Les sources de la vie viennent du cœur
C’est ce que dit Salomon dans ses Proverbes, à propos du cœur de l’homme, et c’est pour cela qu’il donne cette exhortation importante : « Garde ton cœur plus que toute autre chose. » Chap. 4, 23. Il y a beaucoup de pensées, d’avis et de réflexions dans le cœur d’un être humain. Chez l’homme naturel, tout cela provient de sa propre raison humaine, de ses jugements et de ses sentiments. Souvent, cela vient de ce que les yeux voient et que les oreilles entendent. Si on laisse la place à toutes ces pensées dans le cœur d’un homme, elles déterminent sa vie et son comportement.
Il y avait donc déjà dans l’Ancien Testament une forte incitation à être humble et à rechercher la sagesse et la crainte de Dieu, afin de ne pas considérer d’emblée ses propres pensées comme justes et fiables. Par exemple, au chap. 2, 2-5, il est instamment recommandé de rendre son oreille attentive à la sagesse, d’élever sa voix vers l’intelligence, de chercher et de poursuivre la crainte de l’Éternel – et il est dit que la réflexion veillera sur nous. V. 11.
« Confie-toi en l’Éternel de tout ton cœur, et ne t’appuie pas sur ta sagesse. » Chap. 3, 5. « Que ton cœur retienne mes paroles ; observe mes préceptes, et tu vivras. » Chap. 4, 4. « Mon fils, sois attentif à mes paroles, prête l’oreille à mes discours. Qu’ils ne s’éloignent pas de tes yeux ; garde-les dans le fond de ton cœur ! » V. 20-21. « Écoute les conseils, et reçois l’instruction, afin que tu sois sage dans la suite de ta vie. Il y a dans le cœur de l’homme beaucoup de projets, mais c’est le dessein de l’Éternel qui s’accomplit. » Chap. 19, 20-21. « Celui qui a confiance dans son propre cœur est un insensé, mais celui qui marche dans la sagesse sera sauvé. » Chap. 28, 26.
Nous vivons désormais à l’ère de la nouvelle alliance, avec des possibilités infinies et bénies de garder nos cœurs purs, et à partir de là, de nous purifier et de nous sanctifier pour atteindre une plus grande lumière et une plus grande sagesse. Pour cela, il faut travailler avec détermination, car il y a eu une chute originelle et nous avons un corps du péché. Il y a tant de choses qui nous sont encore inconscientes et qui se trouvent hors de l’horizon de lumière que nous avons pour l’instant. Il y a tant de choses qui, sans que nous en soyons conscients ni que nous les comprenions, peuvent nous faire réagir de manière tellement humaine. Cela peut nous rendre entêtés et obstinés, et difficiles à vivre pour les autres. Il nous faut prier, faire preuve d’humilité et de piété, afin que les oreilles du cœur s’ouvrent davantage pour pouvoir écouter ce que Dieu veut me dire et m’enseigner. « Il éveille, chaque matin, il éveille mon oreille pour que j’écoute comme écoutent des disciples. » És. 50, 4.
Il est vital que la parole de Dieu habite en abondance dans notre cœur et y accomplisse son œuvre importante : « Car la parole de Dieu est vivante et efficace, plus tranchante qu’une épée quelconque à deux tranchants, pénétrante jusqu’à partager âme et esprit, jointures et moelles ; elle juge les sentiments et les pensées du cœur. » Hé. 4, 12. Représente-toi ce qui se passerait si l’âme et l’esprit, les jointures et les moelles n’étaient pas séparés, si on laissait libre cours à tous les sentiments et pensées qui se manifestent. Les sentiments et les pensées du cœur doivent donc être jugés si nous voulons croître en sagesse et dans les vertus de Christ. Cela signifie que la Parole crée une séparation dans nos pensées, et qu’il y a alors beaucoup de pensées auxquelles nous disons « non » avec force et détermination.
Pierre écrit que nous devons prêter attention à la parole prophétique afin qu’elle puisse briller comme une lampe dans un lieu obscur, jusqu’à ce que le jour vienne à paraître et que l’étoile du matin se lève dans nos cœurs. 1 Pi. 1, 19. Les pensées qui proviennent de « ma tête intelligente » et de mon âme, avec ses pensées et ses sentiments peu fiables, peuvent alors être mises hors d’état de fonctionner, comme l’écrit Johan Oscar Smith dans une lettre adressée à Elias Aslaksen le 5 mars 1927 : « Quand on doit laisser la tête, Christ, diriger, on ne sait rien, on ne comprend rien, on ne peut juger de rien, avant que celui à qui tout jugement a été donné se fasse connaître. On devient quelqu’un qui n’a rien à dire, et on doit porter la croix de celui qui n’a rien à dire, ce qui est pénible pour celui qui croit savoir quelque chose. De cette manière, ce qui relève de l’âme est mis hors d’état de fonctionner, et ce qui est pauvre en esprit prend la place. C’est Christ qui devient alors la tête, et ma propre « tête intelligente » n’est plus qu’un appareil récepteur pour lui – Jésus-Christ, le souverain sacrificateur. On devient comme celui qui ne sait rien, qui ne possède rien et qui ne peut rien entreprendre. »
Garder son cœur plus que toute autre chose, cela commence par la pureté, aussi loin que brille la lumière. Et à partir de la prise de conscience que l’on a un corps du péché et que beaucoup de choses sont encore inconscientes, naît un désir ardent de plus de lumière, de purification et de direction de l’Esprit. Nous ressentons le besoin de l’action de la Parole dans notre for intérieur et de la prédication dans l’assemblée, en particulier par les anciens que Dieu nous a donnés à notre époque. La lumière en nous devient alors de plus en plus claire, de sorte que de plus en plus de choses inconscientes sont révélées. Et ce qui est magnifique, c’est que nous pouvons alors travailler à ces choses.
Quelle grâce et quelle gloire que la vie qui jaillit de notre cœur devienne alors de plus en plus agréable à Dieu et de plus en plus une source de bénédiction pour nos semblables !