Réunion à Oslo, le 29 octobre 1975
Dieu travaille énormément dans mon cœur et il me donne plus de lumière que jamais auparavant. J’en suis très heureux et très reconnaissant. Et je veux communiquer cette lumière à chacun en particulier, aussi bien oralement que par écrit.
Pouvez-vous deviner ce que sera notre sujet aujourd’hui ? Je sais d’avance que vous n’y arriverez pas, alors vous pouvez aussi bien abandonner tout de suite. Ce à quoi je pense vient évidemment de la Parole de Dieu, car c’est elle seule qui peut être notre source d’inspiration. Je ne me rappelle pas que quelqu’un en ait déjà parlé. Mais c’est un sujet très important ? Je veux donc d’avance exhorter chacun à faire un effort tout particulier pour reconnaître la vérité de ce qui sera dit et pour recevoir la lumière. J’espère que c’est cela et rien d’autre qui vous intéresse, vous tous qui êtes rassemblés ici.
Il en est question dans les Écritures, dans les deux lettres de Clément, dans la lettre de Barnabas, ainsi que dans la lettre de quelqu’un qui s’appelait Hermas. Je pense malheureusement que, d’une façon générale, on croit qu’on est totalement libre à l’égard du péché que je veux mettre en lumière maintenant. Il me semble que c’est une conviction communément répandue. Mais je crois que ce qui sera dit aujourd’hui amènera plus d’une personne à changer d’avis.
Les lettres de Clément et de Barnabas sont des écrits apocryphes, mais elles ont un point commun qui fait qu’elles méritent d’être lues : c’est qu’elles portent toutes la marque d’une crainte de Dieu très profonde, qu’on rencontre peu souvent. Je veux donc vous conseiller de les lire avec beaucoup d’objectivité et d’attention. Leur contenu est si riche qu’on a besoin de leur consacrer beaucoup de temps si l’on veut vraiment prendre à cœur le message qu’elles renferment. Nous ne travaillons pas assez à notre propre salut. Il y a de grands manquements dans ce domaine. Il est assez courant qu’on travaille plus au salut des autres qu’à son propre salut. C’est en fait une manière de résumer le sujet qui me tient à cœur. On n’a aucun mal à comprendre que les autres devraient changer, mais on a énormément de difficultés à comprendre que l’on doit changer soi-même. Que vous le croyiez ou non, c’est pourtant vrai. Mais j’espère que vous allez le croire maintenant.
Ps. 12, 2. Il en était ainsi à l’époque de David, et c’est encore pire aujourd’hui. V. 3 : « On se dit des faussetés les uns aux autres, on a sur les lèvres des choses flatteuses ». Et puis vient l’expression à laquelle je pense, littéralement : « on parle avec un cœur double ». Le sujet, c’est donc la duplicité, le fait d’avoir un cœur double. Dans ce cas-là, on a deux cœurs, et non un seul, comme le croient la plupart. On croit chercher le salut de tout son cœur, mais c’est rarement vrai. On ne recherche pas seulement le salut, on cherche aussi autre chose.
Nous connaissons la parole qui dit que les yeux de l’Éternel parcourent toute la terre, en haut, en bas, en longueur, en largeur et en profondeur, pour trouver ceux qui ont un cœur entier pour lui. Cette parole ne donne pas l’impression que la terre grouille de personnes entières de cœur. A vrai dire, les promesses de Dieu que nous possédons dans le Nouveau Testament n’appartiennent qu’à ceux qui le cherchent de tout leur cœur, ceux qui cherchent seulement le salut pour leur propre compte. Habituellement, on se mêle des affaires des autres. Malgré la parole de Dieu qui dit que nous ne devons pas souffrir comme meurtrier ou voleur ou malfaiteur ou comme nous ingérant dans les affaires d’autrui, tout le monde l’a fait et beaucoup le font encore. C’est aussi certain que le fait que Dieu vit. L’ingérence dans les affaires d’autrui est classée parmi les pires péchés.
Habituellement, on juge les autres et on se défend soi-même. C’est exactement le contraire de ce qu’on devrait faire. On critique les autres, on se défend et on s’excuse soi-même, et on ferme les yeux sur ce qu’on devrait juger en soi. On rejette alors le salut, et la plupart le font sans le savoir. Ils ont l’esprit enténébré, même s’ils s’imaginent être très éclairés. Ils ne comprennent pas leur vrai état.
