Je vois dans mes membres une autre loi
As-tu vu une autre loi dans tes membres ? Ou fais-tu partie de ceux qui croient déjà être semblables aux anges ici sur terre ? Paul servait la loi de Dieu avec son entendement, mais il trouvait une autre loi dans ses membres. Ro. 7, 23. Cette loi dans les membres, qui lutte contre la loi de l’entendement, est innée. Elle appartient à la nature humaine, et nous ne pouvons pas en être débarrassés tant que nous sommes ici-bas, dans notre corps. Il n’y a pas de condamnation pour le fait d’avoir cette loi dans ses membres, pourvu qu’on ne la laisse pas agir. Mais si on se conforme à elle, on tombera sous le coup de la condamnation.
Notre vieil homme a été crucifié avec lui, afin que le corps du péché fût détruit, pour que nous ne soyons plus esclaves du péché. Ro. 6, 6. Le corps du péché doit être détruit ; par l’obéissance envers Christ, la loi dans les membres doit être abolie petit à petit. Mais tant que la chair existera, elle n’obéira pas à la loi de Dieu, et elle n’en est même pas capable. La chose dont nous sommes capables, c’est de faire mourir par l’Esprit les actions du corps, et Ro. 8, 13 ajoute qu’en faisant ainsi, nous vivrons. Ces actions se frayent un chemin jusqu’à la surface, et nous ne sommes pas capables de les retenir, la loi dans nos membres rendant captive la loi de notre entendement. Que faut-il donc faire ? Il faut faire mourir ces actions. La chair ne peut pas obéir à la loi de Dieu ; et il y a des preuves qui montrent que même après avoir reçu l’Esprit de Dieu, on porte encore en soi beaucoup de choses que l’Esprit n’approuve pas.
Certains appelleront cela de l’esclavage. Effectivement, si je ne faisais pas mourir les actions du corps, j’aurais vite fait de devenir esclave du péché, mais en les faisant mourir, je suis libre et je vivrai. On peut vivre dans l’exaltation première de la grâce et s’imaginer que la loi dans les membres a disparu. La grâce crée une impression tellement agréable et elle est tellement immense qu’on ne trouve rien à juger en soi-même. Cela ne veut pas dire qu’on soit devenu tellement parfait. Non, ce n’est que la grâce de Dieu. Le jour où Dieu retire sa grâce, on devient sec et on rechute souvent dans le péché. Cela prouve que la grâce n’était pas quelque chose qu’on possédait personnellement. Dieu l’avait répandue par le sacrifice de Christ ; mais il la reprend quand il veut, et particulièrement quand il comprend que la personne en question se contente de se complaire dans la grâce et n’en retire qu’une certaine jouissance. Paul avait aussi reçu de la grâce, mais la grâce de Dieu envers lui n’avait pas été vaine. En revanche, on a l’impression que de nos jours, la grâce de Dieu envers beaucoup de personnes a été bien vaine. Des assemblées entières jubilent dans la grâce, pendant les temps de réveil ; mais dès que Dieu demande de l’obéissance en contrepartie, on se dérobe. Tout va bien aussi longtemps que Dieu donne, mais quand il demande quelque chose, on ne jubile plus, et la plupart du temps c’est la loi dans les membres qui commence à se manifester – cette loi dont on croyait être débarrassé pour toujours, dans la jubilation intense que la grâce avait produite. Cela sonne le glas de la doctrine qui prétend qu’on est débarrassé de la loi dans les membres ; mais par l’hypocrisie des faux docteurs, on persévère dans la folie longtemps après s’être mis à servir aussi bien les lois du péché que celles de la mort.
Si donc nous avons une autre loi dans nos membres, regardons-la droit dans les yeux et menons un combat en règle contre elle. Cela fait bien trop longtemps qu’on s’imagine en être débarrassé. Mais aussi longtemps que l’homme peut tomber dans tel péché, puis dans tel autre, nous osons affirmer avec Paul que c’est la loi dans les membres qui est à l’œuvre.
Que faut-il donc faire ? Nous devons faire mourir les actions du corps par l’Esprit.
On peut alors demander : que sont donc les actions du corps ? Puisqu’il faut les faire mourir par l’Esprit, ce ne peuvent pas être de bonnes actions. Elles ont leur racine dans la chair, mais on ne peut pas pour autant les assimiler aux œuvres de la chair. Il est dit des œuvres de la chair qu’elles sont manifestes, ce sont l’impudicité, l’impureté, la dissolution, l’idolâtrie, la magie, etc., etc. Ga. 5, 19. Certains croient-ils qu’on peut faire mourir de telles œuvres par l’Esprit ? Non ! les personnes qui commettent de telles œuvres n’ont pas reçu l’Esprit de Dieu et il est par conséquent évident qu’elles ne peuvent pas faire mourir ces œuvres par l’Esprit. Ceux qui commettent de telles choses n’hériteront point le royaume de Dieu, v. 21 ; mais ceux qui font mourir par l’Esprit les actions du corps, ont déjà hérité le royaume de Dieu, puisqu’ils ont l’Esprit et qu’ils vivront.
Quand donc on n’obéit pas aux convoitises pécheresses et qu’on fait mourir les actions du corps par l’Esprit, le corps du péché finira par être anéanti. Le jugement est prononcé sur le péché dans la chair. C’était dans la chair que la loi ne pouvait pas agir contre le péché ; mais maintenant, Dieu a condamné le péché dans la chair de Christ, Ro. 8, 3, et par le sang de Christ, il est maintenant en train de le condamner dans notre chair. Grand est le mystère de la piété : Dieu manifesté en chair. Il a ainsi frayé une route, en repoussant la loi du péché dans les membres, et en plantant à la place toute la plénitude de la divinité dans le corps. Cette plénitude est maintenant en train de nous remplir, et par elle nous avons tous reçu grâce sur grâce.