Réunion à Oslo, le 26 novembre 1975
Il y a un point qui n’est pas assez bien compris – j’espère que cela s’éclaircira ce soir – c’est que dans le domaine du salut, tout est soumis à des lois. Comme il existe des lois dans la nature, il existe des lois pour la vie spirituelle. Tous sont égaux devant la loi et tous sont traités de la même manière. C’est pourquoi, lorsque nous ne connaissons pas les lois de la vie, nous pouvons par exemple prier à l’aveuglette, nous pouvons demander à Dieu d’agir tout à fait à l’encontre d’une loi de vie qu’il a fixée lui-même.
La loi fondamentale dans le domaine du salut, loi qui est valable du début à la fin, du stade de débutant jusqu’au stade de celui qui est devenu accompli, c’est la loi de l’humilité. Il en est question dans l’une des épîtres de Pierre et dans l’épître de Jacques, et ces deux passages sont absolument identiques. Mais on est désespérément superficiel, on lit très vite, on en retire une impression, mais on n’a pas réellement vu ce qui est écrit. On peut l’avoir lu pendant de nombreuses années et encore ne pas connaître la loi de vie qui dit que « Dieu fait grâce aux humbles ». Mais il est aussi question de l’inverse : « l’orgueilleux », celui qui est fier, sage à ses propres yeux, ou enflé d’orgueil. Dieu résiste à ce genre de personne. Quand on n’est pas humble et qu’on demande grâce, on prie à l’aveuglette. Si on avait une foi vivante en cette loi de vie, on ne crierait pas pour demander à Dieu sa grâce. On obtient de la grâce en s’humiliant. Ce qu’on pourrait à la rigueur demander, ce serait d’obtenir la grâce de s’humilier, mais on n’a pas à passer son temps à supplier Dieu de nous faire grâce parce qu’on est dans la difficulté et qu’on a besoin d’aide. Il se peut que la situation soit tellement grave que Dieu résiste à une personne qui prie de cette manière, et dans ces conditions, elle prie en vain, tout à fait en vain.
Les lois spirituelles sont au moins aussi certaines et immuables que les lois de la nature, cela va de soi, car elles sont encore plus importantes. On ne peut pas semer des pommes de terre et récolter des fraises, même si on le souhaite très ardemment, et qu’on enrichit le sol avec beaucoup de fumier, même s’il pleut très abondamment, et qu’on travaille la terre avec soin pour que la croissance se fasse dans de bonnes conditions, ce n’est pas possible. Il n’est pas possible de recevoir de la grâce quand on n’est pas humble.
Il y a des différences de degrés dans l’humilité et l’orgueil de chacun. Personne ne peut recevoir plus de grâce que celle qui correspond à son degré d’humilité.
La parole la plus forte qui concerne l’humilité nous a été donnée par Jésus. Elle dit ceci : « Celui qui s’abaisse sera élevé », et j’ai l’habitude d’ajouter : « qu’il le veuille ou non ». Dieu est « amoureux » de telles personnes. Et même si elles demandaient de ne pas être élevées, elles le seraient quand même. C’est sûr et certain. Et je pense que chacun est en mesure de comprendre cela, chacun sans exception. Les gens qui s’abaissent eux-mêmes, ceux qui descendent de leur propre gré, ne courent pas les rues.
On ne peut pas le faire si l’on ne se connaît pas soi-même. Je dois donc reconnaître que je suis bien trop haut, et que c’est pour cela que Dieu me résiste ; il va de soi que, dans ces conditions, on s’abaisse soi-même, et qu’on y trouve une délivrance. Quand on fait cela, on est méprisé par tous les gens stupides, et on est estimé par tous ceux qui sont intelligents. Et de toute façon, quelles que soient les réactions des gens stupides ou intelligents, on est élevé. C’est pourquoi c’est de la folie, spirituellement parlant, c’est-à-dire que c’est insensé d’avoir peur de s’abaisser, d’avoir cela en horreur, de penser que c’est la pire des choses qui puisse nous arriver.
