Maître d’œuvre – souverain sacrificateur
« Lorsqu’il donna une limite à la mer, pour que les eaux n’en franchissent pas les bords, lorsqu’il posa les fondements de la terre, j’étais à l’œuvre auprès de lui, et je faisais tous les jours ses délices, jouant sans cesse en sa présence, jouant sur le globe de sa terre, et trouvant mon bonheur parmi les fils de l’homme. » Pr. 8, 29-31.
« Il est l’image du Dieu invisible, le premier-né de toute la création. Car en lui ont été créées toutes les choses qui sont dans les cieux et sur la terre, les visibles et les invisibles, autorités, trônes, dignités, dominations. Tout a été créé par lui et pour lui. » Col. 1, 15-16.
Jésus était le fils unique de Dieu avant de venir sur terre. Il était maître d’œuvre. Il était devant la face de Dieu, et il jouait sur le globe de sa terre. Il inventait des bêtes de toutes espèces et il créait les unes d’une manière, les autres d’une autre manière. Il inventait des plantes et les créait. Il ne formait pas deux feuilles identiques sur un même arbre. Nous pouvons dire qu’il dessinait et créait. Il jouait devant la face de Dieu sur le globe de sa terre.
Mais ces choses seules ne pouvaient pas satisfaire le fils unique. Il n’a pas regardé comme une proie à arracher d’être égal avec Dieu – d’être le seul héritier. Ph. 2, 6. Il trouvait son bonheur parmi les fils de l’homme. Il voulait que nous devenions ses frères, ses cohéritiers. Pour que cela puisse se réaliser, il fallait que Jésus devienne semblable à nous, et qu’il inaugure pour nous une voie nouvelle et vivante à travers le voile – la séparation – qui était la chair. Hé. 10, 19-21. Il fallait qu’il devienne notre souverain sacrificateur – notre avocat – notre médiateur.
Mais pour qu’il puisse devenir souverain sacrificateur, lui qui était maître d’œuvre, il fallait qu’il passe, comme nous l’avons vu, par une formation exigeante, une école sévère. Car il était bien plus glorieux d’être souverain sacrificateur que d’être maître d’œuvre. Et cette formation, il l’a reçue dans un corps comme le nôtre. Il fallait qu’il connaisse la même condition que nous, dans les jours de sa chair. Il a volontairement renoncé à être égal avec Dieu, et il a paru comme un simple homme. Et lorsqu’il a terminé sa formation, qui consistait à faire la volonté de Dieu dans un corps comme le nôtre, il est devenu l’auteur d’un salut éternel pour tous ceux qui lui obéissent. Dieu l’a alors déclaré souverain sacrificateur selon l’ordre de Melchisédek. Hé. 5, 7-10. Maintenant il n’est plus le fils unique, mais le premier-né. « Tu es mon Fils, je t’ai engendré aujourd’hui. » Hé. 1, 5-6, 5, 5, Ro. 8, 17 et 29.
« Je t’ai engendré aujourd’hui » : c’est le jour où il est ressuscité d’entre les morts. Et c’est là l’Évangile que nous avons à annoncer, « et qui concerne son Fils (né de la postérité de David, selon la chair, et déclaré Fils de Dieu avec puissance, selon l’Esprit de sainteté, par sa résurrection d’entre les morts), Jésus-Christ notre Seigneur. » Ro. 1, 1-4, Ac. 13, 32-33.
Le fait que Dieu ait pu le ressusciter d’entre les morts était la preuve qu’il avait achevé sa formation – qu’il avait été tenté comme nous en toutes choses, mais sans commettre de péché. S’il y avait eu le moindre péché, la mort aurait pu le retenir. Mais au lieu de laisser la chair dominer sur lui dans les tentations, il a remporté la victoire sur le péché qui était dans la chair. Et lorsqu’il est mort, il a pu s’écrier : « Tout est accompli. » Un juste est mort pour nous, les injustes, afin de nous amener à Dieu. 1 Pi. 3, 18. Un agneau sans tache et sans reproche a été sacrifié. C’est dans ce sang que Dieu a établi la nouvelle alliance. Et par le sang d’une alliance éternelle, Dieu a ramené d’entre les morts le grand pasteur des brebis, notre Seigneur Jésus. Hé. 13, 20.
Le sang d’une alliance éternelle ! Quand Jésus est entré dans ce monde, l’alliance, était de « faire, ô Dieu, ta volonté ». Jésus n’est pas venu pour faire sa propre volonté, mais pour faire la volonté de celui qui l’avait envoyé. Ma volonté est ma vie. Si je renonce à ma volonté, alors ce n’est plus moi qui vis, mais celui dont je fais la volonté vit en moi. Ga. 2, 20. Il fallait par conséquent que la vie de Jésus, comme Fils de l’homme, soit offerte en sacrifice, pour que le Père puisse vivre en lui.
Quand la vie s’en va, le sang coule. Le sang de Jésus, qui a coulé, a prouvé que l’alliance avait été observée. Et c’est grâce à ce sang de l’alliance que le Dieu de paix a pu ramener d’entre les morts notre Seigneur Jésus, le grand pasteur des brebis.
Le sang d’une alliance éternelle ! La première alliance n’était pas éternelle, mais la nouvelle alliance l’est, parce qu’elle nous mène à ce qui est parfait, c’est-à-dire faire la volonté de Dieu.
Maintenant, nous pouvons comprendre que nous ne pouvons pas être aspergés par le sang de Jésus-Christ sans nous engager d’abord à obéir. 1 Pi. 1, 2. Et nous comprenons aussi pourquoi Pierre nous exhorte à nous conduire avec crainte pendant le temps de notre pèlerinage, puisque nous sommes rachetés à un si grand prix.
Jésus est également présenté comme notre précurseur. Hé. 6, 20. Et si Jésus a dû recevoir sa plus grande formation dans un corps comme le nôtre, nous comprenons aussi quelles immenses possibilités nous avons dans notre corps. Nous devenons ses frères, ses cohéritiers. Lui, il est le premier-né. Il n’est plus le seul héritier. Ro. 8, 17.
