Vers quoi se dirige mon zèle ?
Les pharisiens et les scribes étaient très attentifs à ce que faisait Jésus. Ils ont réagi et protesté lorsqu’il a laissé ses disciples manger des épis, tout comme lorsqu’il a guéri des malades le jour du sabbat. Ils étaient zélés pour défendre la loi de Moïse et les traditions juives. En revanche, aucun d’entre eux ne s’offusquait de la vente d’animaux et de marchandises dans le temple, ni de la présence de changeurs de monnaie. Ils ont donc dû être choqués lorsque Jésus, ayant trouvé dans le temple les vendeurs de bœufs, de brebis et de pigeons, ainsi que les changeurs de monnaie, s’est fait un fouet avec des cordes et a commencé à les chasser du temple.
« Il dit aux vendeurs de pigeons : Ôtez cela d’ici, ne faites pas de la maison de mon Père une maison de trafic. Ses disciples se souvinrent qu’il est écrit : Le zèle de ta maison me dévore. » Jn. 2, 14-17.
Beaucoup de gens sont zélés, mais le plus souvent, ce zèle n’est pas pour la maison ou la volonté de Dieu, mais pour leur propre moi, pour tout ce qui touche à leur personne et qui leur appartient. Le zèle des enfants d’Israël dans le désert était tel qu’ils se sont mis à murmurer contre l’Éternel, car les quelques biens qu’ils possédaient en Égypte leur manquaient. Ce zèle les a poussés à se fabriquer une idole, à vouloir lapider Josué et Caleb et à rejeter Moïse en tant que conducteur. Ce zèle les a dévorés, et ils sont tous morts dans le désert. Ils n’ont pas eu le droit d’entrer dans le pays promis.
Saül était tellement zélé pour défendre son propre honneur que, malgré sa désobéissance envers Dieu, il a demandé à Samuel de l’honorer devant le peuple. Son royaume a fini par lui être retiré.
Les choses se sont passées tout autrement avec Jésus. Son zèle était voué à faire la volonté de Dieu. Le zèle dont il a fait preuve en purifiant le temple, il l’avait déjà appliqué dans sa propre vie, depuis toujours. « Tu n’as voulu ni sacrifice ni offrande, mais tu m’as formé un corps. Tu n’as agréé ni holocaustes ni sacrifices pour le péché. Alors j’ai dit : Voici, je viens (dans le rouleau du livre il est question de moi) pour faire, ô Dieu, ta volonté. » Hé. 10, 5-7. Le zèle de Jésus pour accomplir la volonté de Dieu a dévoré toute sa volonté propre, ce qui l’a finalement conduit à la croix, à laquelle il a cloué le vieil homme et par laquelle il a effacé l’acte d’accusation contre nous. Le chemin a alors été ouvert pour nous, afin que nous puissions nous aussi devenir zélés pour accomplir la volonté de Dieu. Ce zèle peut maintenant nous dévorer selon la chair, afin que nous chassions toute recherche d’honneur, tout amour de l’argent et tout ce qui n’a pas sa place dans le temple de notre cœur. Tout doit être pur et libre dans notre cœur et dans notre entendement. On doit y adorer Dieu et sa volonté. Dieu porte le nom de Jaloux (Zélé, trad. norv.), alors prions comme Elias Aslaksen nous y a exhortés : Cher Zélé, rends-moi zélé !