S’abaisser soi-même, de sa propre initiative, c’est ce qu’il y a de meilleur, c’est le comportement dont on devrait être épris, on devrait saisir chaque occasion qui s’offre à nous de le faire. C’est la même chose que s’humilier soi-même, de sa propre initiative, et non parce que d’autres personnes estiment qu’on devrait le faire. C’est la seule chose qui soit pour ainsi dire de « première qualité ». Mais Dieu est infiniment bon et miséricordieux, c’est pourquoi il permet parfois aussi que cela réussisse, même si l’on a un comportement de qualité moindre, de « deuxième choix », en quelque sorte. Cette attitude de « deuxième choix » consiste à être abaissé, à être humilié. Dans ces conditions, c’est Dieu qui fait la chose. Cela ne réussit pas toujours, là non plus, mais cette possibilité existe. La condition pour être sauvé lorsqu’on a une attitude de « deuxième choix », c’est qu’on reconnaisse et accepte entièrement l’humiliation ou l’abaissement, non seulement avec la bouche, mais avec le cœur. Si cette condition est remplie, on est également élevé. Écoutez bien et prenez bien note de ce que je dis là, car il s’agit de lois de vie, qui sont les mêmes pour tous les hommes. Il n’y a personne qui puisse échapper à cela. Tous les hommes, absolument tous, sont traités suivant cette loi, même les inconvertis – il y a aussi des différences d’un inconverti à l’autre, il y a des différences d’un pécheur à l’autre. L’histoire nous a fourni plusieurs exemples extrêmement frappants qui illustrent la chose. Hitler, par exemple. Il voulait conquérir le monde entier, il voulait plus « d’espace vital ». Et on a pu avoir l’impression à un moment qu’il était en train d’arriver à ses fins, il a en effet conquis d’immenses territoires, mais cela ne l’a pas empêché de terminer seul dans une cave à Berlin, avec Eva Braun. C’est un exemple qui nous montre que l’orgueil précède la chute. Avant la chute, l’homme s’élève. C’est donc la pire des choses qui soit. Il y a danger de mort, au sens le plus profond et le plus vrai. Dieu fait preuve de miséricorde à l’égard de toutes sortes d’autres choses, peut-on presque dire, mais pas à l’égard de celle-ci. Dieu résiste aux orgueilleux, il est leur adversaire. Que veut-on faire quand on a Dieu pour adversaire ? Celui qui aspire si ardemment à nous sauver et à nous élever, nous transformer et nous glorifier, est l’adversaire de ceux qui s’élèvent.
Il y a sans doute pas mal de personnes, parmi les frères et sœurs aussi, qui pèchent dans la vie quotidienne et qui ne reconnaissent jamais rien, qui ne demandent jamais pardon, qui ne présentent même pas d’excuses – « s’excuser » est un terme beaucoup plus modéré. Ce qui va de soi pour de telles personnes, c’est de se défendre avec tous les moyens dont elles disposent, de se cramponner au moindre « brin de paille » pour se disculper. Tous les arguments sont bons pour elles pour organiser leur défense. Dans ce cas-là, on se coupe de son propre salut, on travaille contre son propre salut. Il n’y a pas d’autre moyen d’être sauvé que de reconnaître la vérité sur soi-même, de s’humilier, de s’abaisser et de reconnaître les choses en se jugeant soi-même, et personne d’autre. Il y a à ce sujet une parole qui est d’un sérieux de mort, c’est 1 Co. 11, 31-32.
Note bien ce passage et intéresse-toi à ce qu’il veut dire ! Car il renferme lui aussi des lois de vie immuables : « Si nous nous jugions nous-mêmes, nous ne serions pas jugés. » C’est facile à comprendre : lorsque je me suis jugé moi-même, la chose est réglée, et si quelqu’un veut alors me juger, il arrive trop tard. Habituellement, on se défend soi-même, au lieu de se juger soi-même, on se trouve des excuses, au lieu de se juger soi-même. « ... mais quand nous sommes jugés, nous sommes châtiés par le Seigneur. » Il y a ensuite quelque chose de très sérieux : « afin que nous ne soyons pas condamnés avec le monde ! » Quel sérieux ! Condamnés avec le monde ! Cela signifie qu’on est mis dans le même sac que les impies ! C’est l’amour divin à son degré le plus élevé : quand on n’est pas humble, quand on n’a pas assez de « jugeote » pour se juger soi-même, Dieu est tellement bon à notre égard, il nous aime à un point tel, qu’il fait en sorte que nous soyons jugés, soit par lui directement, soit par des hommes de Dieu. Et, c’est là la dernière instance.
Dans l’organisation judiciaire, on peut faire appel auprès d’une instance supérieure. On a donc négligé de se juger soi-même, mais Dieu nous aime malgré tout, et il nous donne encore une possibilité en nous jugeant lui-même. Mais la grande question qui se pose alors, c’est de savoir si l’on accepte ce jugement. Si on ne l’accepte pas, on est condamné avec le monde ! Tu peux lire autant que tu veux dans la Parole, il n’est pas écrit autre chose. Et je me permettrai de demander qui a vraiment fait suffisamment attention à la parole de Dieu pour remarquer cela. Cela ne m’étonnerait pas si cela avait échappé à presque tout le monde ! Il n’y a pas de doute que nous avons réellement besoin de crainte de Dieu. C’est la réponse qui s’impose dans toutes sortes de cas, quand quelque chose ne va pas comme il faut : cela vient d’un manque criant de crainte de Dieu. On ne prend pas la parole de Dieu avec un sérieux de mort, alors qu’elle est pourtant réellement d’un sérieux de mort.
Il y a donc ici trois étapes : si nous nous jugions nous-mêmes, nous ne serions pas jugés, bien entendu, le jugement n’a pas de raison d’être dans ce cas ; mais si nous avons négligé cette occasion, Dieu a la bonté de nous juger, pour nous donner une occasion supplémentaire, et si nous ne reconnaissons pas ce jugement-là, nous serons condamnés avec le monde.
