Le mystère de l’iniquité
« Car le mystère de l’iniquité1 agit déjà ; il faut seulement que celui qui le retient encore ait disparu. » 2 Th. 2, 7.
En quoi consiste le mystère des progrès et de la victoire de l’iniquité, qui fait que l’homme de péché, l’impie, peut se manifester et exercer son pouvoir sur tous les peuples ? Il consiste précisément dans le fait que l’on escamote la nouvelle alliance dans le sang de Jésus. Ce mystère agissait déjà du temps de l’apôtre Paul, et il a continué à travailler, sans relâche, au fil des années. Il n’a jamais été aussi actif que de nos jours, et bientôt les hommes seront mûrs pour accepter l’homme de péché.
Chacun peut s’éprouver lui-même pour voir à quel point il est souillé par l’iniquité. Lorsque tu as lu : « Car ceci est mon sang, le sang de la nouvelle alliance, qui est répandu pour plusieurs, pour la rémission des péchés », est-ce que tu as vu qu’il s’agit d’une alliance qui engage deux parties ? Est-ce que tu n’as pas lu de la manière suivante : « ceci est mon sang qui est répandu pour plusieurs, pour la rémission des péchés » ? Si c’est le cas, c’est le mystère de l’iniquité qui t’a influencé, si bien que tu ne t’es pas rendu compte qu’il est question d’une alliance. Ce n’est que lorsque la corruption sort du lieu saint qu’elle est revêtue d’une grande puissance, et cela entraîne la ruine du peuple tout entier. C’est pourquoi le prophète devait tourner sa face contre Jérusalem et prêcher contre les lieux saints et prophétiser contre le pays d’Israël. Éz. 21, 2. Quand Dieu devait punir, il commençait par le lieu saint et par les anciens. Car c’étaient eux qui étaient responsables à l’égard de la génération montante. Éz. 9, 4-10. Mais il mettait un signe sur ceux qui étaient affligés à cause de l’iniquité, et les épargnait.
« Bien-aimés, comme je désirais vivement vous écrire au sujet de notre salut commun, je me suis senti obligé de le faire afin de vous exhorter à combattre pour la foi qui a été transmise aux saints une fois pour toutes. Car il s’est glissé parmi vous certains hommes, dont la condamnation est écrite depuis longtemps, des impies, qui changent la grâce de notre Dieu en dissolution, et qui renient notre seul maître et Seigneur Jésus-Christ. » Jude 3-4.
Nous voyons ici comment et par où le mystère de l’iniquité a commencé. Certains hommes se glissaient dans les assemblées apostoliques et y commençaient leur travail destructif. Lorsque nous lisons les lettres aux sept églises, nous voyons que la corruption était déjà devenue grande du temps des apôtres. Où en sommes-nous aujourd’hui ?
Écoute combien leur travail était insidieux et séducteur : « des impies, qui changent la grâce de notre Dieu en dissolution ». Par et en son fils Jésus-Christ, Dieu nous a donné une grâce inexprimablement grande. Ces prédicateurs impies se sont donc mis à prêcher cette grande grâce, mais ils ont tout simplement passé sous silence la condition qui permet de la recevoir, c’est-à-dire le fait qu’il faut se convertir. Ils ont parlé avec ferveur de l’amour de Jésus envers le monde perdu, et de sa mort pour les pécheurs. Maintenant, les plus grands pécheurs pouvaient donc venir tels qu’ils étaient et obtenir le salut sans les œuvres. Tout cela était vrai, et ils exaltaient Dieu et le Seigneur Jésus, mais il n’y avait pas beaucoup de gens qui remarquaient ce qu’ils passaient sous silence.
L’apôtre appelle de tels prédicateurs « des impies ». Ceux qui ont des péchés sur leur conscience s’y entendent très bien pour expliquer ce verset : « là où le péché a abondé, la grâce a surabondé ». Mais Paul s’oppose fortement à l’iniquité et il dit : « Demeurerions-nous dans le péché pour que la grâce abonde ? Loin de là ! » Mais ces impies revenaient alors à la charge et prêchaient combien il est grand que Jésus ait accompli la loi à notre place en nous rachetant de la malédiction de la loi, si bien que nous ne sommes plus sous la loi, mais sous la grâce. Les conditions, ils les passaient simplement sous silence ; mais Paul comprenait ce qui se passait, et c’est pour cela qu’il écrit : « Quoi donc ? Pécherions-nous, parce que nous sommes, non sous la loi, mais sous la grâce ? Loin de là ! » Ro. 6, 1-2 et 15. Et ensuite il explique la nouvelle alliance.
Paul pouvait bien voir quelle direction tout cela allait prendre, et il leur faisait remarquer qu’après son départ, il s’introduirait parmi eux des loups cruels qui enseigneraient des choses pernicieuses, pour entraîner les disciples après eux. Ac. 20, 29-31. As-tu des oreilles pour entendre ? Est-ce que tu peux reconnaître ces prédicateurs d’iniquité qui parlent si magnifiquement des promesses de Dieu, de la grâce et du sang, mais qui passent sous silence les conditions ? Où sont ceux qui sont supposés résister ?
Ceux qui se glissaient dans les assemblées du temps des apôtres ont transformé celles-ci en de grands partis, reconnus et autorisés, et « organisés selon le modèle biblique ». Ils les ont si bien organisés que ceux qui résistent ne peuvent même plus dire un mot. Du temps des apôtres, on n’était pas inscrit avec de l’encre, et l’on n’avait pas besoin de présenter sa carte de membre. Mais Satan a su mettre sur pied toute une organisation.
Tout ceci est en accord avec ces paroles de Jésus : « si donc la lumière qui est en toi est ténèbres, combien seront grandes ces ténèbres ! »
