Réunion à Stavanger, le 17 janvier 1976 – L’humilité –
Je voudrais ajouter encore quelques mots au sujet de la lumière tout à fait exceptionnelle et merveilleuse que j’ai reçue récemment, après avoir annoncé oralement et par écrit pendant de nombreuses années que la loi fondamentale du salut était – du début à la fin – l’humilité. Cette lumière que j’avais déjà s’est considérablement renforcée, puisque j’ai compris maintenant que l’humilité n’est pas seulement la loi fondamentale mais elle est tout, absolument tout. C’est dans Jacques et 1 Pierre qu’on trouve les paroles principales qui se rapportent à cela.
Jacques écrit qu’on peut juger la Parole, au lieu de la mettre en pratique. C’est une habitude qu’on rencontre fréquemment chez beaucoup de chers frères et sœurs, et les sœurs ne sont pas les dernières à cet égard. Ils se permettent de juger tout le monde, les anciens, les plus anciens sans se gêner le moins du monde. Si on est humble, il est impossible qu’on se permette quelque chose d’aussi grossier ; il faut avoir une opinion passablement élevée de soi-même pour estimer qu’on est assez compétent pour juger et condamner tout le monde, alors qu’on est soi-même un grand misérable. C’est pourquoi il m’apparaît clairement maintenant qu’il n’y a rien de plus important que de mettre ces choses en lumière. On se trouve donc dans les ténèbres, on ne comprend rien du tout. On fait mal, et on ne se doute même pas que cela pourrait être mal ! Et ce qui est désespérant humainement parlant, c’est qu’on connaît assez bien son prochain, et que ceux qui se ressemblent s’assemblent. On sait que les autres font ainsi, et comme on est terriblement humain, on se dit que s’ils se le permettent, eux, on peut soi-même faire pareil. Tout homme est donc fier, ou orgueilleux, ou hautain, ou présomptueux, tout cela revient au même. On est sûr de soi, on se fie à soi-même et on n’en fait qu’à sa tête. C’est le moi qui règne sur toute la ligne. On se permet donc de s’ériger en juge, sans se gêner le moins du monde, et on n’a pas la moindre idée que c’est mal parce que c’est une vieille habitude bien ancrée. Et puis on sait que beaucoup d’autres personnes font exactement pareil. Si bien qu’on n’a aucun mal à trouver des personnes avec qui on se sent en parfait accord. Jésus dit : « Ne jugez point. » Il n’est pas écrit : ne jugez pas trop sévèrement, ou ne soyez pas trop enclins à juger, ou ne soyez pas trop prompts à juger. Il n’est rien écrit de pareil. Il est écrit : « Ne jugez pas ! » PAS, un point c’est tout ! Pas du tout, sans exception ! C’est la Parole de Dieu, de Jésus. Et dans Ro. 2, 1, il est écrit qu’en jugeant ton prochain, tu te condamnes toi-même. Même une parole comme celle-là n’est pas capable de réveiller de telles personnes. Elles n’ont aucune crainte. Elles ne craignent pas d’être condamnées, elles continuent effrontément à se comporter de la même manière. Il est bon de noter que ce qui écrit dans 1 Pi. 5, 5 est justement aussi écrit dans Jacques. Ces deux passages disent exactement la même chose : « C’est pourquoi l’Écriture dit : Dieu résiste aux orgueilleux, mais il fait grâce aux humbles. » Il n’existe donc aucune autre possibilité pour nous. Si nous voulons que cela aille mieux, il n’y a qu’une solution, c’est l’humilité. Tout ce que nous pouvons faire par ailleurs, notre application, nos capacités, notre zèle, ne pourra jamais remplacer cela. Toutes ces choses n’ont aucun poids dans la balance, la seule chose qui a du poids et qui donne des résultats, c’est l’humilité. Et celui qui estime qu’il est lui-même très petit trouve aussi qu’il serait déplacé pour lui de juger, de condamner, et de critiquer tout et tous. Ce sont des choses terribles. Et aussi vrai que Dieu est vivant, c’est la raison pour laquelle de telles personnes ne font jamais de vrais progrès, et qu’elles ne font même pas du tout de progrès. Elles restent exactement les mêmes, de réunion en réunion, de conférence en conférence, de jour en jour, de mois en mois, d’année en année, de décennie en décennie. Et elles vivent dans un rêve trompeur, elles croient qu’elles font des progrès. Mais ce n’est pas vrai ! Il est facile de s’en rendre compte. Si je m’imagine que je fais des progrès, je dois me demander en quoi ces progrès consistent. Écris sur une feuille de papier tous tes progrès, tout ce qui va beaucoup mieux qu’il y a quelque temps.
