Termes non bibliques

La prostituée est le terme biblique qui désigne l’iniquité (l’absence de lois), par opposition à l’épouse. On emploie beaucoup de termes qui ne sont pas du tout bibliques ; mais comme la prostituée a réussi à les faire passer pour très bibliques dans l’esprit des gens, ils poussent les hauts cris quand quelqu’un y touche, comme les orfèvres l’ont fait autrefois à Éphèse. Ac. 19, 28.

Il y a surtout trois termes que la prostituée a réussi à faire admettre comme bibliques. Grâce à eux, elle ensorcelle les hommes. Ces termes sont : « Au pied de la croix », « sous le sang », et « l’œuvre de Golgotha ». Où trouve-t-on que les apôtres emploient ces expressions dans leurs prédications ? Elles ont l’air justes et inoffensives, mais du fait qu’elles ne sont pas bibliques, tu peux être sûr que l’iniquité se cache en elles. C’est en effet le cas, et ce, dans une mesure effrayante. Si nous pouvions, dans ce domaine, mettre la lumière sur le chandelier pour qu’il éclaire tous ceux qui sont dans la maison, alors la prostituée – le mystère de l’iniquité – serait ébranlée dans ses fondements.

La prostituée chante et prêche de venir au pied de la croix où l’on reçoit tout le salut, et elle annonce avec insistance qu’il est mort pour nous, pour que nous ne mourions point. Arrives-tu à discerner dans toutes ces belles paroles le ton et l’esprit du mystère de l’iniquité ? Vois-tu comment l’alliance dans le sang de Jésus est effacée ?

Écoute maintenant la prédication apostolique : « Lui qui a porté lui-même nos péchés en son corps sur le bois, afin que morts aux péchés nous vivions pour la justice ; lui par les meurtrissures duquel vous avez été guéris. » 1 Pi. 2, 24.

« Je suis crucifié avec Christ ; et si je vis, ce n’est plus moi qui vis, c’est Christ qui vit en moi. » Ga. 2, 20.

« Ceux qui sont à Jésus-Christ ont crucifié la chair avec ses passions et ses désirs. » Ga. 5, 24.

« Pour ce qui me concerne, loin de moi la pensée de me glorifier d’autre chose que de la croix de notre Seigneur Jésus-Christ, par qui le monde est crucifié pour moi, comme je le suis pour le monde. » Ga. 6, 14.

Peux-tu entendre que la nouvelle alliance apparaît dans la prédication apostolique ? Est-ce que tu peux t’en réjouir, ou bien cela te fâche-t-il ? Écoute encore cette prédication apostolique, et avec quelle clarté les apôtres font ressortir la nouvelle alliance. Le terme « au pied de la croix » n’existe pas chez eux :

« Cette parole est certaine : Si nous sommes morts avec lui, nous vivrons aussi avec lui. Si nous persévérons, nous régnerons aussi avec lui ; si nous le renions, Lui aussi nous reniera ; si nous sommes infidèles, il demeure fidèle, car il ne peut se renier lui-même. » 2 Ti. 2, 11-13.

Mais la prostituée sait ce qu’elle doit faire de paroles aussi claires, de façon à faire disparaître la nouvelle alliance. Heureusement, dit-elle, il reste fidèle même si nous sommes infidèles. Avec ces quelques paroles elle a ensorcelé les hommes de sorte qu’ils croient pouvoir vivre avec lui, sans toutefois mourir avec lui, et qu’il ne les reniera pas, même si eux le renient, puisque seule la grâce en Jésus-Christ compte. Est-ce que tu peux reconnaître cette voix ?

Non ! si, de notre côté, nous sommes infidèles et le renions, il n’est pas infidèle, lui, pour nous approuver. Non, il est quant à lui fidèle dans l’alliance, et nous sentons bien qu’il nous renie. Compare avec les paroles de Jésus en Mc. 8, 38.

Comme nous voyons que Dieu est resté fidèle dans sa première alliance envers le peuple d’Israël, et qu’il a fait venir la malédiction sur eux, de même nous avons vu précédemment que l’apôtre nous fait remarquer que Dieu le fera d’autant plus dans la nouvelle alliance.

