La vocation de disciple

« Le Seigneur, l’Éternel, m’a donné une langue exercée, pour que je sache soutenir par la parole celui qui est abattu ; il éveille, chaque matin, il éveille mon oreille, pour que j’écoute comme écoutent des disciples. Le Seigneur, l’Éternel, m’a ouvert l’oreille, et je n’ai point résisté, je ne me suis point retiré en arrière. » És. 50, 4-5.

La vocation de disciple est une vocation sacrée, la plus haute vocation qu’un être humain puisse recevoir. Jésus lui-même était disciple de son Père céleste. Son oreille était éveillée chaque matin, pour qu’il écoute comme écoutent des disciples. Personne ne s’est jamais senti aussi pauvre en esprit que Jésus. Il ne faisait rien de lui-même, mais seulement ce qu’il entendait de son Père céleste. C’est pourquoi il a débuté son Sermon sur la montagne, adressé à ses disciples, par ces mots : « Heureux les pauvres en esprit, car le royaume des cieux est à eux. » Ce n’est que dans cette pauvreté en esprit que les disciples pouvaient être formés par le Maître et remplis de sa plénitude. Les apôtres ont servi selon la puissance et la grâce que Dieu leur donnait. Ils n’avaient rien en eux-mêmes dont ils pouvaient se glorifier.

On peut côtoyer des disciples, écouter et observer, sans pour autant devenir soi-même un disciple de Jésus. Personne n’entend des choses aussi merveilleuses qu’un disciple, et avec sa langue de disciple, il peut prononcer des paroles pleines de consolation et de réconfort. On peut fréquenter l’assemblée pendant des années et rester découragé et abattu. On n’a pas alors écouté comme écoutent des disciples. Le disciple entend cet appel : « Il y a de l’espoir, il y a du réconfort, il y a de l’aide, il y a un héritage éternel et une gloire à atteindre ». Les prophètes ont vu et se sont réjouis, et Jésus a contemplé les choses célestes et s’est réjoui tout en souffrant la croix, méprisant l’ignominie. Dans la nouvelle alliance, nous avons l’Évangile d’une gloire qui ne périt jamais.

« Vous aurez des tribulations dans le monde », dit Jésus. Nous ne pouvons pas échapper aux souffrances et aux tribulations, car c’est précisément à travers elles que l’image de Christ est formée en nous. Le fait de souffrir, supporter, porter et tout endurer fait partie du contrat du disciple. Le Seigneur répand dans nos cœurs l’amour qui supporte tout, pardonne tout, espère tout et croit tout.

Comme jamais auparavant, nous avons besoin de langues de disciples pures qui expriment ce qui habite dans le cœur de disciples. Tabitha était une disciple. Il y a un grand besoin de telles disciples avec un cœur entier, dotées d’une langue de disciple pour réconforter leurs sœurs en leur apportant ce qu’elles ont vu et entendu dans la communion avec Christ et les saints. Elles sont en mesure de parler pour édifier, exhorter et consoler. 1 Co. 14, 3.

Il y avait beaucoup de femmes qui écoutaient les apôtres, mais seule Lydie a eu les oreilles attentives et le cœur disposé à comprendre ce que disait Paul. Elle avait une telle faim de la parole de Dieu qu’elle les a pressés d’entrer dans sa maison afin qu’elle puisse entendre davantage. Ac. 16, 13-15.

La plupart des gens n’écoutent que leurs propres intérêts et n’ont aucun autre contenu que leurs propres opinions sur ce qu’ils pensent et ce qu’ils peuvent réaliser par eux-mêmes. Les disciples écoutent pour acquérir quelque chose qui les formera, pour qu’ils deviennent comme le Maître. Celui-ci travaille pour que son image, sa propre vie et son être pénètrent en nous par sa parole vivante. Au départ, il voit en nous toutes sortes d’images étranges. Mais si nous sommes attentifs et obéissants à sa voix, le Maître est habile pour nous façonner et nous former. Nous sommes alors tous transformés en la même image, de gloire en gloire, par l’Esprit du Seigneur. 2 Co. 3, 18.

Un disciple a jeté l’ancre dans le ciel lui-même, et non dans des hommes, des maisons, des voitures ou des choses matérielles. C’est pourquoi sa joie et sa paix sont inébranlables. Les disciples allaient recevoir en eux la joie parfaite de Jésus en obéissant à sa parole. Jn. 17, 13.

Ce n’est que dans les disciples que Jésus peut accomplir son œuvre glorieuse. Ils en ont fini avec le monde et les choses du monde, et ils se haïssent eux-mêmes.

Pendant trois mois, Paul a parlé librement dans la synagogue des choses qui concernent le royaume de Dieu. Mais, comme quelques-uns restaient endurcis et incrédules, décriant devant la multitude la voie du Seigneur, il se retira d’eux, sépara les disciples, et enseigna chaque jour dans l’école d’un nommé Tyrannus. Cela dura deux ans. Ac. 19, 9-10. Si l’on parle de rédemption, les gens écoutent, mais si l’on parle du chemin de la croix et du renoncement à soi-même, on se heurte rapidement à de nombreuses oppositions. Dans l’Église primitive, ils parlaient tellement de la voie qu’ils étaient appelés « la Voie », et leurs adversaires qualifiaient cette voie de Dieu de secte. Ac. 24, 14. Nous ne devons pas transiger sur la vérité pour garder les foules, mais séparer les quelques disciples et leur enseigner la voie de Dieu, la voie nouvelle et vivante à travers la chair. Jésus a séparé ses disciples de la foule lorsqu’il a prononcé pour eux le Sermon sur la montagne. Ce qu’il disait venait de sa propre vie, et c’était cette vie-là à laquelle il voulait que ses disciples aient part. Ils y ont effectivement eu part, et l’ont annoncée à leur tour. 1 Jn. 1. C’est la même chose que les disciples annoncent de nos jours.

Puissent beaucoup être touchés par la vocation de disciple et la considérer comme la seule chose grande et glorieuse !