Cela s’entend et se voit, quand on fait des progrès. Mais pour cela, il faut avoir des oreilles pour entendre et des yeux pour voir, des oreilles spirituelles et des yeux spirituels, sinon on ne peut ni voir ni entendre que quelqu’un fait des progrès. L’humilité est une loi de vie, c’est la loi fondamentale, la loi qui détermine tout le reste. En dehors de cela, tout est sans importance. Nous avons besoin d’amour, de foi, et de toutes les vertus que Jésus a manifestées. Mais rien ne peut se faire sans l’humilité. Et le plus haut degré d’humilité, c’est de s’abaisser soi-même, descendre de sa propre initiative, se placer volontairement plus bas.
La plupart des gens ne savent pas ce que c’est que de s’abaisser soi-même. Ils essaient au contraire de conserver leur position, de se défendre eux-mêmes de toutes leurs forces, et ils déploient pour cela toute leur habileté. Si quelqu’un leur dit une vérité personnellement, il rencontre immédiatement de la résistance de leur part. Ils sont tout de suite sur la défensive. C’est le contraire du fait d’être humble, car quand on est humble, on reconnaît son péché, on reconnaît que la remarque en question est justifiée, on a envie de remédier à la chose, et on décide de changer sur le point en question. Mais non, ils se défendent eux-mêmes. Ils s’accrochent pour ainsi dire au moindre brin d’herbe pour se défendre eux-mêmes. Dans ce cas-là, on s’oppose à son propre salut. Après ce qui a été dit ici, on comprend qu’il n’y a qu’une chose à faire. La seule chose qui soit sage, c’est de s’humilier et de s’abaisser soi-même. C’est une fête de devenir plus humble, car on fait alors des progrès, et il n’y a pas de plus grande fête que de faire des progrès en Dieu. Il ne peut pas y avoir de chose plus réjouissante, vous ne trouvez pas ? La grâce que reçoit celui qui est humble fait que tout lui réussit, il fait sans cesse des progrès. Il a part à un salut de plus en plus profond dans tous les domaines, et il en résulte de plus en plus de paix, de plus en plus de repos en Dieu, de plus en plus de joie et d’allégresse. Le résultat est qu’on devient de plus en plus heureux, on est toujours joyeux, toujours reconnaissant, toujours rayonnant, toujours insouciant, toujours dans le repos, et si on continue à être humble, ce progrès continuera jusqu’à la fin. Il est écrit que le sentier du juste est comme la lumière resplendissante dont l’éclat va croissant jusqu’au milieu du jour. C’est donc possible ici sur la terre, ici pendant le temps de notre pèlerinage. Et du fait que c’est vrai, cela peut se voir, se constater. Lorsqu’on ne fait pas de progrès, cela montre clairement à tous ceux qui nous côtoient qu’on est fier et qu’on a Dieu pour adversaire. Non seulement cela ne réussit pas, mais cela ne peut pas réussir, et ne doit pas réussir, car une loi régit la chose. Et cette loi veut aussi que si nous sommes humbles et que nous devenons de plus en plus humbles, cela réussit dans une mesure tellement extraordinaire qu’on ne l’a jamais imaginé, même en rêve. On devient alors toujours heureux et content, toujours reconnaissant, toujours joyeux, on ne juge jamais les autres, on se juge sans cesse soi-même, aussitôt qu’on a reçu une nouvelle lumière. C’est donc un chemin resplendissant qui mène droit au ciel. Nous menons alors une vie divine ici-bas pendant le temps de notre pèlerinage, au milieu de ce monde pécheur, et à côté de toutes sortes de personnes. Ceux qui m’entourent peuvent faire et dire les pires des choses, cela n’a rien à voir avec moi, ni avec mon salut, cela ne change rien à mon affaire. J’ai des comptes à rendre directement à Dieu, et chacun a des comptes à rendre directement à Dieu, cela ne regarde en rien les autres.
