Réunion à Oslo, le 19 novembre 1975
Je veux louer Dieu de ce que nous avons la concordance. C’est très enrichissant de l’employer, car elle regroupe les versets par thèmes. On se prive d’un grand moyen d’édification si on ne l’utilise pas avec application.
J’ai à cœur un sujet très riche, il s’agira seulement pour vous d’être réceptifs à ce que je dirai. Nous lisons tous la même chose dans la Bible, nous entendons tous la même chose, et pourtant le résultat n’est pas le même. Il y a de grandes différences dans le degré de réceptivité des uns et des autres. Certains sont très réceptifs, tandis que d’autres sont presque « imperméables » à ce qui est dit. Ajoutons à cela une vérité qui est très instructive. C’est que tout péché, tout manquement, et par conséquent tout manque de vraie lumière, a une seule et même origine : c’est qu’on ne prend pas au sérieux les différentes paroles de vie, on ne les prend pas exactement telles qu’elles sont écrites, on ne les croit pas de tout son cœur, on ne les aime pas au point d’y rester attaché de tout son cœur, on ne les aime pas au point d’y rester attaché pour tout le reste de sa vie. C’est toujours là que réside l’erreur, c’est là la cause profonde de tout le mal qui se fait. Nous avons en effet des paroles de Dieu qui s’appliquent à toutes sortes de choses et de circonstances, et par lesquelles Dieu nous a fait connaître nettement et clairement quelle est sa volonté.
Vous allez maintenant entendre un exemple de ce que la concordance peut produire. Je l’ai ouverte au mot « tribulation » et j’ai trouvé de nombreux passages, les uns plus forts que les autres. Et puis je me suis reporté au mot « épreuve », et j’ai également trouvé un grand nombre de passages, les uns plus forts que les autres. Et ces deux mots recouvrent l’un des domaines les plus importants qui soient. Les tentations se présentent à la faveur des circonstances de la vie. Les épreuves et les tribulations nous montrent si nous sommes réceptifs, et elles indiquent à chaque fois avec une extrême précision quel est notre état spirituel. Il n’y a rien qui soit plus utile que cela, car cela nous montre la mesure d’aide que nous avons reçue de la part de Dieu. Je peux m’en rendre compte en observant la manière dont je prends la situation et comment je réagis. Ou bien je traverse victorieusement l’épreuve, ou bien je ne la supporte pas. Si je la traverse victorieusement, je suis fortifié et enthousiasmé pour traverser l’épreuve suivante de la même manière. Si je ne la supporte pas, j’ai la preuve que je n’en suis pas aussi loin que ce que je pensais. Cela m’attriste profondément, et je prie Dieu avec ardeur pour pouvoir traverser victorieusement l’épreuve suivante. Combien de telles expériences sont utiles et enrichissantes ! C’est aussi simple que deux et deux font quatre.
Je conseille à chacun de lire tout ce qui est écrit sur les tribulations et les épreuves. Lis lentement, en réfléchissant à ce que tu lis. On ne peut pas faire autrement que de recevoir de la lumière, si on est réceptif et qu’on a faim et soif de salut. On est obligé de comprendre qu’il s’agit de choses magnifiques. Il est écrit par exemple que c’est par beaucoup de tribulations qu’il nous faut entrer dans le royaume de Dieu. Remarquons qu’il est écrit ici : « il nous faut ». Les passages en question regorgent d’expressions fortes comme celles-là.
