Édification dans la paix
« L’Église était en paix dans toute la Judée, la Galilée et la Samarie, s’édifiant et marchant dans la crainte du Seigneur, et elle s’accroissait par l’assistance du Saint-Esprit. »
Voilà comment doit vivre l’Église, en tous lieux, pendant ces temps de préparation à l’avènement de Christ. Chacun doit s’examiner lui-même pour voir s’il n’est pas, d’une manière ou d’une autre, une cause d’agitation par ses pensées et ses opinions.
Un frère âgé avait causé pendant de nombreuses années bien des conflits et du trouble dans son assemblée locale. Mais un jour, en lisant dans « Trésors Cachés » un article sur le fait de se mettre soi-même en avant (n° 8 et 9/1952), une lumière céleste s’est levée dans son cœur, ce qui l’a amené à une conversion radicale et à une profonde transformation. Il a pu voir ce qu’il y a d’abominable dans le fait de vouloir s’imposer aux autres par sa propre force et ses opinions propres. Il est devenu un homme humble et paisible, rempli de joie et de paix, et une bénédiction pour l’assemblée jusqu’à ce que Dieu le rappelle à lui.
Par nature, nous sommes tous méchants et égoïstes ; c’est pourquoi il faut une conversion radicale et une nouvelle naissance par la foi, pour que nous ne fassions plus partie des fils du tumulte (Ndt : référence à Nb. 24, 17 – dans certaines traductions – et à Jé. 48, 45) mais de ceux qui procurent la paix. Ce ne sont que ceux qui procurent la paix que Dieu reconnaît comme ses fils. Nous devons rechercher tout ce qui contribue à la paix et à l’édification mutuelle. Ro. 14, 19. Si nous ne recherchons pas la paix et la sanctification, nous ne verrons pas le Seigneur. Hé. 12, 14.
Les mauvaises pensées et les soupçons sont une sinistre source d’agitation. On s’imagine voir et entendre des choses partout et que tout le monde en veut à « moi ». On parle sans arrêt de toutes sortes de choses horribles qui, si on y regarde de plus près, n’existent que dans son imagination.
Une agitation sinistre peut se propager dans l’assemblée lorsque le conjoint – souvent la femme – attise le feu de cette dangereuse suspicion. On se croit peut-être perspicace et capable de discerner les esprits, alors qu’on n’est même pas capable de se juger soi-même !
On ne trouve le repos que lorsqu’on croit en la parole qui dit que les choses cachées appartiennent au Seigneur et qu’on remet tout entre les mains de celui qui juge justement.
Ceux qui sont animés de cet esprit de suspicion habiteront des terres desséchées et brûlées ; ils n’ont aucune paix et sont poursuivis par une mauvaise conscience. Caïn vivait sans paix sur terre à cause de sa jalousie. Une vie sans paix est certainement une des choses les plus tristes et misérables qui puisse exister. Ce qui est grand et glorieux, c’est de vivre toujours dans la paix.
Il y a une expression qui dit : « Vouloir jouer au chef. » Une telle attitude crée également beaucoup d’agitation. Aucun ministère dans l’Assemblée ne doit être considéré comme une proie à saisir, à la manière humaine. Dieu choisit ses serviteurs parmi ceux qui sont humbles et qui s’humilient, et il les donne comme des dons à l’Assemblée. De telles personnes restent tout aussi paisibles qu’elles soient injuriées ou félicitées. Ce sont des serviteurs, et non pas des maîtres, affranchis de leur propre personne et liés à Christ.
« ... Personne ne peut dire : Jésus est le Seigneur ! si ce n’est par le Saint-Esprit. » 1 Co. 12, 3. Si Jésus n’est pas le Seigneur dans notre vie par la puissance du Saint-Esprit, c’est le seigneur et prince de ce monde qui nous dominera par le biais d’un esprit d’incrédulité, qui se manifestera dans toutes les choses visibles qui causent toute sorte de trouble.
L’Église s’édifie avec l’aide du Saint-Esprit, dans l’entendement et les pensées de Christ. Elle est édifiée par des paroles prophétiques claires, par l’exhortation, l’édification et la consolation. Dans une réunion de l’Église, tout doit servir à l’édification et être en accord avec les Écritures. Certains ont une propension humaine à tenir de longs discours ; cela est répréhensible. Les plus âgés doivent agir de manière à permettre aux plus jeunes de se développer et d’être perfectionnés en vue de l’œuvre du ministère. Ép. 4, 12. L’Esprit de sagesse et de révélation dans la connaissance de Dieu rend la Parole vivante, glorieuse et bénie. La Parole devient alors facilement assimilable pour ceux qui sont élus, et cela donne de la croissance et du développement.
