Supériorité

avril 1942

Supériorité

Pour moi, frères, lorsque je suis allé chez vous, ce n’est pas avec une supériorité de langage ou de sagesse que je suis allé vous annoncer le témoignage de Dieu. Car je n’ai pas eu la pensée de savoir parmi vous autre chose que Jésus-Christ, et Jésus-Christ crucifié.

Moi-même j’étais auprès de vous dans un état de faiblesse, de crainte et de grand tremblement ; et ma parole et ma prédication ne reposaient pas sur les discours persuasifs de la sagesse, mais sur une démonstration d’Esprit et de puissance, afin que votre foi soit fondée, non sur la sagesse des hommes, mais sur la puissance de Dieu. 1 Co. 2, 1 et versets suivants.

Jésus dit : Si quelqu’un me suit, je ferai de lui un pêcheur d’hommes. Tout le travail du royaume de Dieu consiste à pêcher des hommes. C’est pour cette raison que Paul est allé voir les Corinthiens, pour leur annoncer le témoignage de Dieu avec crainte et grand tremblement ; car il voulait que leur foi en Dieu soit fondée sur la puissance de Dieu, et non sur la sagesse des hommes. En annonçant la parole de Dieu de cette manière, il a pu devenir l’un de ceux qui engendrent des enfants en Christ.

C’est pour cela que Paul pouvait dire : Quand vous auriez dix-mille maîtres en Christ, vous n’avez cependant pas plusieurs pères, puisque c’est moi qui vous ai engendrés en Jésus-Christ par l’Évangile. 1 Co. 4, 15. Les maîtres annoncent la parole de Dieu comme des « maîtres » ; la faiblesse, la crainte et le grand tremblement ont disparu. C’est leur capacité qui occupe le devant de la scène, et du même coup, ils deviennent incapables de servir dans la force de Dieu pour engendrer des enfants spirituels. Les auditeurs ont l’impression qu’il faut avant tout rechercher la supériorité dans les discours et dans l’enseignement. Les maîtres ont été eux-mêmes jadis des auditeurs, et ils ont reçu la parole de Dieu qui leur était annoncée avec crainte et grand tremblement. Mais ils ont maintenant grandi, et ils connaissent la règle de doctrine sur le bout des doigts. Beaucoup d’entre eux ont une forte personnalité et une forte volonté propre. Ils règnent sur l’assemblée et usent d’autorité, mais la crainte, le tremblement et la faiblesse ont disparu, et la supériorité s’est installée. Même s’il y a dix-mille maîtres de ce genre, aucun d’entre eux ne fait partie des pères.

Le résultat du travail des maîtres à Corinthe était que les Corinthiens eux-mêmes étaient enflés d’orgueil. Ils étaient devenus sages en Christ, ils étaient forts et honorés, alors que les apôtres étaient fous à cause de Christ, ils étaient faibles et méprisés.

Le mot même de « maître » indique de la stagnation en esprit. Le maître commence à se considérer lui-même comme une tête plus haut que les autres membres de l’assemblée. Il a tant de choses à dire et à enseigner que les autres ne comprennent pas encore. Il pense savoir quelque chose, alors qu’il n’a jamais connu comme on doit connaître. Les maîtres traitent les nourrissons spirituels avec dureté, sans crainte ni tremblement. Les pères, au contraire, ne peuvent jamais devenir des maîtres, car ils reconnaissent en profondeur que c’est Jésus-Christ qui est leur Maître, et qu’ils doivent le servir avec crainte et tremblement. Dieu récompense richement une telle attitude, en les rendant capables d’engendrer des enfants spirituels, à qui ils peuvent apprendre, avec cet entendement noble, à être leurs imitateurs comme ils le sont de Christ.

Que pouvons-nous apprendre de cela ? Que les dix-mille maîtres ont été infidèles à un stade ou un autre de leur vie chrétienne, et cela peut difficilement être guéri plus tard dans la vie.

Sois donc humble et vigilant depuis le début, quand tu as reçu le salut de Dieu et que tu as commencé à courir dans la carrière, pour que tu sois un disciple de celui qui peut dire en vérité : Recevez mes instructions, car je suis doux et humble de cœur. C’est lui le seul grand Maître, qui a en vérité le droit exclusif de porter le nom de maître.