In memoriam : Johan O. Smith

mai/juin 1943

Johan O. Smith

Notre frère bien-aimé, hautement estimé dans le Seigneur, qui a été notre conducteur et berger vigilant, excellent et fidèle pendant tant d’années, s’est éteint dans la nuit du 1er mai 1943.

Le plus grand homme de Dieu que nous ayons connu dans notre siècle a ainsi terminé sa course dans ce monde.

Il est mort dans son foyer. Les dernières paroles qu’on l’a entendu prononcer, un peu plus tôt dans la nuit, alors qu’il priait Dieu et le louait, étaient : « Oui, merci, gloire à Dieu ! » Cela convenait bien à la fin d’une telle vie et d’une telle course.

Sa fidélité envers Dieu, et la lumière que Dieu lui a donnée, dépassent dans une large mesure ce qui est habituel, dans une telle mesure qu’il faut le considérer comme un réformateur.

Lorsque Dieu lui a révélé son chemin, la route nouvelle et vivante, qui mène au sanctuaire à travers la chair de Jésus, Hé. 10, 19 et 20, il a été fidèle envers cette lumière, et il a commencé à en faire part, tant oralement que par écrit, à d’autres croyants, et entre autres aux dirigeants chrétiens dont il pensait qu’ils étaient les mieux placés pour recevoir cette lumière. Mais ils sont devenus ses adversaires. Ce que l’un d’eux a dit est très caractéristique :

« C’est sans doute vrai, mais on ne réunira pas beaucoup de monde de cette manière-là. »

On a donc préféré taire la vérité, lui résister, et même mettre en garde contre elle et la condamner, plutôt que de l’accepter et de l’annoncer, puisqu’elle aurait eu pour conséquence qu’il y aurait eu peu d’adhérents et de membres ! Quelle terrible infidélité !

Nous devons d’autant plus fortement louer Dieu et le remercier pour la fidélité du fr. Smith ! Bien qu’il ait rencontré de la résistance de quelque côté qu’il se soit tourné, il a gardé fidèlement la lumière que Dieu lui avait donnée avec une telle clarté et une telle précision. Il a choisi – s’il le fallait – de rester seul tout le reste de sa vie, en dehors du camp, dans la fidélité envers son Seigneur et Maître, plutôt que d’être infidèle pour être ainsi approuvé par la foule.

Qu’est-ce donc qui était tellement vrai, mais qui avait pour effet qu’on ne puisse pas gagner la foule, mais qu’au contraire on se retrouve avec presque toutes les personnes religieuses et leurs dirigeants contre soi ?

C’est le fait que nous devons renoncer à nous-mêmes, nous charger de notre croix et suivre les traces de Jésus-Christ, que nous devons vraiment faire la volonté de Dieu avec notre corps, que c’est à la fois possible et qu’il s’agit réellement de le faire, que c’est à cela que nous avons été appelés et que c’est pour cela que Dieu veut donner sa grâce et son secours, que nous sommes appelés à nous vaincre nous-mêmes et tout le péché dans ce monde, à dire la vérité, pratiquer la justice, nous humilier nous-mêmes, et observer en tout point les commandements de Dieu, toutes les lois de l’Esprit de vie en Jésus-Christ, comme les Écritures nous enseignent si clairement et nous exhortent partout à le faire !

Et c’est donc de cela qu’on était adversaire, et que l’on continue à être adversaire ?! Oui, pratiquement tout le monde religieux s’oppose fermement à cela. Il faut le dire à leur honte à tous, et particulièrement à la honte de leurs conducteurs, qui portent bien sûr la responsabilité principale de cette stupidité désastreuse !

Mais la fidélité inébranlable du frère Smith brille et resplendit d’autant plus glorieusement, et elle a été richement récompensée, tant pour ce qui est de la gloire de sa propre vie intérieure que pour ce qui est des fruits extérieurs – les effets produits dans les cœurs et les vies des autres ! Loué soit Dieu !

Le fr. Smith a vraiment fait autre chose que de vivre en vain, autre chose que de s’égarer, autre chose que de s’occuper de querelles de mots !

Lui-même :

Au lieu de discuter et de défendre quelques théories, et d’être lui-même en pratique semblable aux autres gens, et de finir comme tellement d’autres conducteurs, vides et secs dans leurs vieux jours, de sorte qu’on préférerait être dispensé de devoir les écouter – c’est le chemin de la vie lui-même, le chemin de la sanctification, le chemin de la transformation, que le fr. Smith a trouvé et sur lequel il a marché. Il a ainsi été et il a continué à être un homme de l’Esprit, un homme brûlant de zèle et de force, toujours arrosé avec une huile fraîche, avec de nouvelles lumières et de nouvelles révélations dans la connaissance de Dieu, au sujet de la vie et du ministère dans l’Assemblée, jusqu’à la fin !!! Ce n’est sans doute pas facile de trouver son semblable dans ce monde !

