Le fondement
Vous avez été édifiés sur le fondement des apôtres et des prophètes, Jésus-Christ lui-même étant la pierre angulaire. En lui tout l’édifice, bien coordonné, s’élève pour être un temple saint dans le Seigneur. En lui vous êtes aussi édifiés pour être une habitation de Dieu en Esprit. V. 20-22.
Les bâtisseurs juifs ont rejeté celui que Dieu avait placé comme pierre angulaire de l’édifice. Les prophètes ont témoigné d’avance – et les apôtres ont témoigné après coup – de la venue sur terre de cette pierre angulaire. Mais les bâtisseurs religieux de l’époque n’ont pas compris que ce Jésus de Nazareth, ce pauvre fils de charpentier, méritait qu’on s’intéresse à lui – encore moins qu’il était digne d’être placé comme la pierre angulaire principale dans les plans de Dieu. Non ! ils ne se faisaient pas une idée aussi piètre d’un Dieu tellement grand et tout-puissant. S’il pouvait être un homme, il fallait en tout cas qu’il vienne d’une « bonne » famille. Il fallait le trouver parmi les savants, ceux qui avaient étudié les Écritures, parmi les gens réputés, pour qu’on le trouve attrayant. Ils ne pouvaient pas s’imaginer que Dieu ferait une manœuvre aussi étrange pour les idées humaines de ces hommes intelligents.
Et pourtant, notre Seigneur Jésus-Christ est établi comme la pierre angulaire principale de l’édifice de Dieu, et les prophètes et apôtres qui le révèlent et qui rendent témoignage de lui, en paroles et par écrit, ont l’honneur d’être des pierres du même fondement, dont leur Maître est la pierre angulaire principale.
Nous ne pouvons jamais devenir le fondement, mais nous pouvons bâtir dessus. Le fondement nous porte, ce n’est pas nous qui le portons. De même que c’est Dieu qui a pris les décisions lorsque le fondement a été posé, c’est encore lui qui prend les décisions lorsque l’édifice est assemblé sur le fondement. Il va chercher des matériaux pour ce temple très étonnant parmi les peuples les plus divers, à travers tous les âges.
Une maison est fermement établie lorsqu’on creuse profondément, pour poser le fondement sur le roc. Mais si le roc s’effondre, c’en est fini de la maison. La maison que Dieu bâtit est une maison spirituelle, assemblée par la parole de Dieu. Elle restera debout quand les éléments s’embraseront ; elle restera même debout quand le premier ciel et la première terre disparaîtront, et que la mer ne sera plus. Ap. 21, 1.
Il est bon de placer tout son intérêt et toutes ses actions dans cette maison, et de faire soi-même partie intégrante de la maison.
Personne ne peut poser un autre fondement. Tout ce qu’on bâtit en dehors de ce fondement sera consumé par le feu.
Au fur et à mesure que chacun des saints croît, le temple tout entier croît aussi. Nous sommes coordonnés et édifiés ensemble, avec les autres, pour former une habitation de Dieu en Esprit.
On entend souvent telle ou telle personne dire qu’elle peut rester seule – surtout quand elle a été vexée pour une raison ou une autre. Dieu, en revanche, dit que nous devons être édifiés avec les autres. Il ne peut pas employer de pierres qui ne se laissent pas assembler avec les autres pierres. Si le fondement ne peut pas rester seul, mais qu’il doit porter tout ce qui est bâti dessus, nous ne pouvons pas non plus rester seuls. Nous avons besoin du soutien des autres, et ils ont besoin du nôtre.
C’est de lui, et grâce à tous les liens de son assistance, que tout le corps, bien coordonné et formant un solide assemblage, tire son accroissement selon la force qui convient à chacune de ses parties, et s’édifie lui-même dans la charité. Ép. 4, 16.
Nous ne pouvons pas avoir part à la croissance du corps tout seuls, pas plus qu’une main ou un pied ne peut croître tout seul, séparé du corps. Il n’y a pas d’autonomie individuelle dans le corps ; cela n’existe que dans l’imagination charnelle. Dans le corps, chaque membre est employé au service des autres membres, et plus il sert les autres, plus il est nécessaire et indispensable. Celui qui veut être le plus grand n’aspire pas à être seul, mais à servir les autres membres du corps le plus possible.
Qui a eu de meilleures raisons de rester seul que Christ ? Il faisait le plaisir de son Père, avant la création du monde. Mais il ne voulait pas rester seul, il prenait plaisir dans les enfants des hommes.
Moïse lui aussi n’avait-il pas la possibilité de rester seul, comme le fils de la fille de Pharaon ? Mais il a préféré être maltraité avec le peuple de Dieu.
Joseph n’avait-il pas lui aussi toutes les raisons de rester seul avec toute sa gloire égyptienne, après le traitement que lui avaient infligé ses frères ? Mais il n’est pas resté seul ! Il avait un entendement plus noble. Il est devenu une source de salut pour toute sa famille. Ne pense jamais à rester seul ! Si tu es offensé, vaincs la susceptibilité avec la force de Dieu, car c’est une gloire pour tous les hommes pieux d’oublier les offenses. Pr. 19, 11.
Il y a cependant un cas dans lequel tu dois rester seul : quand tu dois dire adieu à tous tes amis et à tous ceux qui te sont chers dans le camp, pour aller à lui, hors du camp, en portant son opprobre. Mais une fois que tu es arrivé là, en dehors du camp, tu ne resteras jamais seul avec Jésus, car même lui n’est pas seul. Il marche au milieu des sept chandeliers d’or, qui sont les sept Églises.
Le meilleur pour nous, c’est d’être avec Jésus-Christ et les uns avec les autres. Si tu viens à Jésus seul, parce que tu es vexé à cause de telle ou telle personne, Jésus ne veut pas de toi seul auprès de lui. C’est pourquoi il dit aussi : Va te réconcilier avec ton frère !
Jésus est venu pour nous rendre un en lui, comme le Père et le Fils sont un. Pense à cela quand tu souhaites être seul. Laisse la croix détruire l’inimitié, pour que toi et les autres, vous deveniez un en lui, qui nous aime tous et qui a donné sa vie pour nous.