V. 4 : « Que l’Éternel extermine toutes les lèvres flatteuses, la langue qui discourt avec arrogance. » C’est le signe auquel on reconnaît de telles personnes.
V. 5. Il est écrit quelque chose de terrible dans le Nouveau Testament : Paul devait envoyer quelqu’un dans une assemblée, mais il n’y avait personne pour partager ses sentiments, pour prendre sincèrement à cœur la situation, à part Timothée. Et que lisons-nous encore ? Il est écrit tout simplement : « Tous cherchent leur propre intérêt. » Pourtant, c’étaient des collaborateurs de Paul. Il faut croire d’ailleurs que ceux dont il est question dans ce passage ne se doutaient de rien. Ils s’imaginaient qu’ils prenaient vraiment soin des âmes. Ils savaient évidemment très bien parler, mais au milieu de tout cela, ils pensaient à eux-mêmes et recherchaient leur propre intérêt. Et ordinairement, plus on est habile pour parler, plus on est admiré. La plupart des gens sont assez bêtes pour se laisser prendre à ce piège. Ce n’est pas difficile à comprendre. Ceux dont il est question ici n’étaient pas de faux docteurs. Non, ils avaient la vraie doctrine, ils la connaissaient sur le bout des doigts, ils en parlaient avec éloquence, mais ils négligeaient de travailler à leur propre salut. Ils considéraient leur ministère comme quelque chose d’extrêmement important. Et c’est facile à comprendre, car ceux qui écoutent pensent de même. D’une certaine manière, c’est d’ailleurs justifié, si ce qu’ils disent est juste.
Que devons-nous faire de cette parole ? Ce n’est pas une faute d’impression. Il existe toute une quantité de traductions dans différentes langues. Tu peux en consulter autant que tu voudras, la même chose est écrite partout : il n’avait personne à envoyer. Cela ne veut pas dire que personne d’autres n’était sincère, mais parmi ses collaborateurs, il ne pouvait envoyer que Timothée. Il est écrit : « Ils cherchent tous leur propre intérêt ». Ils recherchaient leur propre gloire.
Une parole de l’Écclésiastique exprime la chose d’une façon toute particulière. Il y est question d’un homme sage, d’un homme qui parle donc très bien, mais qui n’est d’aucune utilité pour lui-même. C’est en plein « dans le mille ». As-tu déjà entendu quelque chose d’aussi triste ? On peut aider les autres, on fait de grands discours et on est souvent honoré. Mais on ne vit pas comme on le devrait ; on se préoccupe tellement des autres, d’une mauvaise manière, qu’on néglige de travailler à son propre salut.
Mais si on est sincère, on reçoit de la lumière. C’est inévitable. C’est ce que dit Ps. 112, 4 : « La lumière se lève dans les ténèbres pour les hommes droits. » Et il y a ensuite une définition particulière de ce qu’est l’homme droit. « Pour celui qui est miséricordieux, compatissant et juste », c’est-à-dire celui qui est vivement intéressé par son propre salut et qui y travaille beaucoup. La lumière se répand sur le chemin de telles personnes. Elles reçoivent obligatoirement de la lumière. Aussi vrai que Dieu est vivant, la lumière se lève pour ceux qui sont sincères. Ils cherchent alors à être eux-mêmes sauvés dans une mesure plus profonde, et ils expérimentent effectivement ce salut profond.
Je crois que le Psaume 119 est l’un des écrits les plus exceptionnels qui soient. On y trouve une description de ceux qui sont exempts de duplicité, qui sont entiers de cœur. Je vous conseille de le lire très lentement et en prenant le temps de réfléchir. Je vous conseille de le lire de nombreuses fois, d’un bout à l’autre, pour bien comprendre quelles pensées animent ceux qui sont sincères, ceux qui ne sont pas partagés. Les choses sont dites si clairement dans ce psaume qu’aucun doute ne peut subsister. C’est réellement formidable ! 176 versets pour dire une seule et même chose.
V. 113. Je pense que c’est David qui a écrit ce psaume. On a du mal à imaginer que cela ait pu être quelqu’un d’autre. On y trouve exprimé un amour pour la loi de Dieu qui est si grand et si radical que c’est quelque chose d’inouï et d’extraordinaire !
Je recommande à chacun de suivre mes conseils ! Vous avez de bonnes raisons à cela. Le conseil que je viens de donner est obligé de produire un grand effet dans votre vie si vous le suivez.
