Réunion à Stavanger, le 17 janvier 1976 – Obéir sans comprendre –

Il y a une chose que je voudrais vous dire. Il m’est déjà arrivé d’en parler, et il m’est déjà arrivé d’écrire à ce sujet, mais je ne l’ai pas fait souvent.

C’est une chose que beaucoup comprennent de travers, et pourtant, elle est très importante : il s’agit de l’obéissance. Nous avons tous les paroles de vie du Nouveau Testament, mais certains se font malgré tout une idée tout à fait personnelle de l’obéissance. Pour eux, elle consiste à faire ce qui est écrit dans la Bible à condition qu’ils soient d’accord. En réalité, si je fais seulement ce qui est en accord avec ma manière de voir, ce n’est pas de l’obéissance. Dans ces conditions, j’agis comme bon me semble. Essayez de saisir ce que je veux dire. Je ne suis pas sûr que tout le monde y arrivera. Ce que je viens de décrire c’est la façon dont on comprend habituellement l’obéissance. Cela montre bien qu’on ne sait pas vraiment ce que c’est. Obéir, c’est faire exactement ce qui est écrit, parce que c’est la parole de Dieu, et parce que nous Lui devons l’obéissance. Il n’est pas question de savoir si je suis d’accord, ou si je comprends ; je dois faire ce qu’elle dit, sans le comprendre. Et nous avons aussi cette parole : « Obéissez à vos conducteurs. » Cette parole est pratiquée par beaucoup de la même manière. Quand ils sont enfin d’accord, après de multiples tergiversations, et qu’ils croient que ce serait bien de faire ce qui a été demandé, ils le font, mais ce n’est pas de l’obéissance. Obéir, c’est faire ce qu’ont dit ceux qu’on considère comme des conducteurs, sans comprendre, et sans être du même avis. C’est cela l’obéissance. C’est facile à comprendre quand on pense aux enfants. Nous voulons que nos enfants soient obéissants. Nous ne pensons tout de même pas que les enfants doivent être d’accord avec ce que leurs parents leur disent ? C’est hors de question. Ils doivent faire ce que leurs parents disent, parce que ce sont leurs parents qui l’ont dit, et que la parole de Dieu dit qu’ils doivent l’obéissance à leurs parents. Mais de nos jours, on enseigne aux enfants à l’école à ne pas faire ce que disent leurs parents, à penser par eux-mêmes. Tous les enfants reçoivent ce genre d’enseignement à l’école. Sachant cela, les parents doivent enseigner à leurs enfants que ce que disent les maîtres est complètement faux.

Si, par exemple, quelqu’un me considère comme un conducteur, et que je lui demande de parler fort, ou de parler plus fort, lorsqu’il rend témoignage à une réunion, l’obéissance consiste alors à hausser la voix. Mais presque personne ne le fait. Et cela ne sert à rien d’essayer de me faire croire que la personne en question ne peut vraiment pas parler plus fort, car ce n’est pas vrai. Si tu tombais à l’eau et que tu ne savais pas nager, tu verrais que tu peux parler plus fort ! Tu crierais, et tu pourrais constater que tu as de la voix en réserve ! On se permet donc tout simplement de désobéir. On pense que ce n’est pas nécessaire de parler plus fort. Et pourtant, il est écrit : « Obéissez à vos conducteurs. » Quand on n’a pas de conducteur, on ne peut pas appliquer ce passage. Mais quand on considère soi-même une personne comme étant un conducteur, on est tenu d’obéir à cette parole : « Obéissez à vos conducteurs. » Il n’y a personne qui ne puisse parler plus fort. C’est un mensonge, un mensonge, un mensonge à cent pour cent. On se comporte comme on en a l’habitude, et on se moque bien de ce que dit le conducteur. Ces personnes n’ont même jamais pensé qu’elles devaient faire la chose en question simplement parce que le conducteur l’a dit. Je me souviens avoir dit au moins une fois que ce serait très sage de se conformer à cette parole de l’Écriture, et que si, par exemple, on ne se conformait qu’à elle, ce serait le chemin le plus court pour parvenir au salut. Cela simplifierait toute la vie. Tu risques d’attendre longtemps, si tu veux d’abord être d’accord avec tout ce que disent les conducteurs. Cela ne mène pas à grand-chose. Il en va de même avec tout ce qui est en rapport avec l’obéissance. Il y a dans l’Écriture beaucoup de magnifiques paroles de vie concernant tous les domaines, et quand on est d’accord avec ce qu’on lit, on appelle cela de l’obéissance, et on le fait. Mais en réalité, ce n’est pas de l’obéissance. L’obéissance consiste à faire une chose parce que l’Écriture dit que je dois obéir à celui qui a dit la chose en question. Il s’agit tout d’abord de Dieu, bien sûr, et ensuite des conducteurs, des parents et des anciens. Les jeunes doivent être soumis aux anciens. Se soumettre, cela veut dire « se mettre dessous », faire ce que disent les anciens. Je pense que dans la plupart des cas, on ne pratique ces choses que dans la mesure où on est d’accord. Quand on est du même avis, on fait la chose en question, mais ce n’est pas de l’obéissance, cela n’a rien à voir avec l’obéissance. Essayez de comprendre cela. Cela se traduit par exemple par le fait qu’on parle fort quand on rend son témoignage, pour obéir à ce qui a été demandé. Et que personne ne se dérobe en décidant de ne pas rendre témoignage parce qu’il a l’habitude de ne pas parler fort. Il faut rompre avec cette mauvaise habitude. Venez donc rendre témoignage et pratiquez l’obéissance. Autant que je m’en souvienne, j’ai toujours insisté là-dessus, mais il m’est arrivé de demander jusqu’à trois fois à la même personne, pendant qu’elle rendait son témoignage, de parler plus fort, sans que cela produise le moindre effet, sans qu’elle élève la voix le moins du monde. Pour employer une expression familière, de telles personnes ne se soucient pas plus de ce qui est dit que de leur « première chemise ». Ce n’est pas le chemin qui mène au ciel.

Je voulais dire aussi autre chose. C’est une chose de prendre une résolution dans son cœur et de se convertir à l’écoute de ce qui est annoncé. Il n’en ressort souvent rien. C’est autre chose de donner son témoignage devant tous ceux qui sont là. Il est presque impossible que cela reste sans résultats, car tous ceux qui ont entendu le témoignage en question sont aussi témoins des suites qu’on lui donne dans la pratique. Quand on a pris une résolution avec un grand sérieux, la meilleure des choses à faire est donc de le dire publiquement, de façon que tout le monde l’entende, parce qu’on est alors lié par la décision qu’on a prise. Cette manière de faire est on ne peut plus sage. Au lieu de penser que ce n’est pas la peine de dire quelque chose, parce qu’il n’est pas sûr que cela soit suivi de résultats. En témoignant publiquement, on se lie soi-même aux résultats qu’on désire obtenir. Je suppose que beaucoup de ceux qui viennent d’entendre ce que je viens de dire se sont jugés eux-mêmes en ce qui concerne l’humilité. Dis les choses, de façon que tout le monde le sache. Ce sera une très grande aide pour toi.