Une meilleure espérance

« Il y a ainsi abolition d’une ordonnance antérieure, à cause de son impuissance et de son inutilité, – car la loi n’a rien amené à la perfection, – et introduction d’une meilleure espérance, par laquelle nous nous approchons de Dieu. » Hé. 7, 18-19.

On doit se demander : Quelle était donc l’espérance par laquelle ils s’approchaient de Dieu sous la première alliance ? Eh bien, c’était l’espérance que leurs péchés leur seraient pardonnés ; ils savaient cependant qu’ils retomberaient bien vite dans le péché. Quelle est donc la meilleure espérance ? C’est que je peux recevoir le pardon de mes péchés, et que je ne suis plus obligé de recommencer. Car Jésus n’est pas entré dans le lieu très saint avec le sang des boucs ou des veaux, mais avec son propre sang, une fois pour toutes, obtenant ainsi une rédemption éternelle. Hé. 9, 9-15.

Le sang de Jésus vaut bien plus que le sang des boucs. Par le sang de Jésus, nous n’obtenons pas seulement le pardon de nos péchés, mais nous en sommes délivrés pour ne plus les commettre. Le sang des boucs pouvait purifier des souillures de la chair – les péchés commis. Mais le sang de Christ peut d’autant plus purifier nos consciences des œuvres mortes, pour que nous servions le Dieu vivant. Autrement dit, il peut nous délivrer du fait de servir le péché.

Est-ce que tu t’approches de Dieu avec cette meilleure espérance, ou n’as-tu que l’ancienne ? Est-ce que tu penses, en demandant le pardon de tes péchés, que tu retomberas bientôt dans les mêmes travers ?

Dans ce cas tu ne crois pas plus au sang de Jésus qu’au sang des boucs. « Car il est impossible que le sang des taureaux et des boucs ôte les péchés. » Hé. 10, 4 et 11. Mais Christ a paru, à la fin des siècles, pour abolir (ôter, disent d’autres traductions) le péché par son sacrifice. Hé. 9, 26-28.

Dans la première alliance, on s’approchait de Dieu avec l’espérance que les choses ne pouvaient que partiellement être mises en ordre selon la volonté de Dieu ; mais dans la nouvelle alliance nous avons une espérance bien meilleure. Maintenant, c’est tout qui peut être mis en ordre. Le culte de la première alliance ne pouvait pas rendre parfaits selon la conscience, mais la nouvelle alliance le peut. Voilà la meilleure espérance que nous avons dans la nouvelle alliance dans le sang de Jésus.

« En effet, la loi, qui possède une ombre des biens à venir, et non l’exacte représentation des choses, ne peut jamais, par les mêmes sacrifices qu’on offre perpétuellement chaque année, amener les assistants à la perfection. » Hé. 10, 1.

C’est pourquoi Jésus est venu et a aboli l’ombre – ces offrandes – en offrant son propre corps et en faisant la volonté de Dieu. « Il abolit ainsi la première chose pour établir la seconde. » Hé. 10, 9. Dans la nouvelle alliance, c’est ce qui est parfait qui a été introduit, c’est-à-dire le fait d’obéir à la volonté de Dieu. Lorsque nous entrons alors dans la nouvelle alliance, nous abandonnons tout et nous nous consacrons à l’obéissance envers toute la volonté de Dieu. Dans et par cet abandon à la volonté de Dieu, nous devenons membres du corps de Christ, et c’est en vertu de cette volonté que nous sommes sanctifiés une fois pour toutes, par l’offrande du corps de Jésus-Christ. Hé. 10, 1-10.

Nous sommes ainsi baptisés dans un seul Esprit pour former le corps de Christ, 1 Co. 12, 13, et dans cet Esprit nous pouvons offrir nos corps comme un sacrifice vivant, saint, agréable à Dieu. Ceci est notre culte spirituel. Ro. 12, 1.

Dans la première alliance, ils n’avaient pas le corps de Christ, mais ils vivaient dans l’ombre de ce corps. C’est pourquoi ils ne pouvaient pas non plus servir le Dieu vivant, mais simplement pratiquer diverses œuvres. Par cela ils prouvaient qu’ils voulaient servir Dieu et ils consolaient ainsi leur conscience. On pourrait dire que les œuvres mortes étaient des sortes de « pansements » pour la conscience. Mais Christ est venu avec le corps. Col. 2, 16-17. C’est pourquoi il nous a été donné, dans la nouvelle alliance, un corps avec lequel nous accomplissons la volonté de Dieu.