Dieu a appelé David l’homme selon son cœur, l’homme selon son entendement. David était le contraire d’un homme double. Son seul désir était d’être profondément sauvé. Quand on cherche avec intérêt à être profondément sauvé et qu’on a en même temps un peu d’intérêt pour autre chose, on a l’esprit partagé. La plupart se trouvent sans doute dans cette situation, à un degré plus ou moins prononcé. C’est tout à fait certain, d’après la lumière biblique éclatante que j’ai maintenant reçue à ce sujet.
Dans l’épître de Jacques il est question de duplicité à deux endroits différents. Cela fait des années que j’appelle Jacques un spécialiste. Il est spécialiste dans pratiquement tous les domaines qu’il aborde. Il écrit avec toute la force, la clarté et l’insistance qu’on peut souhaiter. C’était certainement un grand homme de Dieu.
Ja. 1, 5. Il prend l’exemple de la sagesse, mais cela s’applique à toutes les choses dont nous devons être purifiés et toutes les vertus que nous sommes appelés à recevoir : l’amour divin, par exemple.
Qu’en est-il habituellement des prières ? On pense généralement que prier consiste à exprimer ce que l’on désire, un point c’est tout. Mais c’est une manière totalement fausse de comprendre la chose. Il y a quelque chose de contradictoire là-dedans. Quel intérêt cela peut-il avoir pour Dieu et pour moi de me borner à exprimer ce qui me manque ? Ce n’est pas cela prier ; ce n’est pas le vrai sens, le sens le plus profond de la prière. Si je prie pour recevoir de la sagesse, de l’amour ou de la patience sans m’attendre à recevoir ce que j’ai demandé, sans croire que je l’ai reçu, c’est la preuve que je suis partagé. Je veux bien obtenir ce que je demande, mais j’arrive très bien à m’en passer. La plupart des gens prient de cette manière-là pendant toute leur vie, sans jamais recevoir ce qu’ils demandent. Dans ce cas-là, on est double, on a deux entendements, on est partagé. Jacques met une telle insistance à parler des choses qu’on pourrait presque s’attendre à voir les morts ressusciter ! Mais la plupart du temps, il ne se passe rien, on n’est rempli ni d’amour, ni de sagesse, ni de patience, ni de tout ce qu’on avait demandé.
V. 6. : « Mais qu’il prie avec foi, sans douter. » Et Jésus dit : « Tout ce que vous demanderez avec foi, vous le recevrez. » Il est dit d’abord : « Demandez et vous recevrez. » Ceci s’adresse aux débutants. Mais il nous est donné ensuite une interprétation plus précise : « Tout ce que vous demanderez dans vos prières par la foi, vous le recevrez ». La foi n’est pas quelque chose de flou, c’est quelque chose de ferme et de certain, c’est une pleine assurance qu’on a reçu ce qu’on a demandé. Il en est aussi question dans 1 Jn. 5, 14-15. Il est dit dans ce passage que lorsque nous savons que nous demandons quelque chose selon la volonté de Dieu, et c’est toujours le cas lorsque nous demandons du salut, nous avons alors auprès de lui cette assurance que nous possédons la chose que nous lui avons demandée.
« Car celui qui doute est semblable au flot de la mer, agité par le vent et poussé de côté et d’autre. » On est donc ballotté dans tous les sens. Le verset 7, qui vient juste après, renferme des paroles extrêmement fortes : « Qu’un tel homme ne s’imagine pas qu’il recevra quelque chose du Seigneur. » Et le verset 8 nous donne une description de ce genre de personne : « C’est un homme irrésolu (double, partagé), inconstant dans toutes ses voies. » Presque tous ceux qui veulent bien prendre ces paroles au sérieux sont obligés de reconnaître qu’ils sont « irrésolus », ou doubles. Lorsqu’on prie, tout n’est pas fini quand on a dit ce qu’on désire. C’est lorsqu’on a reçu la foi qu’on va voir la chose se réaliser qu’on a terminé de prier.
Certains ont tendance à prier d’une mauvaise manière. Ils se consacrent à la prière pendant plusieurs heures et ils pensent que s’ils passent deux heures en prière, c’est deux fois mieux que de prier pendant une seule heure. Mais si je n’ai rien reçu, ni au cours de la première, ni au cours de la deuxième heure, est-ce vraiment bien ? C’est pour recevoir une foi vivante que je dois prier. Si je ne la reçois pas, je ne reçois pas non plus ce que j’ai demandé. Dans ces conditions, il ne sert à rien de dire que je prie beaucoup. Le but, c’est de recevoir ce que j’ai demandé, c’est que je puisse le voir s’accomplir.
