à la paix.
Salutations cordiales. Écris-moi bientôt, car je suis ces événements avec beaucoup d’intérêt. Il en va de même des frères Berg et Ellefsen, avec lesquels j’ai partagé ces choses pour que cela serve d’enseignement.
Salue les amis. Salue papa et tout le monde à la maison.
Ton frère,
Johan