Des signes et des miracles
Beaucoup ont compris que le catholicisme, le protestantisme ou les églises d’État ne sont pas ce qu’ils devraient être. C’est pourquoi nous avons tous ces partis religieux que l’on peut appeler globalement les églises libres. Ils sont sortis des églises officielles soutenues par l’État, et pourvoient à leurs propres besoins. Mais autrement, ils ont, pour la plupart d’entre eux, le même système que les églises officielles. Ils ont un « pasteur » qui touche un salaire fixe, et c’est lui qui règle tout. Autour de lui, il y a quelques personnes qu’on appelle des anciens et des diacres. Ces personnes peuvent, de temps en temps, commencer ou terminer une réunion, mais autrement elles s’occupent surtout des affaires économiques et pratiques. Le côté spirituel est réservé au pasteur et aux prédicateurs de passage. Leur organisation selon le « modèle biblique » ne rappelle pas beaucoup la liberté et la direction de l’Esprit.
Mais il n’est pas facile d’être « pasteur » dans de telles assemblées. Il faut parler de telle sorte qu’il y ait beaucoup de monde, et beaucoup d’argent dans la caisse. Il faut aussi prendre soin qu’il y ait un réveil et de la vie. Ces dernières années, toute cette mécanique fonctionne de moins en moins bien. Ce qu’ils appellent réveil, esprit et vie, se fait de plus en plus rare. Pour y remédier, ils ont commencé à annoncer un grand réveil qui doit venir avant le retour de Christ. Pour que les assemblées n’aperçoivent pas la mort spirituelle qui s’installe de plus en plus, les prédicateurs ont amené les gens à croire en la venue d’un temps magnifique accompagné de signes et de miracles, qui serait suivi de l’enlèvement.
Un prédicateur très connu disait récemment à une assemblée de plusieurs milliers de personnes : « Je veux préparer l’Église pour un temps accompagné de signes et de miracles. » De telles paroles étaient horribles pour celui qui sait ce que les apôtres ont dit au sujet des temps qui précéderont l’apparition de l’impie. Il y aura justement un temps comme celui-là avec des signes et des miracles. Mais ce sera la séduction de Satan, et Dieu enverra une puissance d’égarement pour qu’ils croient au mensonge. 2 Th. 2, 9-13. Voilà ce qui arrive lorsqu’on donne de l’importance aux signes et aux miracles, au lieu de s’attacher à la sanctification.
Dans ces églises soi-disant libres, il y a beaucoup d’âmes qui ont cherché la plénitude de l’Esprit afin de pouvoir vivre une vie victorieuse, mais l’iniquité, a réussi à les détourner de ce noble désir vers des choses secondaires. Pour la plupart d’entre eux, les signes et le baptême de l’Esprit sont devenus la chose principale, tandis que la vie sur les traces de Jésus est complètement mise de côté. C’est surtout la guérison par l’imposition des mains qui est devenue une véritable attraction, et les dons sont devenus le critère qui montre si l’arbre est bon ou mauvais, alors que ce devrait être les fruits. Ce qui devrait confirmer l’Évangile est devenu, pour beaucoup, l’Évangile même. La cause en est la vanité humaine, le désir d’être grand, d’être considéré, et non pas l’amour envers les malades.
Satan a essayé la même tentation avec Jésus, lorsqu’il allait commencer sa mission ici sur terre. Il voulait que Jésus fasse des signes et des miracles. Jésus en avait les dons, et il aurait pu gagner toute la gloire du monde, mais il ne se laissa pas séduire. Il n’était pas venu pour faire des signes et des miracles, mais pour sauver les hommes du péché. C’est pourquoi Jésus a commencé à prêcher, et à dire : « Repentez-vous, car le royaume des cieux est proche. » Mt. 4, 17. Oui, réponds-tu, mais les dons spirituels n’appartiennent-ils pas au royaume des cieux ? Si, mais la plupart d’entre eux, par exemple la guérison et la prophétie, accompagnaient aussi la loi dans la première alliance. Lorsqu’ils gardaient la loi, Dieu devait les préserver de la maladie. Ces dons font partie de la gloire terrestre qu’ils recevaient à l’avance, et il est précieux de les avoir pendant notre pèlerinage terrestre. 1 Co. 1, 7. Mais lorsque Dieu créera un nouveau ciel et une nouvelle terre, ils disparaîtront.
Jésus a envoyé les douze et les soixante-dix. Il leur a donné le pouvoir de guérir les malades et de chasser les démons, et il leur a ordonné d’annoncer que « le royaume de Dieu s’est approché de vous. » Luc 10. Cela signifie que le royaume de Dieu n’était pas encore venu ; mais les disciples avaient reçu un « avant-goût » et ils pouvaient faire des signes et des miracles. C’est cela qui causait la joie des soixante-dix. Ils s’étaient déjà égarés, et Jésus les a repris, mais cela ne les a pas empêchés de l’abandonner plus tard.
Quand est-ce que le royaume de Dieu est venu ? Le jour de la Pentecôte ! Il était aussi proche que cela ! Et comme Jésus l’avait en lui, le royaume de Dieu s’était réellement approché tout près d’eux. Mais ce n’est qu’après que l’Esprit a été répandu qu’on a pu annoncer l’Évangile de ce salut immense par lequel nous pouvons être bénis de toutes sortes de bénédictions spirituelles dans les lieux célestes en Christ. Ép. 1, 3. Les signes et les miracles ne sont pas l’Évangile, mais ils doivent confirmer l’Évangile.