Je pense que c’est sous cette forme que la duplicité est la plus répandue. Tout le monde commence de cette manière-là, mais on peut en rester au même point pendant toute sa vie. Cela n’est pas totalement inutile, puisqu’on reste attaché à Dieu, au lieu de se détourner de lui, mais on prie tout de même en vain.
On ne peut pas « essayer » de croire. C’est stupide de penser que cela peut se faire. Lorsque nous demandons quelque chose dans nos prières, il n’y a pas trente-six solutions : ou bien nous croyons, ou bien nous ne croyons pas. Et si nous ne croyons pas, cela ne sert à rien. C’est du temps perdu que de prier ainsi pendant des heures, si l’on n’est pas animé d’un seul désir : celui de persévérer jusqu’au moment où on aura saisi la foi. C’est cela qui est juste. A ce moment-là, cela ne fait rien si on doit prier longtemps, si seulement on finit par saisir la foi.
Jésus dit : « Ce jugement, c’est que la lumière est venue dans le monde. » La lumière apporte donc un jugement. Et en ce qui concerne la prière, on a manqué de lumière. Je crois que la meilleure manière d’exprimer la chose consiste à dire qu’on aimerait bien avoir ce qu’on demande, mais on arrive à s’en passer. La pratique montre que c’est vrai, puisqu’on continue à vivre sans avoir obtenu ce qu’on a demandé. D’un côté, on donne l’impression de s’intéresser fortement à la chose, mais en réalité, cet intérêt n’est certainement pas très prononcé ; et de l’autre côté, on ne s’y intéresse pas du tout. On est double.
Ja. 4, 8. Nous n’avons aucune excuse. Les choses ne peuvent pas être dites plus clairement. Il est impossible de se conformer à une lumière qu’on ne possède pas. Et si nous sommes sincères, la parole nous dit que la lumière se lèvera pour nous, avec une intensité croissante. Il est bien dit que nous devons marcher de lumière en lumière, de force en force, de gloire en gloire. Quand on marche de force en force, les choses se réalisent ; et la seule gloire qui existe, c’est la vie de Dieu.
V. 9. « Sentez votre misère », cela veut dire reconnaissez votre misère, et « soyez dans le deuil et dans les larmes, que votre rire se change en deuil. » Cesse de rire ! « ... et votre joie en tristesse. » Cesse de te réjouir ! Et reconnais ton péché ! Demande le salut dont tu as besoin, et crois que tu vas le recevoir !
La suite de ce passage est également significative : « Humiliez-vous devant le Seigneur et il vous élèvera. » V. 10.
Et ce qui est écrit au verset 11 est aussi très significatif : « Ne parlez point mal les uns des autres, frères. » Ceci, on peut le faire tout en disant qu’on aime la fraternité. Ce sont des choses terribles ! C’est tellement mal qu’il n’y a pas de mots assez forts pour dire à quel point c’est horrible !
« Celui qui parle mal d’un frère ou qui juge son frère, parle mal de la loi et juge la loi. » C’est une lumière particulière. C’est tout à fait fantastique !
As-tu déjà entendu une chose pareille ? Qui le reconnaît ? Nous devons recevoir la parole de Dieu ! Cela n’a rien à voir avec notre intelligence ou nos dons naturels ; c’est l’amour que nous avons pour la vérité qui est déterminant.
« Or si tu juges la loi, tu n’es pas observateur de la loi, mais tu en es juge. » On s’érige en juge par rapport à Dieu et à la parole de Dieu.
V. 12. « Un seul est législateur et juge, c’est lui qui peut sauver et perdre. » Qui a réellement peur d’être perdu ? « Mais toi, qui es-tu, qui juges le prochain ? Pour qui te prends-tu donc toi qui juges ?
La sincérité est la même chose que la vérité, l’authenticité. Combien la parole de Dieu est riche ! Si seulement chacun pouvait s’intéresser à elle dans une beaucoup plus grande mesure ! Et la lire avec un sérieux de mort, au lieu de la parcourir à toute vitesse, comme c’est habituellement le cas ! Paul appelle Timothée son « vrai fils dans la foi ». Est-ce que cela a de l’importance ? Ou bien une personne est vraie, ou bien elle est fausse, c’est l’un ou l’autre. Il appelle aussi Tite son vrai fils, mais ce sont les seuls à propos desquels il emploie cette expression.
