Ariel

juin 1939

Ariel

És. 29,1-5

«Malheur à Ariel, à Ariel ! Cité dont David fit sa demeure !»

Ariel aurait dû être un lion de Dieu, capable d’anéantir ses ennemis. Mais ce n’était pas un lion de Dieu. Il avait trop de confiance en lui-même. C’était pourtant là que David avait établi son camp. Ariel avait trop de choses dont il pouvait se glorifier ; il était bien trop élevé. Il était un lion en lui-même.

Il y a aussi beaucoup de gens de nos jours qui veulent, comme Ariel, être des lions de Dieu. Par l’Évangile, ils ont pu voir le péché, et ils ont compris qu’il faut l’anéantir. Ils se mettent à l’œuvre comme des lions, et les résultats semblent tout à fait remarquables.

«Ajoutez année à année, laissez les fêtes accomplir leur cycle.»

Il y a un temps pendant lequel Dieu couvre Ariel de sa grâce. Il a vaincu les ennemis les plus manifestes, et il observe les fêtes. Il se réjouit, mais il ne connaît pas sa vraie détresse.

Beaucoup de gens prennent plaisir à avoir affaire à un tel Ariel, et ils placent leur confiance en lui, mais ils sont déçus. Ariel est encore bien trop élevé.

«Puis j’assiégerai Ariel (je le mettrai à l’étroit, autre trad.) ; il y aura des plaintes et des gémissements, et la ville sera pour moi comme un Ariel.»

Personne ne devient un vrai Ariel (c’est-à-dire un lion de Dieu) sans être d’abord passé par les plaintes et les gémissements. Quand Dieu retire en partie la grâce qu’il fait reposer sur nous, si bien que nous voyons notre véritable état, nous nous retrouvons à l’étroit. Nous avons alors l’impression qu’il nous investit de toutes parts, qu’il nous cerne par des postes armés, et qu’il élève contre nous des retranchements. C’est à ce moment-là que nous commençons à voir notre véritable état, et que nous descendons de nos hauteurs. Le soi-disant lion en nous est alors anéanti.

«Tu seras abaissée, ta parole viendra de terre, et les sons en seront étouffés par la poussière ; ta voix sortira de terre comme celle d’un spectre, et c’est de la poussière que tu murmureras tes discours.»

C’est alors que s’accomplit la parole : «J’habite dans les lieux élevés et dans la sainteté ; mais je suis avec l’homme contrit et humilié, afin de ranimer les esprits humiliés, afin de ranimer les cœurs contrits.» És. 57, 15. Ce n’est que lorsque nous sommes devenus de la poussière à nos propres yeux, que Dieu devient notre seul refuge. C’est alors seulement que nous devenons un véritable Ariel.

«La multitude de tes ennemis sera comme une fine poussière, cette multitude de guerriers sera comme la balle qui vole, et cela tout à coup, en un instant.»

Maintenant commence une vie victorieuse. On est devenu en vérité un lion de Dieu. On peut faire confiance à de telles personnes.

Beaucoup de gens font des efforts année après année, sans parvenir à une vie victorieuse. Ils se sont fatigués à de multiples reprises, mais à chaque fois, ils ont retrouvé de la vigueur dans leur propre main, et ils ont repris les efforts pour essayer d’être un lion.

De telles personnes ne se sont pas vraiment retrouvées dans la poussière, pour y trouver la vraie ligne de départ. Au milieu de leur misère, elles restent fortes. Elles ont un esprit raide et dur, qui pense dans sa force savoir tout mieux que les autres. És. 46, 12.

Quand Dieu a voulu les amener dans les tribulations et les assiéger pour briser leur esprit, pour qu’il puisse y habiter, elles ont abandonné et se sont retirées. De telles personnes n’expérimentent jamais que leurs ennemis sont comme la balle qui vole.

La parole de Dieu est vivante et efficace, plus tranchante qu’une épée quelconque à deux tranchants, pénétrante jusqu’à partager âme et esprit. Hé. 4, 12.

L’âme est la vie de l’homme. C’est là que se trouvent ses sens, sa compréhension, ses expériences, ce dont il est capable et sa force. Toutes ces choses sont de la terre, sont terrestres. Rien de cela n’a de valeur dans le royaume de Dieu. C’est pourquoi ces choses sont un obstacle, quand l’âme et l’esprit ne sont pas séparés, et Dieu ne peut pas communiquer sa force et sa sagesse. Lorsque de tels hommes veulent servir Dieu, ils le font d’une manière terrestre, selon ce que leur enseignent leurs sens naturels ; leur manière de faire est purement humaine. On le sent bien, quand ils veulent être pleins d’amour ou au contraire tranchants, doux ou zélés, cela vient de l’âme, c’est un soi-disant Ariel. La vie propre transparaît.

L’âme doit être livrée à la mort. Pour que cela se fasse, Dieu élève des retranchements contre nos opinions, il assiège nos expériences, il cerne notre force, de sorte que nous commençons à parler à voix basse. Lorsque nous sentons dans notre esprit que nous ne pouvons plus nous fier à ce que nous pensons, à nos opinions, à ce que nous avons imaginé et vu, tout s’obscurcit pour nous. Si nous ne nous retirons pas à ce moment-là, mais que nous croyons, et que nous crions à Dieu, du sein des ténèbres, pour qu’il nous donne sa force et sa sagesse, alors se produit une séparation entre l’âme et l’esprit. Et Dieu prend habitation dans l’esprit contrit et brisé. Nous sommes placés dans les lieux célestes, au lieu d’avoir un esprit captif des choses terrestres, par l’intermédiaire de l’âme, comme c’était le cas auparavant. Nous sommes alors devenus un vrai Ariel.

On peut aussi sentir alors, quand nous sommes zélés ou doux, pleins d’amour ou sévères, que cela vient d’en haut et que c’est divin. Cela a un effet puissant, et la parole s’accomplit : «La multitude de tes ennemis sera comme une fine poussière, cette multitude de guerriers sera comme la balle qui vole, et cela tout à coup, en un instant.»