Libre du péché

mai 1942

Libre du péché

Car celui qui est mort est libre du péché. Ro. 6, 7.

Celui qui est mort ne pèche pas. Il est libre du péché. Il est irréprochable quant à la loi, puisqu’il n’enfreint pas la loi. Il ne ment ni ne vole. Aucun commandement de la loi ne peut l’attaquer.

Or, si nous sommes morts avec Christ, nous croyons que nous vivrons aussi avec lui. Ro. 6, 8.

Nous devons croire que nous sommes morts avec Christ. Dans ce cas, le péché n’a aucun pouvoir sur nous. Par sa mort, Jésus est mort au péché. Crois que tu es mort avec lui, et tu vivras aussi avec celui qui est ressuscité pour notre justification. Sa vie, c’est pour Dieu que Christ la vit. C’est cette vie-là qui est notre vie – Christ, notre vie.

De cette manière se manifeste la seule chose qui compte pour maintenant comme pour l’éternité, à savoir être une nouvelle créature. Une créature rendue vivante par le second Adam, qui est devenu un Esprit vivifiant. Cet Esprit vivifiant n’est revêtu d’aucun autre corps que notre corps terrestre. C’est pour cela que nous devons offrir notre corps terrestre comme un sacrifice agréable à Dieu. C’est là notre culte spirituel. C’est dans ce corps terrestre que sont choisis les sacrifices. Jésus dit : Tu n’as voulu ni sacrifice ni offrande, mais tu m’as formé un corps : Voici, je viens pour faire, ô Dieu, ta volonté.

Dans l’ancienne alliance, on égorgeait le bétail. C’est le sacrifice. Mais quand on mangeait le bétail qui avait été sacrifié, cela devenait une offrande. Pour nous aussi, notre agneau pascal, Christ, a été immolé. C’est le sacrifice. Ce côté de la chose est clair, c’est Dieu qui l’a réalisé. Mais il nous reste à manger de sa chair et à boire de son sang, dont Jésus dit lui-même que c’est en vérité une nourriture et en vérité une boisson. Qu’est-ce que cela signifie, de notre part ? Quand nous résistons au péché jusqu’au sang, nous marchons dans la lumière, et le sang de Jésus son Fils nous purifie de tout péché. La chair, qui est en vérité une nourriture, est la chair de l’agneau immolé, d’où le péché a été chassé par une vie selon la volonté de Dieu ; car c’est pour faire la volonté de Dieu que Christ a été manifesté en chair. Ce qui était vrai pour Jésus devient alors vrai pour nous. Ma nourriture est de faire la volonté de mon Père. C’est ici que se trouve la communion des souffrances de Christ, et ce qui est écrit se réalise : Car c’est le moment où le jugement va commencer par la maison de Dieu. Or, si c’est par nous qu’il commence, quelle sera la fin de ceux qui n’obéissent pas à l’Évangile de Dieu ? Et si le juste se sauve avec peine, que deviendront l’impie et le pécheur ? 1 Pi. 4, 17-18.

C’est ici la marche sur le chemin nouveau et vivant au travers du voile, qui est sa chair. C’est le chemin de la lumière, le chemin du jugement. Sur ce chemin, même le juste est sauvé avec peine du pouvoir du péché intérieur ; comment le pécheur et l’impie, qui n’a même pas commencé sur le chemin, pourrait-il s’imaginer arriver au but sur ce sentier étroit ?

C’est là le chemin de la mort ici-bas, pour atteindre la justice sur le fondement de la résurrection ; car Christ est ressuscité pour notre justification. Et si nous sommes morts au péché avec lui, nous vivrons avec lui dans la résurrection. Ce qui est écrit devient alors vrai : Nous qui vivons, nous sommes sans cesse livrés à la mort à cause de Jésus, afin que sa vie soit manifestée dans notre chair mortelle. Ici se manifeste la mesure du temple – le temple pour la nouvelle créature – que l’ange devait mesurer avec un roseau d’or. C’est la mesure de la hauteur de notre croissance en Christ. Mais il ne fallait pas seulement mesurer la hauteur, mais aussi la profondeur – à quel point nous nous sommes abaissés. C’est pourquoi il est dit que l’ange devait mesurer avec un roseau d’or l’autel et ceux qui y adorent. Ap. 11, 1.

Toutes les âmes qui ont cette attitude de cœur appartiennent à l’Épouse, ou la ville qui descend du ciel. C’est pourquoi il est dit que l’ange avec son roseau d’or devait mesurer la ville. Celui qui me parlait avait pour mesure un roseau d’or, afin de mesurer la ville, ses portes et sa muraille. La ville a la forme d’un carré, et sa longueur est égale à sa largeur. Il mesura la ville avec le roseau, et trouva douze mille stades ; la longueur, la largeur et la hauteur en étaient égales. Ap. 21, 15-16.

C’est cette ville, avec ses fondements solides, dont Dieu est l’architecte et le maître d’œuvre, qu’Abraham a attendue quand il habitait comme un étranger dans des tentes, dans le pays promis. C’est cette ville que la création tout entière attend, en soupirant et en souffrant, en attendant la délivrance des enfants de Dieu, pour qu’elle aussi soit affranchie et parvienne à la liberté de la gloire de Dieu.