Une route nouvelle et vivante
«Ainsi donc, frères, puisque nous avons, au moyen du sang de Jésus, une libre entrée dans le sanctuaire par la route nouvelle et vivante qu’il a inaugurée pour nous au travers de sa chair…»
Si on parle d’une route, c’est qu’il y a un point de départ et un point d’arrivée. La route dont il est question dans ce passage nous fait quitter le péché pour nous mener à Dieu – au sanctuaire. Il est dit que cette route est nouvelle. C’est donc qu’il y en avait une ancienne, celle que Moïse a apportée – celle de l’ancienne alliance. Mais il s’est avéré qu’elle était inutile – car la loi n’a rien amené à la perfection – et une meilleure espérance a été introduite, par laquelle nous nous approchons de Dieu. Hé. 7, 18–19.
Lorsque les gens péchaient dans l’ancienne alliance, ils devaient suivre une route pour s’éloigner du péché ; cela consistait à faire différents sacrifices, par lesquels le sacrificateur faisait l’expiation des péchés du peuple. Cette route leur permettait d’échapper à la faute du péché, et de recevoir le pardon des péchés ; mais les sacrifices ne pouvaient pas ôter le péché, de manière à rendre parfaits ceux qui sacrifiaient. Hé. 10, 1–4. Pour témoigner contre eux – comme témoin de l’imperfection de cette situation – il y avait un voile devant le saint des saints. Ce voile empêchait le peuple de se tenir directement devant la face de Dieu. Seul le souverain sacrificateur pouvait y entrer, et encore, seulement une fois par an, et non sans y porter du sang. Hé. 9, 7. Ce chemin n’était qu’une disposition provisoire, jusqu’à un temps de réformation, où le voile devait se déchirer, pour que l’accès soit possible pour tous. C’est Jésus qui a fait cette œuvre-là. Il est dit que le voile était sa chair. C’est aussi ce que nous avons expérimenté dans la vie. Lorsque nous voulions faire la volonté de Dieu, c’était la chair, avec ses convoitises et ses passions, qui nous barrait la route. Au lieu de faire la volonté de Dieu, nous avons péché, et nous avons dû demander pardon pour nos péchés. Nous ne parvenions pas plus loin que les hommes qui étaient sur l’ancienne route.
Quand Jésus est venu pour inaugurer cette route nouvelle, il a dit : «Tu n’as voulu ni sacrifice ni offrande, mais tu m’as formé un corps ; tu n’as agréé ni holocaustes ni sacrifices pour le péché. Alors j’ai dit : Voici, je viens (dans le rouleau du livre il est question de moi) pour faire, ô Dieu, ta volonté.» Voilà la route nouvelle : faire la volonté de Dieu, au lieu de sacrifier parce qu’on ne la fait pas.
Jésus a donc dû avoir part à cette chair – le voile – pour frayer une route à travers elle. «Ainsi donc, puisque les enfants participent au sang et à la chair, il y a également participé lui-même…» Hé. 2, 14. Selon la chair, il est né de la postérité de David. Ro. 1, 3. Et en envoyant son Fils dans la chair, Dieu a condamné le péché dans la chair. Ro. 8, 3. Cela ne s’est pas fait en un jour. Il y avait une route à suivre, et même à frayer, ce qui n’était pas chose facile. Il est dit de Jésus que dans les jours de sa chair, ayant présenté avec de grands cris et avec larmes des prières et des supplications à celui qui pouvait le sauver de la mort, et ayant été exaucé à cause de sa piété, il a appris, bien qu’il fût Fils, l’obéissance par les choses qu’il a souffertes. Après avoir été élevé à la perfection, il est devenu pour tous ceux qui lui obéissent l’auteur d’un salut éternel. Hé. 5, 7–10.