Quand elles lisent la Bible, beaucoup de personnes disent : « Je ne comprends pas telle ou telle chose. » C’est tout à fait mal dit. Il faudrait plutôt dire : « Je ne crois pas telle ou telle chose. » On refuse totalement de croire en ce qu’on lit. Il est écrit dans Hé. 11, 6 que « sans la foi, il est impossible d’être agréable à Dieu. » Que devons-nous croire ? Nous ne devons pas croire n’importe quoi ; nous devons croire chaque parole de vie du Nouveau Testament, tout ce que Jésus et les apôtres ont dit.
En d’autres termes, nous ne pouvons pas êtres sauvés de trente-six manières, il y a une seule manière d’être sauvé, c’est de reconnaître la vérité et d’être humble, se juger soi-même et s’abstenir totalement de juger les autres, de critiquer les autres, d’exiger quelque chose des autres, ou de souhaiter ardemment que les autres soient autrement. Tout ceci procède du même esprit, il y a seulement une différence de degré.
C’est diabolique d’avoir des exigences tyranniques, mais attendre quelque chose de quelqu’un avec impatience, c’est se mêler des affaires d’autrui, au lieu de s’occuper de ses propres affaires. Un discret désir de voir les autres changer est aussi une exigence, modérée, certes, mais c’est une exigence tout de même, c’est le même esprit, il y a seulement une différence d’intensité.
Tout ceci est vraiment clair. On ne peut pas dire qu’on ne comprend pas ce qui est écrit. Ce n’est pas possible. Il se peut que quelques passages de la Bible soient difficiles à comprendre, mais on ne peut pas dire que ce soit le cas des passages en question dans les épîtres de Pierre et de Jacques : Dieu résiste aux orgueilleux mais il fait grâce aux humbles. On peut ne pas le croire, et surtout, ne pas vouloir comprendre que c’est une loi de vie qui est valable pour tout un chacun.
Se défendre et se trouver des excuses est donc la folie la plus grande qu’on puisse imaginer, c’est refuser le salut. Nous devons toujours rechercher ce qui est le meilleur, nous devons rechercher ce qui est de première qualité, et c’est de se juger, s’humilier et s’abaisser soi-même, par conséquent de sa propre initiative. C’est donc cela qui est le plus grand, le plus glorieux, le plus profitable et le plus efficace, dans chaque circonstance, à chaque moment de la vie.
J’espère profondément que, ce soir, les uns et les autres comprendront mieux les lois de la vie ; même si beaucoup ont déjà eu une certaine compréhension de ces choses, ce n’est pas le cas chez tous, il s’en faut même de beaucoup ! En tout cas, j’espère que la compréhension que chacun a de ces choses augmentera énormément !
On peut exprimer cela de la façon suivante : tout tourne autour de ces choses. Dieu traite tous les hommes de la même manière, conformément à ces lois de vie parfaites. Si l’on n’a rien à reconnaître, on ne peut être sauvé de rien. Et il va de soi – cette remarque est presque superflue – qu’il est impossible de trop s’humilier, mais on constate tous les jours qu’il est très fréquent qu’on s’humilie trop peu. Personne ne s’est jamais trop humilié.
Nous avons eu parmi nous plusieurs frères – certains d’entre eux sont d’ailleurs encore en vie –, qui sont dans de telles ténèbres que le fait de s’humilier à fond et entièrement est la pire des choses qu’ils puissent imaginer. Ils préfèrent être en dehors de l’Assemblée et aller à la perdition, plutôt que de s’humilier. Il n’y a pas de ténèbres plus profondes ni plus épaisses. J’ai expliqué plusieurs fois clairement à quelques-uns de ces frères qu’ils peuvent devenir parfaitement heureux, quoi qu’ils aient fait de mal, mais que le seul moyen d’y parvenir, c’est de s’humilier à un degré tel que Dieu puisse l’accepter. C’est Dieu qui décide, c’est lui qui fait grâce ou qui refuse sa grâce, personne d’autre ne peut le faire à sa place. C’est lui seul qui peut faire grâce et qui peut retirer sa grâce. Et cela, il le fait selon les paroles que nous avons citées. Dans le pire des cas, on risque d’avoir Dieu pour adversaire, et dans ce cas-là, auprès de qui pourrait-on trouver de l’aide ?
Aie la bonté de prendre ces choses à cœur de toutes tes forces. Lis ces versets, relis-les sans te lasser, pour qu’ils s’inscrivent au plus profond de ton cœur et qu’ils y restent pour tout le reste de ta vie. Tu auras alors trouvé une aide pleine et entière pour toi-même, et tu pourras aider d’autres personnes, des personnes qui accepteront de se faire aider.
Je souhaite que cela réussisse pour chacun ! Nous devons d’abord chercher notre propre salut, puis celui des autres.
Je répète encore qu’en fin de compte, tout bien considéré, tout tourne autour de cela. Pour le reste, nous pouvons nous démener autant que nous voulons, en dehors de cela, tout est inutile.
Je souhaite que cela réussisse pour chacun ! Je souhaite à chacun un avenir magnifique et glorieux, un salut profond et radical ! Et Dieu seul peut donner la grâce nécessaire. Et il accorde volontiers cette grâce, très volontiers. C’est ce qu’il désire le plus ardemment pour chacun.