On ne peut pas invoquer comme excuse qu’un tel a fait telle ou telle chose, ou qu’il est comme ci ou comme ça, cela n’a rien à voir avec l’affaire. C’est lui qui a fait la chose, ce n’est pas moi. C’est ce que je fais qui me rend heureux ou malheureux, et ce que font les autres ne change absolument rien pour moi. Socrate l’avait bien compris, lui qui ne connaissait pas une seule parole de Dieu et qui n’avait personne pour l’enseigner et l’exhorter. Il cherchait Dieu à un degré tel et il était si humble que Dieu s’est révélé puissamment à lui, de sorte qu’il a reçu de la lumière et de la vie. Quelqu’un lui a demandé un jour : « Ne trouves-tu pas que ce qu’un tel a dit est très vexant ? » « Non, répondit Socrate, cela ne me regarde pas du tout. » C’était en effet l’autre qui avait fait la chose, ce n’était pas lui. C’est lorsqu’on fait soi-même quelque chose de mal qu’on devient malheureux. C’est celui qui avait dit des choses vexantes qui était malheureux, ce n’était pas Socrate, qui pouvait dire quant à lui que cela ne le regardait pas du tout. C’est entièrement vrai, et il l’avait compris. Qui parmi les frères et sœurs a compris cela ? Combien d’entre vous qui assistez à cette réunion ont-ils compris que le mal qu’on peut nous dire ne nous regarde pas du tout ? C’est celui qui a dit la chose qui est à plaindre. Ce qu’il a dit de moi ne change en rien ma relation avec Dieu ! Beaucoup d’amis en sont encore à avoir de grandes difficultés dans ce genre de situations. Ils trouvent cela terrible, alors qu’en réalité ce n’est rien du tout. Dieu fait grâce aux humbles, les autres peuvent dire et penser ce qu’ils veulent, Dieu agit de cette manière, à mon égard, cela va donc à merveille pour moi, et je deviens heureux. Ceux qui me jugent et me critiquent ne sont pas heureux. Il n’y a pas de bonheur à critiquer et à juger. C’est strictement interdit. Cela ne peut donc pas nous rendre heureux. C’est la même chose que de l’aide, du salut, une nouvelle lumière et tout ce dont j’ai besoin. Cela réussit, cela réussit sans cesse. Je ne cesse pas de faire des progrès, les choses vont de mieux en mieux, et si ce n’est pas le cas, c’est parce qu’on a une opinion bien trop haute de soi-même. Il n’y a qu’une issue, c’est de s’humilier. Dans ces conditions, vous aurez le cœur en fête ce soir, et chaque jour, le reste de votre vie. Aie cette unique pensée à l’esprit : être humble, et vis en accord avec cette pensée, sois de plus en plus humble, que l’opinion que tu as de toi-même soit de plus en plus modeste. Et avant tout, abstiens-toi totalement, entièrement, radicalement, de critiquer et de juger les autres, de t’ériger en juge par rapport aux autres. On peut être à ce point dans les ténèbres qu’on ne se gêne même pas pour juger les frères les plus anciens, ceux qui portent la responsabilité principale, et on se permet d’avoir toutes sortes d’avis et d’opinions, bien qu’on reconnaisse soi-même qu’« on ne comprend pas ». Justement, si on ne comprend pas, on devrait se taire. On n’a aucune raison de parler de choses qu’on ne comprend pas. On fait mieux de se taire et de bien écouter.
Je vous souhaite le succès sur le chemin du bonheur. J’y marche depuis de nombreuses années. Et maintenant, je suis tellement heureux qu’il est presque impossible que cela continue autrement qu’en allant tout droit au ciel. Je ne peux pas décrire combien mon bonheur est grand. Rien ne me fait du tort, rien ne me cause des difficultés, rien, absolument rien, parce qu’il n’est pas possible de faire obstacle à ma relation avec Dieu. Même si tout et tous les gens se liguaient, ils ne pourraient pas troubler ma relation avec Dieu. Je vous souhaite le succès sur le chemin, et soyez pleinement assurés qu’il n’existe aucune autre manière de faire des progrès, c’est tout à fait exclu. L’humilité est le seul garant du succès, d’un succès continuel.