Combien de fois vous ai-je exhortés à utiliser la concordance méthodiquement ? Il n’y a sans doute eu personne pour suivre ces exhortations. Sinon, je l’aurais probablement remarqué. On n’est pas aussi réceptif qu’on se l’imagine. On vit sans doute plus ou moins en se trompant soi-même. Quelles peuvent être les raisons qui ont fait qu’on n’a pas suivi ces exhortations ? Un emploi méthodique de la concordance produit de tels effets qu’il n’y a pas de mots assez forts pour le dire.
Si vous ouvrez la concordance au mot « sincère », vous trouverez quatre passages très caractéristiques : il y est question d’une foi sincère et d’un amour sincère. Et dans Ga. 5, il est écrit que la seule chose qui compte, c’est la foi agissante par la charité. Ce sont donc deux facteurs essentiels. Et l’un comme l’autre peuvent ne pas être sincères. Ceci est exprimé de plusieurs manières dans diverses traductions de la Bible. En allemand, il est question d’un amour « non coloré ». On peut « colorer » son récit quand on rapporte quelque chose de bon, ou quand on rapporte quelque chose de mauvais. Si on veut raconter quelque chose de bon, on fait tout pour « colorer » son histoire, pour que ceux qui écoutent retirent l’impression que celui qui raconte est quelqu’un de bien. Et quand il s’agit de choses mauvaises, on force aussi la dose. C’est parce qu’on n’est pas entièrement vrai. On aime la vérité, mais on aime aussi « colorer » et exagérer.
J’ai trouvé une expression significative dans la première lettre de Clément : « Misérables et malheureux sont ceux qui ont le cœur partagé et qui doutent dans leur cœur. » C’est la même chose que le cœur « irrésolu » dont parle Jacques dans le premier chapitre de son épître. On prie parce qu’on croit en Dieu, et pourtant, on ne croit pas. On est double. On croit, et en même temps, on ne croit pas.
Et il est écrit dans la seconde lettre de Clément : « Pauvres sont les cœurs partagés qui doutent. »
Et dans la lettre de Barnabas, il est écrit : « Ne sois pas partagé dans ton entendement, et n’aie pas une langue double, car une langue double est un piège mortel. » Mais pour que je me conforme à ces paroles, il faut que je reçoive de la lumière sur ce que c’est que d’être double et partagé. C’est ce que j’espère pour chacun de ceux qui sont ici ce soir, dans une certaine mesure en tout cas. J’espère que vous garderez cette lumière et qu’elle produira un effet. Dans ce cas-là, on en finit avec la duplicité. Et il ne s’agit plus que de chercher de toutes ses forces son propre salut. Et au fur et à mesure qu’on expérimente ce salut, on parle des choses dont on a été affranchi et sauvé, pour fortifier les autres dans la foi.
J’ai trouvé encore une autre phrase dans ces écrits : « Quelles que soient les circonstances que tu as à affronter, reçois-les comme étant bonnes. » As-tu déjà entendu chose pareille ? As-tu déjà entendu quelque chose qui réchauffe autant le cœur ? C’est justement ce que la plupart sont bien loin de faire. On est souvent plus ou moins – la plupart du temps plutôt plus que moins – importuné par les circonstances dans lesquelles on se trouve. Pour ma part, je ne me rappelle pas avoir été une seule fois incommodé par ce que d’autres ont dit ou fait, ou omis de dire ou de faire. Cela vient de ce que je crois en Dieu et en Ro. 8, 28. Dans ces conditions, il est impossible d’être mécontent de quoi que ce soit, même pas un tout petit peu. Et dans la traduction la plus forte, il est écrit que toutes choses, les bonnes et les mauvaises, les choses justes et injustes, coopèrent au meilleur de ceux qui aiment Dieu. Personne ne peut être mécontent si le meilleur lui arrive sans cesse, sans interruption, et que rien d’autre ne peut lui arriver. Est-il possible d’être mécontent de cela ? Ceci veut dire indirectement que presque personne n’y croit. Que croit-on habituellement ? On croit à des théories. Mais on ne croit pas personnellement, pour sa propre part, de sorte que cela devienne une expérience pratique personnelle. C’est pourtant la seule chose qui nous sauve. Cela ne me sert à rien de savoir par cœur toutes les bonnes théories, d’en dire beaucoup de bien et de prétendre que j’y crois, si je ne les prends pas à cœur personnellement, de façon qu’elles deviennent vie en moi. Non seulement il serait terriblement mauvais d’être un tout petit peu mécontent, mais c’est tout à fait impossible ! Réfléchis du mieux que tu peux ! Il n’est pas possible d’être mécontent quand on reçoit ce qu’il y a de meilleur. Et c’est bien ce qui se produit sans cesse, sans exception. Et comme on n’a pas une foi vivante en cette lumière, on a beaucoup de problèmes, beaucoup de désagréments et beaucoup de choses qui affectent la santé. Ce n’est pas pour rien que les gens du monde utilisent l’expression : « Cela me tape sur les nerfs. » C’est bien ce qui se produit littéralement quand on prend les choses de travers, les nerfs en pâtissent. Mais si on prend les choses comme il faut, les nerfs sont pour ainsi dire dans un bain d’huile si bien que rien ne les dérange. Qu’est-ce qui nous tape sur les nerfs ? C’est tout ce qu’on n’aime pas chez les autres, leur comportement, ce qu’ils disent et font, et ce qu’ils ne disent pas et ne font pas.
