Offre ton Isaac en sacrifice
La mort de Christ, qui agit en nous par un Esprit éternel, est à l’œuvre aussi longtemps que la chair existe. L’Esprit nous baptise pour former un seul corps, et il produit ensuite la mort dans ce même corps. La manière dont l’Esprit menait à la mort dans le corps de Jésus était tellement cachée aux yeux des disciples qu’ils ne pouvaient pas comprendre quand Jésus en parlait. En effet, comme l’œuvre de l’Esprit en Christ n’était pas encore achevée, elle ne pouvait pas agir sur d’autres personnes. C’est pourquoi il était avantageux que Jésus les quitte, pour que le Consolateur puisse être détaché de la chair de Christ et être envoyé comme témoin du sacrifice qui avait été fait pour la réconciliation et le salut du monde.
Jésus a souffert quand il était tenté, et il a aussi souffert de voir que ses disciples ne le comprenaient pas. Il était lui-même le sacrifice, et ne pouvait trouver de consolation auprès d’êtres naturels. Dieu a dû lui envoyer des anges pour le consoler. Il n’avait pas de précurseur, car il était lui-même le précurseur. Personne n’était donc capable de lui montrer le chemin ; il est lui-même devenu le chemin.
Maintenant, ce chemin a été frayé, et il est ouvert ; les sacrifices, le sang, le feu, la consolation et la gloire se trouvent dans le corps, à la disposition de ceux qui veulent Le suivre.
Quand il se sacrifiait au service des autres, Paul pouvait se réjouir d’être compris, ce qui est un grand avantage. C’est ainsi qu’il dit : Et même si je sers de libation pour le sacrifice et pour le service de votre foi, je m’en réjouis, et je me réjouis avec vous tous. Vous aussi, réjouissez-vous de même, et réjouissez-vous avec moi. Ph. 2, 17-18.
La vie de Paul était dans le corps de Christ, puisqu’il dit : Christ est ma vie. Il a trouvé dans ce corps tout ce qui contribue à la vie et à la piété. Les tribulations de Christ y étaient abondantes, mais la consolation aussi. Il était serviteur de l’Esprit ; mais l’Esprit qu’il servait prenait toujours de ce qui est à Christ. Quand donc il servait de libation pour le service des autres, il pouvait se réjouir à chaque fois que quelqu’un devenait participant avec lui de la gloire qui était dans le même corps, ce corps dans lequel il servait l’Esprit.
Jésus n’a pas eu cet avantage. Il a souffert patiemment à cause de la joie qui l’attendait, et il aspirait à voir arriver l’heure de son départ, car il savait que le consolateur pourrait alors venir parler de ce qui était incompréhensible aux autres pendant les jours de sa chair.
Nous pouvons nous réjouir ensemble dans la communion de l’Esprit ; Jésus, en revanche, ne pouvait se réjouir avec personne dans la communion de l’Esprit, car le Saint-Esprit n’avait pas encore été envoyé par le Père. Cela augmentait sa souffrance et renforçait son désir de partir.
Comme il a conservé cette communion avec le Père pendant les jours de sa chair, sans nous, il exige en contrepartie que nous renoncions à toute communion de nature charnelle, pour gagner la communion qu’il a avec son Père. C’est pourquoi Jean dit : Ce que nous avons vu et entendu, nous vous l’annonçons, à vous aussi, afin que vous aussi vous soyez en communion avec nous. Or, notre communion est avec le Père et avec son Fils Jésus-Christ. Et nous écrivons ces choses afin que notre joie soit parfaite. 1 Jn. 1, 3-4.
Si quelqu’un veut avoir une joie parfaite, qu’il renonce donc à toute communion de nature charnelle, pour gagner la communion avec le Père et avec son Fils Jésus-Christ.
Cette communion s’acquiert par l’obéissance de la foi, et nous met par des forces éternelles en relation avec le Père, qui a promis de montrer dans les temps à venir l’infinie richesse de sa bonté envers nous par Jésus-Christ.
Si nous servons alors de libation dans notre service pour les autres, et que nous présentons la foi des autres comme une offrande, nous le faisons pour être un simple membre de son corps, et pour servir à la gloire de celui qui dira lorsque le moment sera venu : Me voici, moi et les enfants que tu m’as donnés. Car si Christ a produit toute cette gloire sans que nous y soyons pour quoi que ce soit, et qu’il nous a malgré cela rendus participants à cette gloire, c’est à lui seul que revient tout l’honneur, comme il est écrit : Où donc est le sujet de se glorifier ? Il est exclu. Par quelle loi ? Par la loi de la foi ! Ro. 3, 27. Et le juste vivra par la foi !
