(Tapé à la machine, original non disponible)
Merci beaucoup pour ta longue lettre, où tu donnes un compte-rendu exhaustif de la situation à Kristiansand. Ce n’est pas réjouissant quand les choses prennent cette tournure, mais pour ne pas traîner le tout dans la boue, on est obligé d’agir. Il est tout à fait compréhensible qu’on n’arrive pas à donner aux choses une direction spirituelle chez R., car les vieilles forces locales veulent bien sûr diriger. C’est pourquoi je suis tout à fait d’accord avec toi, quand tu décides de chercher votre propre salle. Si quelqu’un de chez R. veut alors venir, qu’il vienne, mais pas comme quelqu’un qui veut diriger. Il faut ici avoir de la volonté et une main ferme.
L’affection de l’Esprit, c’est la vie et la paix. Quand des personnes charnelles troublent la vie et la paix, il faut veiller à ce qu’elles ne prennent pas la parole aux réunions. – Cela est plus facile dans une salle externe. C’est la deuxième fois qu’on a dû quitter les réunions chez *** à cause de la vérité. Ce n’est pas à son honneur. Quand vous aurez une nouvelle salle, il s’agira dès le début d’imposer ce que Dieu souhaite. Ces réunions où tout le monde est brimé chez *** ont paralysé le tout. Il y aura une tout autre impression de paix et de bénédiction quand vous aurez vous-mêmes la main. Vous ne quittez pas la ville, et vous n’empêchez pas non plus ceux de chez *** d’aller aux réunions.
Hier, Berg, Ellefsen et moi étions à Moss. Barratt, Ludvig Eriksen, Ilebæk, Gerhard (l’horloger), un missionnaire d’Afrique, Axel Wold, Bakke et d’autres étaient aussi présents. Il y avait salle comble à « Losjen ». La réunion a commencé à 5 h. Les amis de Kristiania sont venus à 4 h de l’après-midi. Barratt a parlé de la prière – ne pas faire un exposé devant Dieu ou devant l’assemblée. Un homme qui priait a été interrompu par deux personnes qui ont parlé en langues. Leur interprétation était que la personne en question devait prier dans l’Esprit. Cela était tout à fait approprié.
Les réunions d’échanges ici à Horten ont eu pour effet que les amis ont une relation beaucoup plus intime les uns avec les autres. R. a donné des échos de ces conversations à droite et à gauche, de sorte que les gens prêtent l’oreille pour écouter. Le fr. F. jubilait presque à Moss quand nous avons parlé l’un avec l’autre. Un ancien second maître d’artillerie E. (méthodiste) a dit à B. qu’il aimerait tant avoir une conversation, mais qu’il avait un peu peur. C’est curieux de voir comment Dieu peut nous exposer à la lumière même si on essaie de se cacher dans l’obscurité.
Papa n’a aucune raison d’avoir mauvaise conscience à propos de ce qu’un autre entreprend dans le cadre des fonctions qu’il exerce. Quand H. et J. ne veulent accepter aucune remarque, on ne peut pas les autoriser à déranger toutes les réunions que l’on tient. Dans ces questions, il s’agit d’avancer pas à pas, sans se hâter. Celui qui croit ne se hâte pas. Les choses et les circonstances se mettront en place d’elles-mêmes, de telle manière que l’on pourra agir dans un repos complet. Mais il faut agir, le moment venu.
Ici à Horten, aucun journal local n’a mentionné le parler en langues depuis que j’ai écrit cet article dans « Hortens avis ». Hier, à la fête de la tempérance, l’un des prédicateurs de la ville (méthodiste) s’est levé pour prononcer un discours enflammé contre l’alcool. Il en a profité pour parler avec fougue du fait que lorsque quelqu’un fait une bêtise à cause d’une forme de folie religieuse, tous les journaux s’exclament à l’unisson que le fautif doit être interné à l’asile. Mais quand des groupes entiers se battent et se donnent des coups de couteau dans leur folie d’ivrognerie, cela n’est mentionné qu’au passage et en petits caractères.
Cela nous montre que c’est nécessaire d’écrire aux journaux de temps à autre. Mais il faut écrire avec fermeté, car le monde n’y comprend rien à ce genre de choses. Ici à Horten, [le journal] « Gjengangeren » était furieux et a titré en gras : « La folie du parler en langues » etc., mais depuis cet article il n’a plus cité une seule fois le mot « parler en langues ». Juste après, « Hortens avis » a écrit que toute contribution intéressante serait la bienvenue dans le journal. C’est par la foi qu’Israël a écrasé ses ennemis et s’est fait respecter. De la même manière, c’est par la foi que nous devons écraser nos ennemis et nous faire respecter. Nous ne devons jamais avoir peur d’y aller trop fort, car c’est la force qui va les écraser et qui va effrayer les fuyards. Il ne faut jamais chercher à convaincre le monde de manière polie et obséquieuse, mais les terrasser pour qu’ils n’aient pas le temps de reprendre leur souffle. Souviens-toi de cela et agis de même, et tu te réjouiras de la chute et de la fuite de tes ennemis.
Aujourd’hui, le 3/1, nous devrions avoir la visite ici à Horten des amis de Moss.
À Moss, Gerhard s’est levé et a dit qu’il y avait un bon nombre de prédicateurs présents, de la mission libre, de la mission intérieure, etc. et il leur a demandé de s’asseoir devant. Aussi longtemps que j’étais présent, on n’a entendu que des discours de ces prédicateurs. Ce genre de choses me donne la nausée, car cela revient à se faire appeler « maître ». Il n’y a pas non plus de liberté spirituelle si on donne priorité à ces personnes, que l’Esprit les pousse ou non. Quand apprendra-t-on donc à croire ? Si quelqu’un est quelque chose, ou s’il a une œuvre en Christ, qu’on lui donne la place nécessaire pour qu’il contribue en Esprit et vérité et avec des paroles fortes ; mais pas parce que c’est son gagne-pain de prêcher.
Salutations cordiales avec 2 Ti. 1, 7. Le fr. Berg est là et il me prie de te saluer. Salue à la maison, ainsi que les amis.
Ton frère
Johan