Que penser des « problèmes » et des « complexes » ? Pour qui sont-ils ? Pour ceux qui ne croient pas, ceux qui sont partagés, ceux qui veulent garder intact leur honneur, etc. au lieu de se laisser sauver. Ces gens-là s’intéressent toujours à ce que les autres pensent et disent d’eux. Je ne me rappelle pas m’être préoccupé de ce genre de choses, même pas avant d’avoir obtenu une pleine victoire sur le péché. C’est de l’impiété pure et simple de s’intéresser ne serait-ce qu’un tout petit peu à l’effet qu’on produit sur les autres, à ce qu’ils disent et pensent de nous. Ce n’est pas chercher Dieu de tout son cœur.
Tout le monde devrait en tout cas être en mesure de s’imaginer le bonheur inouï de ceux qui sont exempts de duplicité, ceux qui sont entiers de cœur, et qui croient en Ro. 8, 28. Tout ce qui m’arrive n’est toujours que ce qu’il y a de meilleur. Je n’arrive pratiquement pas à trouver les mots qu’il faut, disons que je suis un heureux « incurable ». Aucun homme ni aucun démon ne peut le moins du monde porter atteinte à mon bonheur, même s’ils s’alliaient tous contre moi. Cela vient de ce que je suis entier de cœur, je ne veux qu’une seule chose.
J’espère vivement que beaucoup auront maintenant reçu suffisamment de lumière et qu’ils seront tous étonnés de devenir brusquement heureux. On n’a pas besoin d’attendre longtemps avant d’expérimenter ce bonheur. Il suffit pour cela de se juger soi-même et de reconnaître les choses.
Dans l’une des lettres que j’ai citées tout à l’heure, il y a quelque chose de très bon. L’auteur rappelle à l’assemblée à laquelle il s’adresse combien l’état spirituel de ses membres avait été bon par le passé : ils préféraient être dirigés plutôt que de diriger eux-mêmes. Cette expression, je ne l’avais jamais entendue avant de la découvrir ici. La plupart des gens estiment que la pire des choses, c’est de se laisser diriger, de faire ce qu’une autre personne dit.
Pendant que nous y sommes, je rappellerai encore une autre expression : ils préféraient donner plutôt que de recevoir. J’aimerais bien savoir combien d’entre vous qui êtes ici ce soir peuvent dire la même chose. Qui a recherché le salut de tout son cœur et avec un zèle tel que c’est devenu vrai, si bien que Dieu lui-même peut se porter garant que c’est vrai ? Préfères-tu vraiment donner que de recevoir ? C’est certainement une des formes sous lesquelles se manifeste le fait d’être entier de cœur. Vous ne croyez pas ? Rivalisons de zèle pour être profondément sauvés ! Concentrons-nous sur le salut de notre propre âme ! Car à mesure que nous expérimentons cet affranchissement, ce salut, pour notre propre compte, nous devenons utiles pour d’autres. On ne peut pas être vraiment utile aux autres si on se contente d’avoir de la connaissance et d’en parler.
Bonne réussite, chers amis !
Nous savons maintenant en tout cas qu’il y a quelque chose qui s’appelle la fraude, et quelque chose qui s’appelle la duplicité. On est double, on a un cœur partagé quand on veut une chose tout en voulant une autre en même temps. Cela ne vaut rien. Si nous ne croyons pas, tous les efforts sont inutiles.
Crois en un salut profond !
Je vous remercie tous cordialement, pour tout ce que vous avez été pour moi jusqu’à présent !