Quand beaucoup de gens disent de nos jours que nous ne pouvons rien faire, et que ce que nous faisons n’a pas d’importance, ils disent par là qu’ils sont dans l’ombre et qu’ils ne sont pas devenus membres du corps de Christ. La plupart des chrétiens vivent dans les œuvres mortes. Lorsqu’ils pensent servir le Dieu vivant, ils pensent à certaines actions bien précises, comme : visiter les malades, faire partie d’une chorale, tenir des réunions, distribuer des traités, donner la dîme, diriger l’école du dimanche, etc. etc. Mais le fait de frotter le parquet, de raccommoder, de faire la cuisine et de travailler d’une façon générale, sont pour eux des œuvres terrestres. Il leur semble que ces choses n’ont rien à voir avec le culte spirituel. Cette manière de penser rappelle la première alliance. Dans celle-ci, ils ne devaient, ni faire leur travail, ni s’occuper de leurs affaires, ni suivre leurs propres voies le jour du sabbat. Ce jour-là, ils devaient pratiquer les œuvres de Dieu, mais pendant les six autres jours, ils pouvaient faire leurs propres œuvres. Ex. 20, 9-10. És. 58, 13. Cela n’est que l’ombre.

Dans la nouvelle alliance, il est dit : « Et quoi que vous fassiez, en parole ou en œuvre, faites tout au nom du Seigneur Jésus, en rendant par lui des actions de grâces à Dieu le Père. » Col. 3, 17. « Serviteurs, obéissez en toutes choses à vos maîtres selon la chair, non pas seulement sous leurs yeux, comme pour plaire aux hommes, mais avec simplicité de cœur, dans la crainte du Seigneur. Tout ce que vous faites, faites-le de bon cœur, comme pour le Seigneur et non pour les hommes, sachant que vous recevrez du Seigneur l’héritage pour récompense. Servez Christ, le Seigneur. » V. 22-24.

La femme qui est amère et irritée lorsqu’elle fait sa lessive peut-elle donc servir Dieu quand elle chante dans la chorale sur l’estrade, quand même elle sourirait et qu’elle louerait Dieu ? Ou si le pasteur est amer envers sa femme, peut-il servir Dieu sur l’estrade ou dans des rencontres plus informelles ? Est-ce que ce n’est pas toujours la même personne ? Crois-tu que le prêtre devient plus saint lorsqu’il revêt sa soutane que lorsqu’il est en société en train de fumer ? Certaines des actions de Jésus étaient-elles moins saintes que d’autres ? Tout ce qu’il faisait n’était-il pas la volonté de Dieu ? Et toute la volonté de Dieu n’est-elle pas aussi sainte ?

Nous voyons par là quelle meilleure espérance la nouvelle alliance nous donne dans et par le corps de Christ, contrairement à l’ancienne qui n’avait que l’ombre. Notre conscience peut être purifiée, par le sang de Christ, de tout ces « pansements » – ces œuvres mortes – pour servir le Dieu vivant, aussi bien en faisant la lessive qu’en chantant à la gloire de Dieu, aussi bien en creusant des fossés qu’en prêchant la Parole de Dieu ! Aussi saint dans son bleu de travail que dans son costume du dimanche ! De cette manière, tout est mis dans le bon ordre. Nous sommes devenus des membres du corps de Christ. Quelle espérance bénie, à laquelle nous avons accès par le sang de la nouvelle alliance !

C’est ce salut que les prophètes ont recherché et scruté. Ils savaient cependant qu’ils ne pouvaient y avoir part eux-mêmes ; mais ils faisaient des recherches et des investigations dans l’ombre et ils prophétisaient au sujet de cette grâce qui devait venir avec le corps de Christ. 1 Pi. 1, 10-12.

Lorsque nous sommes devenus membres du corps de Christ, nous parlons tout naturellement des œuvres, de toute la volonté de Dieu ; et c’est souvent un grand scandale pour ceux qui ne sont pas dans le corps de Christ. Mais Christ est venu avec un christianisme qui se traduit par des œuvres, et tous ceux qui sont sincères se réjouissent d’un tel salut.