Paul présentait la foi d’autres personnes comme une offrande. Le but de son travail était de présenter une vierge pure à Christ. Il n’attachait pas les gens à sa propre chair, mais il disait : Qu’est-ce que Paul ? qu’est-ce donc que Céphas ? C’est ainsi qu’on offre la foi des autres en offrande. Lorsqu’on a gagné des âmes pour Christ, on doit les laisser aller à Christ, et non les lier par toutes sortes de liens à sa propre personne, pour en tirer un avantage.
Quand on offre à Christ ceux qu’on a gagnés pour lui, on comprend ce que Paul veut dire quand il parle de servir de libation. Mais ce qu’on offre ici, on le retrouvera à la résurrection. C’est pourquoi l’apôtre dit : Qui est, en effet, notre espérance, ou notre joie, ou notre couronne de gloire ? N’est-ce pas vous aussi, devant notre Seigneur Jésus, lors de son avènement ?
Quand on est dans le corps de Christ, on s’offre soi-même en sacrifice, et on offre ce qu’on gagne – on fait tout cela pour que la vie de Christ se manifeste dans notre corps mortel. C’est par la foi qu’Abraham a reçu Isaac, mais c’est aussi par la foi qu’il l’a offert en sacrifice, pour que tous les liens charnels et terrestres soient rompus et que des liens éternels puissent être établis. Et il a retrouvé son fils comme s’il était ressuscité – non plus comme un fils terrestre, mais comme un fils éternel, dont il est dit : En Isaac sera nommée pour toi une postérité. Hé. 11, 18.
Si on offre en sacrifice l’Isaac qu’on a gagné, il est préservé dans le corps, qui est l’Assemblée, par l’aide que Dieu donne au moyen des uns et des autres. Mais si on ne l’offre pas, on doit se donner beaucoup de mal pour créer des congrégations et ériger des barrières, pour le garder prisonnier. Isaac est né pour la liberté et ne peut pas se sentir à l’aise s’il est traité comme un prisonnier sous surveillance dans une assemblée constituée de façon charnelle. C’est pourquoi on en voit beaucoup qui s’évadent quand ils sont convaincus de quelque chose de meilleur. Leurs gardiens restent stupéfaits et muets et se demandent ce qui va se passer, quand on libère les âmes des formes stériles et des murs de protection charnels. Mais les choses se passent bien. Laisse donc Isaac s’en aller. Nous avons été baptisés d’un seul Esprit pour former un seul corps (une seule Assemblée). Dieu n’a pas formé d’autre Assemblée que celle-là, mais les hommes, eux, ont créé plein d’autres assemblées, où on retient les « Isaac » qu’on a gagnés dans des partis en les marquant du nom de la congrégation charnelle qui les a gagnés.
Nous comprenons qu’il faut plus de cet état d’esprit : se sacrifier soi-même et offrir ceux qu’on gagne.
Certains objecteront peut-être qu’il faut veiller sur ceux qu’on a gagnés pour le Seigneur. Faut-il juste les laisser suivre leur propre voie ?
Non, mais nous devons servir notre Seigneur et Maître de telle manière qu’il puisse dire lors de son avènement : J’étais malade, et tu m’as visité, j’étais nu, et tu m’as habillé, j’étais prisonnier, et tu es venu me voir. C’est donc la vie de Christ que tu dois servir. Comme cette vie est spirituelle, tu ne peux pas la servir en étant animé de bonnes intentions charnelles. Tu dois offrir en sacrifice ton Isaac, celui que tu as gagné, pour pouvoir le servir avec des valeurs éternelles. En étant un sacrifice, tu peux témoigner que tu es libre de tous, et tu peux devenir le serviteur de tous. Mais si tu n’es pas un sacrifice, tu ne sers que ceux que tu as gagnés toi-même et que tu considères comme ta propriété, avec toute la maladresse et toutes les erreurs qui proviennent de la chair.
Si tu te reconnais dans ce miroir, ne t’en va pas en oubliant ce que tu as vu. Non ! lâche donc ton Isaac, et libère-toi de tous. Peut-être Dieu te fera-t-il alors grâce pour te rendre utile à son service, au temps qui lui conviendra. Car si tu persistes dans ton attitude actuelle, tu auras beau multiplier les activités religieuses, tu ne feras que lier beaucoup d’âmes à ta propre personne, au lieu de les lier à Christ.