Christ serait-il un ministre du péché ?

« Mais, tandis que nous cherchons à être justifiés par Christ, si nous étions aussi nous-mêmes trouvés pécheurs, Christ serait-il un ministre du péché ? » Ga. 2, 17.

On pourrait le croire, puisqu’il justifie l’impie. Nous pouvons dire que Jésus couvre* celui qui a rompu la loi pour que la malédiction ne l’atteigne pas. Ga. 3, 10-13.

Si par exemple les autorités recherchaient un criminel, et que moi, je le prenais sous ma protection tout en le laissant continuer à transgresser la loi, je serais un ministre du péché. C’est exactement de cette façon que l’on prêche Christ. La prostituée fait de lui un ministre du péché. Ils bénissent Jésus qui les couvre, mais ils continuent à pécher, et ils disent : « l’œuvre de Golgotha suffit », « sous le sang », « viens au pied de la croix », « nous sommes sous la grâce », etc. Ils disent en d’autres termes : « la couverture tient bien ! » « Nous sommes encore des pécheurs, mais Jésus est notre justice. »

Loin de là ! dit Paul. Christ n’est pas un ministre du péché. Si le criminel se réfugiait chez moi et que j’établissais une alliance avec lui, aux termes de laquelle j’accepterais de le couvrir à condition qu’il m’obéisse en toutes choses, charge à moi de m’occuper du reste, alors la situation serait tout autre. En le couvrant, je l’aiderais à réparer le mal qu’il a fait auparavant, et à commencer une nouvelle vie. Dans ces conditions, je ne serais pas un ministre du péché, bien au contraire ! Si je ne l’avais pas protégé et couvert, le jugement l’aurait atteint et il aurait dû mourir. Personne n’y aurait rien gagné, contrairement au résultat obtenu maintenant. S’il n’y avait eu personne pour l’aider à commencer une vie nouvelle, il aurait été glorieux qu’une telle personne soit éliminée. Mais si le ministère de la condamnation a été glorieux, combien le ministère de la justice est-il supérieur en gloire ! 2 Co. 3, 6-10.

Avant Christ, personne ne pouvait nous couvrir. Mais maintenant, il nous a rachetés de la malédiction de la loi, et souviens-toi : il n’est pas ministre du péché. Lorsqu’il te prend sous sa protection, il établit une alliance avec toi. Tu dois consentir à lui obéir en tout. Alors la grâce en Jésus-Christ te couvrira ; bien plus, elle t’enseignera aussi à vivre une vie toute nouvelle. Tite 2, 11-15.

Il ne te sauve pas à cause de tes bonnes œuvres ; non, tu es un criminel, et le salut est un don. « Car nous sommes son ouvrage, ayant été créés en Jésus-Christ pour de bonnes œuvres. » Ép. 2, 8-10. C’est lui qui doit avoir l’honneur pour cette œuvre, lui qui nous a pris sous sa protection. Les choses anciennes sont passées, et toutes choses sont devenues nouvelles. 2 Co. 5, 17.

Peux-tu maintenant faire la différence entre la prédication de la prostituée, qui fait de Jésus un ministre du péché, et celle des apôtres, pour qui Jésus est ministre de la justice ? La prostituée est surtout occupée à conserver la couverture, tandis que les apôtres s’occupent surtout de l’obéissance envers celui qui nous couvre. Et si nous obéissons, il n’y a pas de souci à se faire pour la couverture.

« Car si je rebâtis les choses que j’ai détruites, je me constitue moi-même un transgresseur. » Ga. 2, 18-20.

Paul a détruit la loi en tant que moyen d’obtenir la justification. Par sa malédiction, elle ne pouvait que me conduire à Christ. Les Galates en avaient fait l’expérience et ils se réjouissaient de la justification en Jésus-Christ. Cependant, quelques-uns ont voulu les remettre sous la loi. Ils croyaient que la loi était nécessaire pour obtenir une amélioration dans la vie.

La prostituée agit exactement de la même manière avec les hommes dans les différents partis religieux. On y annonce que l’on peut venir tel qu’on est, et être sauvé purement par grâce. Mais on comprend également qu’on ne peut pas vivre tout à fait comme auparavant, car autrement la couverture ne tiendrait plus aux yeux des hommes, même si l’on croit que Jésus nous couvre devant Dieu. C’est pourquoi on met les nouveaux convertis sous la loi, en leur donnant différents commandements : il ne faut pas boire, ni danser, ni jouer aux cartes, ni voler, ni jurer, etc. etc. Ces règles et ces commandements diffèrent d’un parti à l’autre. I1 y a souvent de grandes discussions pour savoir si c’est un péché de fumer, d’aller au cinéma, d’avoir les cheveux courts, de regarder la télévision, d’écouter la radio, etc. etc. Mais par contre, on ne parle pas beaucoup de la colère, de l’offense, de la vanité, de la cupidité, de l’acception de personnes, etc., etc. Non, on se demande simplement ce que l’on peut faire ou ne pas faire pour être considéré comme chrétien – pour ne pas perdre sa couverture. On pense alors surtout au jugement des hommes. Car devant Dieu, c’est Jésus notre justice, là on est « sous le sang, avec le passé, comme avec le présent », et d’autre part il y a « l’œuvre de Golgotha » ; on n’a donc rien à craindre !

Quelle est la chose que ne comprenaient pas ceux qui voulaient remettre les Galates sous la loi, et que ne comprend pas la chrétienté de nos jours ? C’est la mort de Christ que nous devons porter dans notre corps. Ils invitent simplement à venir au pied de la croix, mais Paul dit : « J’ai été crucifié avec Christ [...] ce n’est plus moi qui vis. »

« En devenant conforme à lui dans sa mort. » Ph. 3, 10. La mort de Christ est, comme nous l’avons déjà vu, la mort qui frappe le péché dans la chair. Que deviennent alors le tabac, la vanité, la susceptibilité, la colère, le fait de se conformer au siècle présent, de vouloir être grand, plus grand, le plus grand ? Si je meurs, qu’advient-il de toutes ces discussions sur ce qui est péché ou ce qui n’est pas péché ? C’est fini ! car les choses anciennes disparaissent, et une vie nouvelle commence. « En effet, si nous sommes devenus une même plante avec lui par la conformité à sa mort, nous le serons aussi par la conformité à sa résurrection. » Ro. 6, 5.

« Ainsi vous-mêmes, regardez-vous comme morts au péché, et comme vivants pour Dieu, en Jésus-Christ. » Ro. 6, 11.

Maintenant nous comprenons que ces termes non-bibliques ne sont pas si inoffensifs que cela. Ils font de Christ un ministre du péché, et ils ont pour résultat qu’on ne peut jamais être affranchi de la loi. C’est parce que tu n’es pas mort avec Christ que tu dois encore être enfermé dans ces commandements et ces règles : « Ne prends pas ! Ne goûte pas ! Ne touche pas ! » Col. 2, 20-21.