Le chemin vers le bas

novembre 1946

Le chemin vers le bas

Christ est monté en haut, il a emmené des captifs, et il a fait des dons aux hommes. Or, que signifie : Il est monté, sinon qu’il est aussi descendu dans les régions inférieures de la terre ? Celui qui est descendu, c’est le même qui est monté au-dessus de tous les cieux, afin de remplir toutes choses. Ép. 4, 8-10.

Jésus a renoncé à être égal avec Dieu, c’est-à-dire égal avec l’image de Dieu, mais il n’a pas renoncé à être saint, pur et non souillé par le péché. De cette façon, il a continué à être semblable à Dieu, mais il a pris une forme de serviteur, en devenant semblable aux hommes ; et ayant para comme un simple homme, il s’est humilié lui-même, se rendant obéissant jusqu’à la mort, même jusqu’à la mort de la croix. Ph. 2,6-8.

Il s’est humilié lui-même en devenant semblable aux hommes, et ensuite il s’est humilié en se rendant obéissant jusqu’à la mort. D’abord, il a quitté le ciel pour venir sur terre, et ensuite, il a quitté ce qui était humain et est descendu dans les régions inférieures de la terre. Il a été méprisé, haï, raillé, soupçonné, mal compris, insulté, déshonoré, considéré comme un fou, comme un transgresseur, etc. L’obéissance envers le Père a conduit Jésus dans les régions inférieures de la terre. C’est là qu’il a souffert la mort selon la chair et qu’il a été rendu vivant selon l’esprit.

C’est ce chemin vers le bas que Jésus nous invite à suivre lorsqu’il dit : «Si quelqu’un veut venir après moi, qu’il renonce à lui-même, qu’il se charge de sa croix, et qu’il me suive.» Mt. 16, 24. «Car le Fils de l’homme doit venir dans la gloire de son Père, avec ses anges ; et alors il rendra à chacun selon ses œuvres.» V. 27. Donc pas selon les œuvres de Jésus seul, comme le prétendent beaucoup, mais selon nos propres œuvres, faites dans la foi de Jésus.

«Car Dieu, ce me semble, a fait de nous, apôtres, les derniers des hommes, des condamnés à mort en quelque sorte, puisque nous avons été en spectacle au monde, aux anges et aux hommes. Nous sommes fous à cause de Christ, nous sommes faibles, nous sommes méprisés. Nous sommes injuriés — et nous bénissons ; nous sommes persécutés — et nous le supportons ; nous sommes calomniés et nous parlons avec bonté ; nous sommes devenus comme les balayures du monde, le rebut de tous, jusqu’à maintenant.» 1 Co. 4, 9-13. C’est l’obéissance envers Dieu et une soumission totale à Sa volonté qui a conduit les apôtres aux régions inférieures de la terre. Ils y avaient une communion bénie avec leur Sauveur. C’était tout à fait autre chose que de devenir «grand» dans ce monde.

Ce chemin de la mort pour la chair est le chemin de Christ, et il nous conduit à deux choses essentielles pour notre salut :

1. Il nous conduit personnellement à travers la mort vers la vie ; cela devient vrai en nous comme c’était vrai en Christ. «Car, pour ce qui concerne toutes les promesses de Dieu, c’est en lui qu’est le oui ; c’est pourquoi encore F Amen par lui est prononcé par nous à la gloire de Dieu.» 2 Co. 1, 20.

2. Le chemin vers le bas-nous unit en Christ et nous fait devenir un. Nous apprenons à nous aimer les uns les autres comme Christ nous a aimés, c’est-à-dire quand nous lui étions encore opposés. Les liens autour de notre cou sont déliés. Personne ne peut plus nous faire obstacle ; nous sommes prêts à aller à droite ou à gauche, si quelqu’un n’apprécie pas notre compagnie. Nous croyons en la bénédiction de Dieu et non en ce que cette terre peut nous donner. Nous obtenons un cœur de père, qui lie les uns aux autres ; car nous ne sommes rien à nos propres yeux.

Mais beaucoup de gens considèrent ce chemin comme un abîme où ils pourraient perdre tout ce qu’ils aiment. Celui qui veut perdre sa vie la trouvera. Que sert-il à un homme de gagner le monde entier, si son âme en pâtit ? Ou que donnerait un homme en échange de son âme ?

On se bat pour son propre honneur et pour sa propre existence ; on se bat pour son droit, et on ne comprend pas que c’est Jésus qui doit défendre notre droit, le droit de mourir à nous-mêmes et de vivre pour Dieu en Jésus-Christ.

Nous devenons alors héritiers de Dieu et cohéritiers de Christ, et toutes choses nous appartiennent. Tout ce qui est sauvé des filets de Satan, même la plus petite chose, nous appartient. Puissions-nous avoir l’entendement de Jésus, pour nous laisser conduire sur le chemin qu’il a suivi !