Vous pouvez aussi consulter la concordance au mot « difficulté ». La concordance que j’utilise habituellement ne renferme pas une seule référence se rapportant à ce mot. Si nos cœurs ne sont pas durs comme de la pierre, cela doit faire une impression énorme sur nous. Il n’est pas question de difficultés dans la Bible ! C’est dans les hommes que résident les difficultés. Parce qu’ils ne croient pas ce que dit la Bible. Mon témoignage personnel est que jamais personne ne m’a entendu parler de mes difficultés. Dieu est riche, et il nous donne toute l’aide dont nous avons besoin. Il n’y a pas de limite à l’aide qu’il tient à notre disposition, c’est ce que j’ai expérimenté ces dernières années, pour ma part. Le mot « difficulté » ne se trouve pas non plus dans le petit livre sur Socrate dont j’ai recommandé la lecture. C’était un mot qui était inconnu pour lui. Et pourtant, il ne connaissait pas un seul verset de la parole de Dieu. Mais il cherchait Dieu en esprit et en vérité, et il l’a pleinement trouvé, sans la parole de Dieu. Combien cela nous donne de raisons de baisser dans notre propre estime ! Les difficultés sont tout simplement quelque chose que nous créons nous mêmes. Chacun se crée ses propres difficultés. Et quand je dis cela, il est bon de se demander ce que cela veut dire. Comme je l’ai dit tout à l’heure, l’Écriture renferme des paroles précises qui parlent de tout ce qui peut arriver dans la vie d’un homme. Elle nous renseigne sur ce qu’est la volonté de Dieu, sur ce qui lui est agréable, sur la manière dont nous devons réagir, et comment nous devons prendre les choses. Les difficultés proviennent de ce qu’on ne réagit pas comme Dieu le veut. On prend les choses de travers, on réagit mal. Personne, rien de ce que font et disent les autres, ou ce qu’ils omettent de faire ou de dire, ne peut être une difficulté pour moi ou pour toi. La difficulté provient uniquement de ce que tu réagis mal. Cela signifie donc que personne ne peut te créer de difficultés ; c’est une erreur monumentale de croire le contraire, ce n’est pas vrai, c’est un mensonge. Personne ne peut te créer de difficulté et te causer du tort. Personne ne peut te gêner !
Ce que les autres font et ce qu’ils ne font pas, c’est leur affaire, cela révèle quelque chose sur eux, mais cela n’a aucun rapport avec toi. Si tu es malheureux, ce n’est pas la faute des autres, c’est toi qui en es la cause, et cela vient de ce que tu ne prends pas la parole de Dieu au mot. Lorsqu’on parle de ses difficultés, qu’on s’en plaint auprès des autres et qu’on pleure, comme c’est souvent le cas, on estime que ce sont les autres qui ont créé les difficultés en question. Mais ce qui se passe en réalité, c’est qu’en faisant cela, on raconte à tous ceux auxquels on expose ses difficultés qu’on réagit mal, qu’on ne vit pas selon la parole de Dieu. Et pourtant, ce n’est pas ce qu’on voulait dire ! Ces remarques sont une aide radicale, pleine et entière, pour en finir pour toujours avec tout ce qui s’appelle difficulté.
Dans Ésaïe – donc à l’époque de l’ancienne alliance – il est écrit : « Dans toute leur tribulation, il n’y avait pas de tribulation ». Si on prend ce passage littéralement, il semble y avoir contradiction, mais cela veut dire qu’au milieu de toutes leurs épreuves, ils n’avaient pas de difficultés, parce qu’ils réagissaient bien et prenaient les choses de la bonne manière. On pourrait se demander s’il est vraiment possible de réagir toujours de la bonne manière, sans exception, de toujours tout prendre comme il faut, sans exception ? Oui, c’est possible, car tout est possible à celui qui croit. Tout est possible à celui qui lit et qui voit exactement ce qui est écrit, qui le croit de tout son cœur, qui l’aime, qui s’y attache fermement pour le reste de sa vie. Il ne s’agit pas ici d’espérer que les choses s’amélioreront un peu au fil des ans, ce genre de réflexions ne mène à rien. Ce sont des paroles vaines. C’est pourquoi il est écrit que si nous nous jugeons nous-mêmes, nous ne serons pas jugés. Le jugement est très répandu. On estime que c’est la faute des autres. Tous les hommes se tiennent ce genre de raisonnements, à longueur de journée, aussi longtemps qu’il y a un souffle de vie en eux. A quelques très rares exceptions près. Il n’y a pas que les gens du monde qui agissent ainsi, les gens qui sont convertis, beaucoup de frères et sœurs, pèchent de cette manière. C’est cela le plus triste dans toute cette affaire.