Paul a été appelé à être apôtre, il avait été mis à part pour annoncer l’Évangile de Dieu qui concerne son Fils, qui, selon la chair, est venu de la postérité de David et qui a été déclaré Fils de Dieu avec puissance, selon l’Esprit de sainteté, par la résurrection d’entre les morts, Jésus-Christ notre Seigneur. Ro. 1, 1-5.
L’Évangile est la bonne nouvelle que la mort a été détruite et que la vie et l’immortalité sont venues à sa place. 2 Ti. 1, 10. Si Jésus était venu sous la forme d’un ange, ou comme Adam avant sa chute, sa résurrection n’aurait pas pu m’apporter de l’espérance, ni servir à mon salut. Mais le fait qu’il soit venu, selon la chair, issu de la postérité de David, et qu’il soit quand même ressuscité des morts, voilà ce qui renferme un message pour moi. C’était la même chair que la mienne, et ainsi, j’ai aussi de l’espérance si je le suis dans l’obéissance. Hé. 2, 14-18.
« Souviens-toi de Jésus-Christ, issu de la postérité de David ressuscité des morts, selon mon Évangile. » 2 Ti. 2, 8.
L’Évangile de Jésus ! Lorsque Paul a reçu la connaissance de Jésus-Christ, il a regardé tout le reste comme de la boue. C’est là qu’il a reçu l’espérance de parvenir à la résurrection d’entre les morts, en devenant conforme à Christ dans sa mort. Ph. 3, 8-11.
Un puissant réveil est nécessaire pour dévoiler le mystère de l’iniquité qui séduit les hommes en les amenant à se réjouir des signes et des miracles au lieu de l’Évangile qui me transforme pour que je ne reste pas humain dans mon comportement, mais que je devienne divin. 1 Co. 3, 3. Lis donc la prédication des apôtres. Tu verras qu’elle vise à la sanctification, tandis que signes et miracles n’y sont guère mentionnés.
Nous pouvons prendre un exemple. Si tu avais une femme paralysée, tu éprouverais certainement une grande détresse dans ta vie et dans ton foyer. Si alors quelqu’un venait avec le pouvoir de la guérir par la foi, nous comprenons quelle joie cela provoquerait. Mais c’est pourtant un bien terrestre. Car si ta femme avait été guérie sans avoir la victoire sur la vanité, la susceptibilité et la colère, il n’y aurait quand même pas le royaume des cieux dans ton foyer. Beaucoup de ménages peuvent en témoigner.
Mais la route nouvelle et vivante que Jésus a inaugurée passe au travers du voile, c’est-à-dire de sa chair – la chair de David. Hé. 10, 19-20. Sur ce chemin, le péché dans la chair est tué, et la nature divine apparaît à sa place. 2 Pi. 1, 4. Le royaume des cieux entre alors dans le foyer, même s’il devait y avoir la maladie. Et si tu es malade lorsque Jésus reviendra, tu ne seras pas laissé de côté pour autant. Mais si tu es guéri et si tu vis quand même dans la susceptibilité ou dans la vanité, tu peux être assuré que tu ne seras pas pris.
Par cela, nous pouvons voir que le mystère de l’iniquité essaie par tous les moyens d’éloigner les hommes de ce qui est important, c’est-à-dire de la sanctification – la nouvelle alliance dans le sang de Christ – et de les diriger vers des choses secondaires.
On guérissait les malades et on chassait les démons bien avant la Pentecôte ; mais notre nature charnelle – humaine – ne pouvait pas être transformée en une nature spirituelle – divine –, avant que l’Esprit ait été répandu. Cela n’est devenu possible qu’après la Pentecôte.
Avant la Pentecôte, il y avait déjà une telle puissance dans le nom de Jésus que celui qui croyait pouvait chasser des démons au nom de Jésus, même s’il ne le suivait pas. Mc. 9, 38. C’est encore plus vrai depuis que Jésus a été glorifié. Et il y aura plusieurs de ces croyants en ce jour-là qui diront : « Seigneur, Seigneur, n’avons-nous pas prophétisé par ton nom ? n’avons-nous pas chassé des démons par ton nom ? et n’avons-nous pas fait beaucoup de miracles par ton nom ? Alors je leur dirai ouvertement : Je ne vous ai jamais connus, retirez-vous de moi, vous qui commettez l’iniquité. » Mt. 7, 22-23. Ces personnes n’ont pas suivi Jésus sur le chemin étroit qui mène à la vie, c’est pourquoi il ne les connait pas en tant que frères. Ils avaient la foi dans le nom de Jésus, et ils s’intéressaient aux signes et aux miracles, qui étaient destinés à confirmer l’Évangile ; mais ils ne voulaient pas entendre parler de l’Évangile même, la nouvelle alliance.
Lorsqu’il est question de faire la volonté de Dieu, les prédicateurs de la prostituée crient : « Oui, mais nous ne pouvons rien faire par nos propres forces ! » Mais les mêmes prédicateurs n’ont pas peur de leurs propres forces quand ils font tout ce qu’ils peuvent pour créer de l’ambiance dans le local, pour faire entrer de l’argent dans la caisse et pour faire des signes et des miracles.
Puisse Dieu dans sa grâce dévoiler toute cette hypocrisie, pour que les âmes sincères puissent être sauvées avant qu’il ne soit trop tard !