Sur ce chemin de la vie, il a eu en vérité part à la nature divine, conformément à ce qu’enseignent les Écritures. C’était un homme exceptionnellement juste, exact et vrai, fort et hardi pour proclamer ce qui était vrai et juste aux grands et aux petits, tout en étant un homme tout particulièrement doux, patient et indulgent, humble et petit à ses propres yeux, complètement à l’opposé des dirigeants religieux et des « grands hommes » en général !

Oh ! combien de choses tous ces gens auraient pu apprendre et recevoir de la part de ce précieux frère et conducteur ! Mais ils ont préféré s’opposer à lui ! Et maintenant, il est trop tard !

Avec un œil et un cœur vigilants, et avec un esprit sans fraude, il a été fidèle dans sa vocation et ses dons, dans son ministère à l’égard de toutes les assemblées ici dans le pays et à l’étranger, jusqu’à sa mort. C’est à la conférence à Hokksund que nous avons été pour la dernière fois avec lui, juste avant Pâques. Il était plein d’esprit et de vie, de bénédiction et de gloire, comme d’habitude. Et par la grâce inexprimable de Dieu, j’ai pu personnellement partager avec lui cette communion et cette gloire sans interruption pendant 35 ans environ, sans une seule faille. Il y en a plusieurs qui peuvent apprécier à sa juste valeur ce que cela veut dire.

Il n’avait pas son égal ; c’est l’homme ayant le plus de contenu, le plus fidèle, le plus digne d’être aimé et le plus béni que j’aie jamais vu et entendu. Son souvenir est une bénédiction éternelle. Loué soit le Seigneur ! Bientôt nous serons à nouveau réunis avec lui, revêtus de corps incorruptibles, si seulement nous aussi, nous restons fidèles jusqu’à la fin.

Les fruits de son ministère :

Alors qu’au départ tous le contredisaient, s’opposaient à lui et le rejetaient partout, il a expérimenté ce qui est écrit en És. 60, 22 : « Le plus petit deviendra un millier, et le moindre une nation puissante. Moi, l’Éternel, je hâterai ces choses en leur temps. »

Les choses ne sont pas vraiment allées vite au début, loin de là – mais cela est venu au temps voulu. Les réveils se sont alors succédés, tout comme les conquêtes. Ville après ville et bourgade après bourgade se sont ouvertes pour ces vérités magnifiques et libératrices. Beaucoup d’âmes ont été sauvées du monde, et beaucoup d’âmes sont sorties des différents camps et ont ouvert les yeux pour découvrir une vie plus profonde en Dieu. Le salut qui a eu lieu est indescriptiblement grand.

Au début, ce n’était pas facile de gagner qui que ce soit. C’est difficile de recevoir quelque chose de la part d’un homme qui est contredit et rejeté par tous ceux qui sont censés y connaître quelque chose, même si ce qu’il dit est à la fois vrai, noble et bon ! Mais Dieu a conduit les hommes qu’il fallait sur le chemin du fr. Smith, l’un après l’autre, et la vérité a été reçue petit à petit, par un nombre croissant d’hommes qui l’aimaient, qui l’ont suivie et qui l’ont annoncée.

Mais plusieurs années se sont écoulées avant que le résultat soit un petit groupe qui se réunissait dans un foyer à Horten. Mais comme il est écrit, il ne faut pas mépriser le jour des faibles commencements. Et même si le groupe était petit, et qu’il était difficile d’en faire partie, il était cependant – par la nature même des choses – d’autant plus viable et rempli de la semence de la vie, et c’est pourquoi il n’a pu faire autrement que croître et se développer. C’était en effet la vie même en Dieu que nous avions trouvée, et pas seulement quelques principes doctrinaux.

Ainsi, un seul homme, par sa fidélité inébranlable, est devenu un millier, et même plus, répartis à différents endroits en Norvège, au Danemark et dans quelques autres pays.

Toutefois, ce n’est pas le nombre qui pèse tellement lourd dans la balance, car si c’était le cas, il y en a sûrement d’autres qui sont plus nombreux, mais c’est la longueur, la largeur et la profondeur de la vie en Dieu à laquelle chacun en particulier a été amené, la communion fervente et divine qui en résulte et que ces hommes ont avec Dieu et les uns avec les autres, de même que la victoire sur le péché et la sanctification auxquelles nous sommes parvenus par la riche grâce de Dieu. L’origine de tout cela doit être cherchée dans la vie et le travail de ce serviteur du Seigneur béni et fidèle.

Quel fruit indescriptiblement glorieux de la vie d’un seul homme ! Quelle couronne magnifique l’attend ! Il lui est arrivé ce qui est écrit en Ésaïe 49.

Il a aussi pu jouir de ces fruits précieux : il a pu voir tous ses enfants suivre le même chemin, et l’un de ses fils devenir même un collaborateur précieux et digne de confiance sur le chemin de Dieu.

Ces paroles de Jésus sont certaines, sans la moindre possibilité de contradiction : « Tout bon arbre porte de bons fruits, mais le mauvais arbre porte de mauvais fruits. Un bon arbre ne peut porter de mauvais fruits, ni un mauvais arbre porter de bons fruits. » Mt. 7.

Nous avons une dette de reconnaissance éternelle envers notre bien-aimé frère J. O. Smith. Loué soit son souvenir inoubliable !