Il est écrit de l’amour qu’il espère tout, croit tout, excuse tout et supporte tout. Lorsqu’on a des difficultés, on montre donc par là qu’on manque d’amour. Si l’amour espère tout, croit tout, excuse tout et supporte tout, il ne peut y avoir de difficultés. Si on a des difficultés, on révèle sans le vouloir qu’on manque d’amour. Il est écrit que si je n’ai pas l’amour, je ne suis rien. Je n’ai pas d’amour, mais je m’imagine en avoir, et j’exige que les autres en aient pour moi. Je réagis alors tout à fait de travers, et j’ai de nombreuses difficultés.
Ro. 8, 28 confirme à 100 % ce que je suis en train de dire. Nous savons que toutes choses, tout le mal que les autres font, tout le bien qu’ils oublient de faire, concourent au bien de ceux qui aiment Dieu, de ceux qui sont appelés selon son dessein. « Toutes choses », c’est tout ce qui se produit, ce sont toutes les personnes, les bons et les méchants, parmi les frères et sœurs et ailleurs, les ennemis et les adversaires, les injustices et les traitements injustes. C’est tout, absolument tout. Dieu tire les ficelles et fait en sorte que tout cela concourt obligatoirement à notre bien. Tous ceux qui parlent de difficultés ou qui croient en avoir ne croient pas à ce verset. Tout péché et tout manque de lumière provient de ce qu’on n’examine pas exactement ce qui est écrit, et qu’on n’y croit pas comme un petit enfant qui ne sait même pas ce que c’est que le doute. Pas un brin d’inquiétude, ou de mécontentement, quelle vie heureuse, on se sent continuellement parfaitement à son aise ! Que faire quand quelqu’un nous fait du mal ? C’est écrit avec une simplicité enfantine : il faut rendre du bien. C’est par la foi qu’on peut vivre selon la parole de Dieu.
1 Co. 10, 13. Ce sont les épreuves et les tribulations, ce qui nous arrive, le mal que nous rencontrons, qui provoquent les tentations. « Aucune tentation ne vous est survenue qui n’ait été humaine. » Une telle chose n’est donc jamais arrivée. Toutes les choses qui adviennent dans la vie d’un homme, Dieu les a préalablement jugées supportables pour l’homme en question. Lorsqu’on prend les circonstances éprouvantes de la bonne manière, cela se passe très bien. Les plus nombreuses et les plus graves difficultés proviennent de ce qu’on réagit mal dans ses rapports avec les autres. Ne rien attendre, ne rien exiger, ne rien souhaiter ardemment, ne pas souhaiter que les autres soient autrement, même pas un tout petit peu, mais seulement penser à aimer, c’est-à-dire servir et donner. Il importe uniquement de savoir comment je dois réagir et prendre les choses, et ne pas penser le moins du monde à ce que font les autres.
