Il dit : Qui es-tu ?
Dans ces ténèbres et cette obscurité, la pauvreté et la richesse se rencontrent. Cet homme puissant lui demande : Qui es-tu ?
Notez que c’est Boaz qui adresse la parole en premier à Ruth. C’est toujours ce qui se passe quand une âme se sent pauvre en esprit et perdue. L’obscurité de l’Éternel rend l’âme tellement pauvre que lorsque l’homme puissant demande : Qui es-tu ? elle n’a guère la force de prononcer son propre nom, car elle se sent indigne de porter quelque nom que ce soit. C’est justement dans cette pauvreté qu’on change de nom, l’âme se fiançant à son époux et prenant désormais son nom.
La vraie pauvreté n’a pas la force d’implorer l’aide. C’est comme une grande peine qu’on ne peut pas consoler – ce n’est qu’en restant seul et en gardant le silence qu’on trouve un peu d’aide.
L’obscurité de l’aveugle est d’une autre nature. Bartimée, un mendiant aveugle, était assis au bord du chemin. Quand il entendit que c’était Jésus, il se mit à crier : Jésus, fils de David, aie pitié de moi ! Il en va de même du pécheur. Il crie à plein gosier : Seigneur, sauve-moi !
Une fois qu’on est sauvé, quand l’obéissance à l’Esprit nous mène dans l’obscurité, on n’a plus la force de crier : Seigneur, sauve-moi ! car on est déjà sauvé. C’est autre chose qui doit se produire. L’âme doit être amenée sous la couverture [du Seigneur], être appelée de son nom, partager ses souffrances et sa consolation, progresser en mangeant de sa chair, boire de son sang. L’époux vient chercher son épouse dans l’obscurité et lui demande : Qui es-tu ? Heureuse épouse ! Ton époux est couché à l’extrémité du tas de gerbes.
