Pour le Seigneur et non pour des hommes
« Tout ce que vous faites, faites-le de bon cœur, comme pour le Seigneur et non pour des hommes, sachant que vous recevrez du Seigneur l’héritage pour récompense. Servez Christ, le Seigneur. » Col. 3, 23-24.
Quelle est ma force motrice dans la vie ? Il y a beaucoup de choses à faire, tant au sein de l’assemblée qu’en dehors, mais pour qui est-ce que je fais ces œuvres ? Nous connaissons bien ce que Jésus dit au début du chapitre 6 de Matthieu. Ceux qui font l’aumône devant les hommes, pour en être vus etc., ont déjà leur récompense. Mais ceux qui font leurs œuvres de tout cœur, comme pour le Seigneur, recevront du Seigneur l’héritage pour récompense. Il y a une grande différence entre ces deux issues. L’un n’a aucun salaire, l’autre reçoit tout l’héritage, à savoir une communion éternelle avec Jésus et tous les saints.
Jésus demande dans Jn. 5, 44 : « Comment pouvez-vous croire, vous qui tirez votre gloire les uns des autres, et qui ne cherchez point la gloire qui vient de Dieu seul ? »
Oui, comment puis-je vraiment croire si je cherche l’honneur des hommes ? Si j’avais cru en Dieu, j’aurais aussi cru qu’il voit dans le secret, et que celui qui voit dans le secret me le rendra aussi ouvertement. Quel piège mortel, et quelle perte pour le temps et l’éternité que d’être empêtré dans ce filet. Je vis pour les hommes, et je cherche à être honoré à travers mes œuvres, et cela devient ma force motrice. Si on me complimente pour ce que je fais, ou si on me cite à une réunion, alors je suis plein d’assurance, heureux et satisfait. Si je ne suis pas complimenté ou si on m’oublie, je me décourage et je reste silencieux. La récompense et l’issue d’une telle vie menée devant la face des hommes, ce sont ces paroles de Jésus : « Plusieurs me diront en ce jour-là : Seigneur, Seigneur, n’avons-nous pas prophétisé par ton nom ? n’avons-nous pas chassé des démons par ton nom ? et n’avons-nous pas fait beaucoup de miracles par ton nom ? Alors je leur dirai ouvertement : Je ne vous ai jamais connus, retirez-vous de moi, vous qui commettez l’iniquité. » Mt. 7, 22-23.
Imagine ce que cela signifie de recevoir un tel message à la fin de sa vie ! Malgré tout ce que j’ai fait, tout ce que j’ai sacrifié, tout l’argent que j’ai donné, tout ce à quoi j’ai contribué, je ne suis pas pris ! J’ai déjà reçu ma récompense. J’ai fait tout cela pour les hommes. Ma force motrice dans toutes ces choses, c’était ce que les autres pensaient et disaient de moi. Il me manquait le véritable amour fervent pour Jésus-Christ ! « Car l’amour de Christ nous presse, parce que nous estimons que si un seul est mort pour tous, tous donc sont morts ; et qu’il est mort pour tous, afin que ceux qui vivent ne vivent plus pour eux-mêmes, mais pour celui qui est mort et ressuscité pour eux. » 2 Co. 5, 14-15. Que l’amour de Christ soit la force motrice de nos vies, pour que je fasse mes œuvres de tout cœur, comme pour le Seigneur et non pour des hommes, et que j’en finisse avec cette soif d’honneur qui est si profondément ancrée dans la nature humaine.
Il n’y a pas de condamnation parce que je constate que cette matière habite en moi. Mais cela devient une condamnation pour moi si je ne résiste pas à cette soif d’honneur dès que j’en deviens conscient. Puissions-nous haïr cela de tout notre cœur lorsque nous sentons cette matière en nous. On a besoin de beaucoup de zèle pour se libérer de ce filet, mais c’est tout à fait possible si l’on porte un grand intérêt à son salut, et si l’on vit dans une grande piété. Demandons à Dieu qu’il illumine nos yeux pour nous voir nous-mêmes. David le dit avec une incroyable justesse : « Sonde-moi, ô Dieu, et connais mon cœur ! Éprouve-moi, et connais mes pensées ! Regarde si je suis sur une mauvaise voie, et conduis-moi sur la voie de l’éternité ! » Ps. 139, 23-24. Quel sujet de prière ! Aussi longtemps que nous sommes en vie, il est possible d’entrer sur la voie de l’éternité qui me conduira à l’héritage parmi les saints. Que Dieu m’accorde la grâce de marcher sur cette voie jusqu’à la fin de ma vie.