2 Co. 4, 16-18. Habituellement, on trouve que les épreuves sont longues et même insupportables. On reste dans ce pitoyable état aussi longtemps qu’on ne croit pas en la parole de Dieu. « Car nos légères afflictions du moment présent ... » Alléluia ! Elles sont légères, nous dit la Parole. On ne te demande pas ton avis ! Si tu penses autrement que la Parole, c’est parce que tu ne crois pas ce qu’elle dit. Toutes les afflictions sont passagères et légères. Que devons-nous faire, chers amis ? Croire la parole de Dieu. La suivre fidèlement, sans exception. Les hommes ont vite fait de penser qu’ils sont un cas à part, que ce n’est pas valable pour eux. As-tu déjà entendu quelque chose d’aussi insolent ? Lorsque c’est mon tour, il en va autrement... Je fais en quelque sorte exception à la règle ! C’est une pensée impie, c’est horrible d’avoir de telles pensées ! Dans ce cas, on a écouté Satan, au lieu d’écouter la parole de Dieu. Le verset 18 indique quelles sont les conditions : « parce que nous regardons, non point aux choses visibles, mais à celles qui sont invisibles ». Voilà donc l’explication ! On ne remplit pas les conditions, on est tellement occupé par les choses présentes, par la situation en question. Lorsqu’on se comporte de cette manière et qu’on trouve la vie difficile, on oublie carrément que Dieu est vivant. On n’a pas Dieu devant les yeux, ni l’éternité, ni son propre salut, on se rend aveugle à force de ne regarder que ce qui se passe, ainsi que les autres personnes. C’est impie. On se crée des difficultés à soi-même, en ne se conformant pas à la parole de Dieu, en ne se conformant pas uniquement à la parole, en ne pensant pas uniquement à ce qu’on doit faire soi-même. Même si on essaie de se trouver des excuses, on n’a que des exigences à l’égard des autres. L’exigence vient du diable, mais aimer, servir et donner, cela vient de Dieu. Aimer Dieu, c’est garder ses commandements. Prends ces paroles à cœur, et tu auras un salut et un développement impossibles à décrire. Chacun peut prendre cela à cœur.
Un proverbe dit que « chacun est l’artisan de son propre bonheur », et on pourrait aussi inventer le proverbe inverse : « chacun est l’artisan de son propre malheur ». Les autres n’ont rien à y voir, contrairement à ce qu’on croit si souvent. C’est pourquoi la Parole nous dit : « Ne jugez point ». Je ne pourrai jamais me lasser de cette parole. Je l’ai prise à cœur dans ma jeunesse, et j’y suis resté fidèlement attaché depuis. Et je pense que c’est la raison principale du bonheur immense que j’ai depuis si longtemps. Il n’est pas écrit : « Ne jugez pas trop, ou ne jugez pas trop souvent, ou ne soyez pas trop prompts à juger », mais il est bien écrit : « Ne jugez point. » Et il est écrit que si nous nous jugeons nous-mêmes, nous ne serons pas jugés, mais quand nous sommes jugés, nous sommes châtiés par le Seigneur, afin que nous ne soyons pas condamnés avec le monde. On peut fort bien prendre les choses de telle manière qu’on soit condamné avec le monde, tout en ayant été dans l’assemblée depuis des années. C’est notre manière de réagir qui décide de tout, tout sans aucune exception. Il est possible de réagir à toutes sortes de choses de façon à devenir encore plus heureux que jusque-là, dans tout ce qui arrive, dans tout ce qu’on rencontre. C’est notre manière de réagir qui fait la différence. Je souhaite à chacun un plein succès sur ce chemin de bonheur parfait. Aucune personne, ni aucune circonstance, ne peuvent être incriminées si cela va mal avec moi. C’est impossible, cela n’a jamais été le cas.
Le mot « difficile » ne se trouve pratiquement pas dans la Bible. Le mot « difficulté » est aussi extrêmement rare. Dans certaines versions, on ne le rencontre même pas. Pierre nous a laissé une parole très sérieuse : « Si le juste se sauve avec peine, que deviendront l’impie et le pécheur ? » Si le juste se sauve avec peine... qu’est-ce que cela veut dire après ce que nous venons d’entendre ? Ce qui est difficile pour le juste, c’est de prendre les choses de la bonne manière. Une quantité innombrable d’exemples et d’expériences sont là pour nous le prouver. Ce qui est difficile, c’est de réagir correctement et quand on réagit comme il le faut, il n’y a pas de difficultés. C’est pour cela qu’il n’est pas question de difficultés dans la Parole.