Il y a ensuite l’expression « sous le sang ». J’ai entendu au moins deux « pasteurs » expliquer ce qu’on entend là de la manière suivante : « Si une pierre qui se trouve dans une rivière était un peu salie, le courant d’eau la nettoie immédiatement, la pierre reste ainsi toujours propre. » La saleté ne vient-elle pas avec l’eau ? Est-ce qu’il y a de la saleté dans le sang de Christ ? Cependant ce n’était qu’une image, mais écoute combien elle est en contradiction flagrante avec les paroles de Pierre :

« Et si vous invoquez comme Père celui qui juge selon l’œuvre de chacun, sans acception de personnes, conduisez-vous avec crainte pendant le temps de votre pèlerinage, sachant que ce n’est pas par des choses périssables, par de l’argent ou de l’or, que vous avez été rachetés de la vaine manière de vivre que vous aviez héritée de vos pères, mais par le sang précieux de Christ, comme d’un agneau sans défaut et sans tache. » 1 Pi. 1, 17-19.

Le sang de Jésus, le fils de Dieu, nous purifie de tout péché à condition que nous marchions dans la lumière. 1 Jn. 1, 7. On ne peut pas se tenir sous le sang comme sous une chute d’eau. Le peuple d’Israël ne pouvait pas rester en Égypte et se fier au sang, après l’avoir mis sur les poteaux et le linteau des portes ; non, il fallait qu’ils sortent en hâte. Ex. 12, 7-14. Mais seuls deux de ceux qui avaient plus de vingt ans sont entrés dans le pays promis.

On entend souvent dire : « l’œuvre de Golgotha suffit ». La plupart pensent que Jésus a accompli son œuvre uniquement à Golgotha. Mais est-ce qu’il ne faisait pas une œuvre à Nazareth ? Peut-être devrions-nous l’appeler l’œuvre de Nazareth ? Oui, mais c’est pourtant bien à Golgotha qu’il est mort pour nous, répondras-tu. Certes, mais les brigands sont morts aussi au même endroit. La mort de Jésus à Golgotha n’aurait été d’aucune aide pour nous, s’il n’avait pas veillé, prié et accompli la volonté du Père pendant toute sa vie. Jésus a inauguré une route nouvelle et vivante. Il a appris l’obéissance, et a été élevé à la perfection. Derrière lui, il a laissé des traces pour que nous les suivions. Il a été tenté comme nous, mais il n’a pas commis de péché. À Golgotha, il a achevé son œuvre ; c’est là qu’il a été offert en sacrifice comme un agneau sans tache.

Est-ce que c’est mal d’appeler cela l’œuvre de Golgotha ? demanderas-tu. – Prends seulement garde à ne pas te laisser entraîner dans l’iniquité. Le plus sûr ne serait-il pas de s’en tenir aux termes apostoliques ?

Où que tu puisses être, tu entends presque toujours parler de la mort de Christ à Golgotha, et tu dois presque attendre un matin de Pâques pour entendre parler de la résurrection de Jésus. Et pourtant, c’est par la résurrection de Christ que nous sommes régénérés pour une espérance vivante. 1 Pi. 1, 3. Qu’aurait été sa mort sans sa résurrection ? Nous serions encore dans nos péchés. 1 Co. 15, 17. C’est pourquoi nous voyons que dans leur prédication, les apôtres soulignent surtout la résurrection de Jésus, et ne mentionnent la mort de Jésus que de temps en temps – exactement à l’inverse des prédications qu’on entend de nos jours.

Cette déviation dans la prédication est aussi un fruit du mystère de l’iniquité. Nous avons lu dans l’épître de Jude qu’ils ne veulent pas avoir notre seul maître et Seigneur, Jésus-Christ. Voilà la cause ! On veut avoir Jésus comme Sauveur, mais pas comme Maître. Mais ne te laisse pas séduire ! Si tu ne veux pas avoir Jésus comme Maître, tu ne l’auras pas non plus comme Sauveur, même si tu te réfères beaucoup à « l’œuvre de Golgotha ».

« Comme vous avez reçu le Seigneur Jésus-Christ, marchez en lui. » Col. 2, 6.

Il ne peut sauver que ceux qui lui obéissent. Hé. 5, 9.