Jugement dans l’assemblée

juin 1915

Jugement dans l’assemblée

N’est-ce pas ceux du dedans que vous avez à juger ? Pour ceux du dehors, Dieu les juge. Ôtez le méchant du milieu de vous. 1 Co. 5, 12 et 13.

Partout où une assemblée spirituelle fleurit, il y a beaucoup à rectifier et à juger « au-dedans ». Mais parmi les péchés qu’on apporte avec soi après s’être séparé du monde, il y a l’envie de juger. C’est l’un de ces péchés qui sont tellement fortement attachés à nous et qui doivent pourtant être arrachés jusqu’à la racine. Dès que Dieu donne de sa lumière à une personne, elle essaie de trouver ce que les autres font de mal par rapport à cette lumière, et elle juge en fonction de cela. La plupart du temps, ce jugement est dur et injuste, parce qu’avec cette lumière on n’est pas encore entré en possession de l’onction qui sait tout. 1 Jn. 2, 20.

Nous n’avons pas reçu la lumière pour que nous jugions les autres, mais pour que nous nous jugions nous-mêmes. Car si nous marchons dans la lumière, comme il est lui-même dans la lumière, nous sommes mutuellement en communion, et le sang de Christ, le Fils de Dieu, nous purifie de tout péché. Ce n’est qu’après que le péché a été purifié quand nous marchons dans la lumière que nous sommes en possession de l’onction qui sait tout.

Par conséquent, dans la première lumière, nous ne savons pas tout et c’est pour cela que nous ne pouvons juger que nous-mêmes dans cette lumière, et non les autres.

C’est pourquoi l’Écriture dit : Je le dis à votre honte. Ainsi il n’y a parmi vous pas un seul homme sage qui puisse prononcer entre ses frères. 1 Co. 6, 5.

Pour juger « au-dedans », il faut un homme sage. Les Corinthiens excellaient en toutes choses, en foi, en parole, en connaissance et en zèle à tous égards – 2 Co. 8, 7 – mais à leur honte, Paul était obligé de leur dire qu’il n’y avait pas un seul homme sage parmi eux, capable de juger au-dedans et de prononcer entre ses frères.

Il y a dans la chair une certaine envie de juger au-dedans, dès qu’on a reçu de la lumière et de la connaissance, mais ce jugement n’a aucune valeur, car ce n’est pas un jugement selon l’onction. On juge selon la lumière qu’on a reçue, mais ce jugement n’est pas accompagné de la grâce, alors que celui qui juge selon l’onction s’est d’abord jugé lui-même. Il sait ce que le jugement représente, et ce qu’on ressent quand on est jugé, si bien qu’il peut avoir de la compassion, chose que l’ignorant ne peut posséder, car il n’a pas lui-même été mis à l’épreuve.

Dans la lumière et la connaissance, on ne sait pas tout, parce qu’il y a encore du péché à purifier, mais dans l’onction on sait tout et on peut par conséquent prononcer un jugement juste, accompagné de la grâce qui suit toujours les jugements de Christ. Car le Seigneur, l’Éternel, peut nous arracher à la mort. Mais quand on juge uniquement selon la lumière, il n’y a pas de place pour que la personne qu’on juge échappe à la mort, parce que la chair, avec la loi du péché qui est dans nos membres, se mêle au jugement et le rend injuste.

Ne parlez point mal les uns des autres, frères. Celui qui parle mal d’un frère, ou qui juge son frère, parle mal de la loi et juge la loi. Or, si tu juges la loi, tu n’es pas observateur de la loi, mais tu en es juge. Ja. 4, 11.

Voilà aussi une façon de juger ; on médit d’un frère et on tombe du même coup sous le jugement de la loi et on doit se purifier pour obtenir le pardon de ses péchés. Dans ce cas-là, l’envie de juger souille la personne qui prononce le jugement, et le jugement qu’on voulait prononcer « au-dedans » reste en suspens.

Si malgré le fait qu’ils excellaient en parole, en connaissance et en zèle, les Corinthiens pouvaient manquer de sagesse pour juger au-dedans, nous pouvons être sûrs que tout cela est tout autant d’actualité aujourd’hui. Pense à cela quand tu veux juger, pour que ton jugement ne retombe pas sur ta propre tête.

Il y a beaucoup de maîtres en Christ, mais pas beaucoup de pères. 1 Co. 4, 15. Ces maîtres veulent sûrement participer au jugement, mais je crois pouvoir m’appuyer sur les Écritures et sur le témoignage de Dieu en ayant l’audace de dire : avant de prononcer un jugement, attends d’avoir toi-même engendré des enfants spirituels et applique-le d’abord à eux, avant d’aller plus loin.