Le feu étranger
« Les fils d’Aaron, Nadab et Abihu, prirent chacun un brasier, y mirent du feu, et posèrent du parfum dessus ; ils apportèrent devant l’Éternel du feu étranger, ce qu’il ne leur avait point ordonné. Alors le feu sortit de devant l’Éternel, et les consuma : ils moururent devant l’Éternel. Moïse dit à Aaron : C’est ce que l’Éternel a déclaré, lorsqu’il a dit : Je serai sanctifié par ceux qui s’approchent de moi, et je serai glorifié en présence de tout le peuple. Aaron garda le silence. » .
Le feu étranger est dangereux car il est incontrôlable, et lorsque le feu est allumé sans contrôle, il apporte le malheur et la ruine aux hommes. Un foyer, en revanche, est un lieu qui dégage de la chaleur, de la bénédiction et de la communion. Il en est de même de la langue. . La langue est un feu, et lorsqu’elle est mise en rapport avec le royaume des Cieux et avec les lois de l’édification, elle peut apporter une énorme bénédiction. Nous sommes appelés à parler dans une démonstration d’Esprit et de puissance. Nous sentons alors que l’Esprit de Dieu est avec nous et qu’il rend un témoignage de pureté et de liberté à l’égard du péché. Nous avons de la même manière beaucoup d’exemples dans l’histoire mondiale d’hommes qui ont été remplis du feu qui vient d’en bas et qui, par leurs discours pleins de feu, ont cherché leur propre intérêt et ont égaré les âmes. De telles personnes ont contribué à ruiner des peuples et des pays entiers.
Le feu étranger est introduit dans l’assemblée par des personnes qui cherchent leur propre intérêt et qui ont des objectifs personnels. Certains se chargent de tâches bien trop grandes, qui vont bien au-delà de leur domaine d’onction. On parle peut-être contre des choses extérieures et on veut redresser des situations que seuls les pères en Christ ont reçu la grâce de redresser. Souvent, la force humaine de ces personnes se fait nettement sentir et ce n’est pas édifiant de les écouter. Même si on peut tenir des discours pleins de sagesse et de révélation et parler avec ferveur des mystères de Christ, on n’est rien malgré tout, si on n’a pas l’amour. Cela veut dire qu’on ne sait pas mettre en pratique ce dont on parle si chaleureusement. Dans ce cas, on est un faux prophète, même si ce qu’on dit est juste. On conduit les hommes à soi-même au lieu de les conduire à Christ, qui est la tête. Cela crée beaucoup de troubles dans de nombreuses assemblées.
Le Seigneur veut manifester sa sainteté en ceux qui se tiennent près de lui. Si la motivation de notre ministère n’est pas de manifester la sainteté du Seigneur, nous nous égarons et nous égarons les autres. C’est le « moi » qui dirige le tout. Nous avons malheureusement vu plusieurs exemples à cet égard. « J’ai écrit quelques mots à l’Église ; mais Diotrèphe, qui aime à être le premier parmi eux, ne nous reçoit point. C’est pourquoi, si je vais, je rappellerai les actes qu’il commet, en tenant contre nous de méchants propos ; non content de cela, il ne reçoit pas les frères, et ceux qui voudraient le faire, il les en empêche et les chasse de l’Église. » .
Diotrèphe conduisait les brebis à lui-même et ne voulait pas avoir affaire à Jean et aux autres frères. Il s’opposait à ceux qui souhaitaient avoir communion avec eux, et allait même jusqu’à les chasser de l’Église. Tous ceux qui souhaitent être quelqu’un de spécial cherchent leur propre intérêt et utilisent leurs dons pour régner sur les hommes et les mettre sous leur coupe. De telles personnes peuvent fort bien comprendre la doctrine avec leur intelligence, mais elles sont en même temps fortes en elles-mêmes. C’est de la faiblesse de capituler devant leur force et de se soumettre à elles. On devrait rester ferme et leur offrir la communion fraternelle, pour que leur force puisse être courbée et devenir une source de bénédiction. Les personnes qui sont fortes en elles-mêmes représentent le plus grand danger pour l’Assemblée, car elles pourraient la détruire – si elles pouvaient exercer un pouvoir. Elles rassemblent les gens autour d’elles-mêmes et ne cherchent pas ce qui appartient à Christ. C’est pourquoi il est important de les reprendre et de régler leur compte à de telles « excroissances » dès leur apparition. « Je pars donc du principe que pour qu’il y ait croissance correcte, sans pousses sauvages, il faut être émondé, et émondé à temps », écrit Johan O. Smith.
On peut croire qu’on y voit clair, mais si on cherche son propre intérêt, on a vite fait d’affaiblir le berger de l’assemblée par la manière dont on prend les choses en main. Il y a de fortes chances pour que le berger y voie aussi clair dans la situation, mais il travaille peut-être plus discrètement pour fortifier ce qui est faible et guérir ce qui est malade. Nous devons être prudents dans de telles circonstances, pour ne pas aller à l’encontre des lois qui régissent le corps de Christ, mais plutôt suppléer à ce qui manque au lieu de commencer à travailler contre les autres. Nous pouvons tirer un enseignement de l’histoire d’Absalom et de David.
« Après cela, Absalom se procura un char et des chevaux, et cinquante hommes qui couraient devant lui. Il se levait de bon matin, et se tenait au bord du chemin de la porte. Et chaque fois qu’un homme ayant une contestation se rendait vers le roi pour obtenir un jugement, Absalom l’appelait, et disait : De quelle ville es-tu ? Lorsqu’il avait répondu : Je suis d’une telle tribu d’Israël, Absalom lui disait : Vois, ta cause est bonne et juste ; mais personne de chez le roi ne t’écoutera. Absalom disait : Qui m’établira juge dans le pays ? Tout homme qui aurait une contestation et un procès viendrait à moi et je lui ferais justice. Et quand quelqu’un s’approchait pour se prosterner devant lui, il lui tendait la main, le saisissait et l’embrassait. Absalom agissait ainsi à l’égard de tous ceux d’Israël qui se rendaient vers le roi pour demander justice. Et Absalom gagnait le cœur des gens d’Israël. » .
Ceux qui servent de cette manière s’opposent au Dieu vivant et à sa volonté, dans leur désir d’être honorés eux-mêmes et de se mettre en avant. Ils sont comme des loups ravisseurs. La nature du loup est de ravir et d’égorger, il n’a rien à donner. Pour pouvoir causer des dommages dans l’Assemblée de Christ, le loup a besoin d’un vêtement de brebis pour arriver au pouvoir. « Gardez-vous des faux prophètes. Ils viennent à vous en vêtements de brebis, mais au dedans ce sont des loups ravisseurs. » . Les vrais prophètes de Dieu travaillent pour trouver les meilleurs pâturages pour leurs brebis et surveillent les faux prophètes pour qu’ils ne parviennent pas au pouvoir. Ils ont donné toute leur vie en sacrifice à la volonté de Dieu. Ils ne recherchent pas leur propre intérêt mais se purifient de tout ce qui tourne autour de leur propre personne. Ce n’est pas étonnant que Dieu veuille prendre soin d’eux, maintenant et pour toute l’éternité !