Ce n’était donc pas chose facile de frayer une route à travers le voile. Personne n’y était arrivé jusque là. Tous ceux qui s’étaient efforcés de faire la volonté de Dieu avaient été stoppés par le voile, et ils ont péché. Mais Jésus a frayé un accès. Il a combattu à un point tel que sa sueur s’est changée en grumeaux de sang, en priant : Non pas ma volonté, mais la tienne ! S’il avait fait sa propre volonté, cela aurait signifié la mort — la séparation d’avec Dieu ; mais il a frayé la route à travers le voile. Il a été rendu parfait en obéissance. Au lieu de sacrifier des bœufs et des génisses, il s’est offert lui-même — sa propre volonté — qu’il avait reçue, en tant que fils de l’homme. Jn. 5, 27–30. C’était là une route toute nouvelle. Elle mène en vérité loin du péché et jusque devant la face de Dieu. Quand Jésus a achevé cette route, juste avant d’expirer, il s’est écrié : Tout est accompli ! Alors le voile s’est fendu de haut en bas, et les tombes se sont ouvertes. Le temps de réformation était arrivé. La route qui mène au sanctuaire était maintenant ouverte, pas seulement pour le souverain sacrificateur, une fois par an, mais pour tous ceux qui veulent suivre Jésus. Jésus n’a pas suivi cette route à notre place, mais il l’a inaugurée pour nous. La porte qui mène à cette route est étroite. Jésus dit : si quelqu’un veut venir après moi, qu’il renonce à tout. Et la route elle-même est étroite. Il dit aussi : qu’il se charge chaque jour de sa croix et qu’il renonce à lui-même. Il est dit à de nombreuses reprises que la route ancienne ne pouvait mener personne à la perfection. Mais la route nouvelle, elle, le peut. C’est pourquoi il est dit : Tendons à ce qui est parfait. Hé. 6, 1. Paul faisait une seule chose : il courait vers la perfection. Ph. 3, 12. De plus, il travaillait afin de présenter à Dieu tout homme, devenu parfait en Christ. Col. 1, 28–29. La plupart des gens n’ont pas la foi pour cela, car ils n’ont jamais entendu parler de la route nouvelle. Ils ne connaissent que l’ancienne. Ils ne connaissent Jésus que comme victime expiatoire pour le péché. Ils ne le connaissent pas comme souverain sacrificateur. C’est pourquoi ils ne parviennent jamais plus loin que la prière du publicain : ÔDieu, sois apaisé envers moi, qui suis un pécheur. Ils se glorifient même de prier cette prière. Ils ne connaissent pas l’esprit d’adoption, que reçoivent ceux qui marchent selon l’Esprit, et non selon la chair. Ils ne peuvent pas s’écrier : Abba, Père ! Ro. 8, 13–16.
Il est dit plus loin de cette route qu’elle est vivante. Aussi longtemps qu’on vit selon la chair, on est mort dans les péchés et les transgressions. On est mort quant à l’héritage que Dieu a réservé à ceux qui l’aiment — mort à l’égard de la voix de Dieu et de ses injonctions. Mais quand on commence à marcher sur cette route, on devient vivant. Quand nous nous chargeons de notre croix et que nous renonçons à nous-mêmes, de sorte que notre volonté propre est mise à mort, notre esprit est affranchi du péché dans la chair ; le voile se déchire, et la parole de Paul devient vraie pour ce qui nous concerne : «Pour vous, vous ne vivez pas selon la chair, mais selon l’esprit.» Ro. 8, 9. Nous sommes alors morts au péché, mais vivants pour Dieu. Notre vie était dans le monde et dans les choses qui sont dans ce monde ; mais quand nous suivons la route nouvelle, nous perdons cette vie-là, et nous retrouvons la vie dans le royaume de Dieu. Nous trouvons de l’intérêt aux valeurs éternelles. Nous entrons dans le sanctuaire et nous devenons vivants pour la volonté de Dieu et pour l’héritage qui ne se peut ni corrompre, ni souiller, ni flétrir. 1 Pi. 1, 3–4.
On peut rencontrer des gens qui se disent chrétiens depuis vingt ou trente ans ; et pourtant, on ne peut parler avec eux que de choses terrestres, pas de choses spirituelles. Ils ne sont pas capables de libérer leurs pensées de la nourriture, des vêtements, de l’argent et de l’honneur des hommes. Ils vivent selon la chair. Ils se sont sentis jugés plus d’une fois à cause de cet état de fait, et ils ont peut-être essayé d’y échapper, mais cela fait longtemps qu’ils y ont renoncé. Cela vient du fait qu’ils ne connaissent pas la route nouvelle et vivante. Ils sont restés sur l’ancienne route. Sans avoir la foi de mourir à leur péché, ils continuent toute leur vie à prier la prière du publicain. 1 Pi. 2, 24.