L’Église est la maison de Dieu, son temple sur terre, et elle ne peut être édifiée que par la parole vivante de Dieu. Toutes les autres choses ne sont que bois, foin et chaume. Chacun de nous est un temple du Saint-Esprit, et avec l’aide et la puissance de l’Esprit, la Parole de Dieu, l’unique gloire qui demeure éternellement, est édifiée en nous. Lorsque Jésus reviendra bientôt, tous ces temples magnifiques du cœur seront réunis en un seul temple grand, parfait et glorieux, qui sera éternellement auprès de Dieu.
La crainte du Seigneur doit reposer sur chaque assemblée, et nous devons veiller avec soin à ce que tout se passe pour l’édification. « Puisque vous aspirez aux dons spirituels, que ce soit pour l’édification de l’Église que vous cherchiez à en posséder abondamment. » 1 Co. 14, 12. Si, par exemple, on n’a pas reçu le don des langues dans une mesure suffisante, on ne doit pas s’en servir aux réunions et encore moins lors de nos conférences. Il ne faut pas se laisser emporter par ses sentiments, mais parler selon l’inspiration de l’Esprit, de manière saine et avec modération. Aussi bien le parler en langues que l’interprétation deviennent alors une bénédiction et une édification, et l’interprétation est toujours en accord avec la Parole de Dieu. Si quelqu’un est dans le doute, il doit se taire. Le parler en langues est une louange et une action de grâce, et l’interprétation le sera alors également.
Paul exhorte à aspirer avant tout au don de prophétie, c’est-à-dire à parler aux hommes pour les édifier, les exhorter et les consoler. 1 Co. 14, 1-3.
Babylone est le lieu où résident toutes sortes d’esprits mauvais et impurs, Ap. 18, 2, mais l’Église doit être une demeure pure pour tout ce que le Saint-Esprit produit. Elle ne doit pas être souillée par tout ce qui est grand aux yeux des hommes, car ce sont des choses abominables aux yeux de Dieu.
Lorsque Paul annonçait la Parole de Dieu pour édifier le corps de Christ, il le faisait avec crainte et tremblement, et non pas avec une supériorité de langage. Il se rendait lui-même aussi invisible que possible, pour que Jésus-Christ, et Christ crucifié, soit annoncé avec puissance et gloire.
Il faut avoir cette crainte quand on se tient devant l’Église du Dieu vivant pour annoncer la parole de Dieu. On peut avoir des capacités humaines pour parler en public, et quand on en est conscient, il n’y a pas de limite à ce qu’on peut oser faire, avec une superficialité phénoménale. On est alors un comédien qui divertit son public, et non pas un serviteur de Dieu. L’attention est davantage portée sur les nombreux gestes de l’homme que sur ce qui est dit. De tels hommes peuvent tenir de longs discours agrémentés de nombreux détails amusants, mais n’ont aucun message de la part de Dieu pour l’édification de l’Église. On vole ainsi un temps précieux. Il faut se purifier de tout cela. Cinq paroles prophétiques qui édifient, exhortent et consolent valent bien mieux que toute cette mise en valeur humaine.
Un homme de Dieu qui est affranchi de lui-même et de sa propre gloire peut annoncer la parole de Dieu avec enthousiasme et joie, en usant des bras et des jambes pour souligner le message, mais il ne le fait pas pour se mettre lui-même en valeur. On est béni, encouragé et édifié par un tel message, pur et sans faille, prononcé dans l’enthousiasme de l’Esprit, tout en se tenant devant la face de Dieu, dans la crainte et le tremblement.
Puissions-nous avoir la position que Paul exprime dans Ga. 2, 20 : « J’ai été crucifié avec Christ ; et si je vis, ce n’est plus moi qui vis, c’est Christ qui vit en moi... » Aussi longtemps que « je » vis, tout ce que l’on fait est en dégoût aux yeux de Dieu. Que « me voilà, moi » ne se lève donc pas pour parler dans l’assemblée.
Veillons à ce que nos réunions ne soient pas spirituellement appauvries par tout ce qui crée du trouble. Puissions-nous nous édifier dans la paix, marcher dans la crainte du Seigneur et nous accroître par l’assistance du Saint-Esprit !