L'épître aux Hébreux - chapitre 6

juillet 1938

L’épître aux Hébreux

Chapitre 6

V. 9. Quoique nous parlions ainsi, bien-aimés, nous attendons, pour ce qui vous concerne, des choses meilleures et favorables au salut.

L’apôtre montre aux Hébreux jusqu’où mènent la désobéissance et l’indocilité. Mais il les console et leur dit : Quoique nous parlions ainsi, bien-aimés, nous attendons, pour ce qui vous concerne, des choses meilleures et favorables au salut. Ce n’est pas votre cas. Il est vrai que vous êtes des enfants et que vous devriez être parvenus plus loin ; mais vous n’êtes pas dans une situation aussi mauvaise que ce que nous avons indiqué ci-dessus.

V. 10. Car Dieu n’est pas injuste, pour oublier votre travail et l’amour que vous avez montré pour son nom, ayant rendu et rendant encore des services aux saints.

Nous voyons ici que nos œuvres en Christ ont une très grande signification. Les Hébreux rendaient service aux saints, et un Dieu juste allait les récompenser pour cela. De la même manière que les membres du corps se servent les uns les autres, nous devons aussi servir les saints dans le même corps. Cela prouve qu’il y a l’unité d’esprit et la communion dans l’Esprit. Dans toute l’éternité, nous tirerons un profit et de la bénédiction d’avoir servi les saints, car cela a facilité leur croissance vers la tête dans le même corps.

V. 11-12. Nous désirons que chacun de vous montre le même zèle pour conserver jusqu’à la fin une pleine espérance, en sorte que vous ne vous relâchiez point, et que vous imitiez ceux qui, par la foi et la persévérance, héritent des promesses.

Sans zèle nous n’arrivons à rien, que ce soit dans les choses terrestres ou dans les choses spirituelles. Plus nous faisons preuve de zèle, plus notre intérêt grandit. La connaissance et la sagesse augmentent, les trésors qu’on a dans le ciel deviennent de plus en plus nombreux. Et là où est le trésor, là sera aussi le cœur. La paresse meurt d’elle-même. Les saints de l’ancien temps étaient actifs et zélés jusque dans la mort. Ni les cavernes des lions, ni les grondements du peuple, ni le feu, ne pouvaient affaiblir leur pleine assurance dans l’espérance. Il suffit de penser à Antiochus, qui voulait obliger sept frères et leur mère à manger du porc, en opposition à la loi de Moïse. Tous les sept frères ont été torturés à mort à cause de leur foi. Leur mère a encouragé chacun d’eux à persévérer dans leur espérance et leur foi, afin qu’elle puisse les retrouver à la résurrection des morts. La dernière à mourir a été la mère. 2 Maccabées 7.

En persévérant dans la foi et la patience, nous mourons à la colère, à l’emportement, aux paroles vaines, à la médisance, aux murmures, au doute, à l’impudicité, à l’injustice, aux calomnies de toutes sortes, etc. La vie devient alors victorieuse et triomphante. Tout cela se fait par la croix et la mort de la chair avec ses passions et ses désirs.

V. 13-15. Lorsque Dieu fit la promesse à Abraham, ne pouvant jurer par un plus grand que lui, il jura par lui-même, et dit : Certainement je te bénirai et je multiplierai ta postérité. Et c’est ainsi qu’Abraham, ayant persévéré, obtint l’effet de la promesse.

Quand Dieu a juré qu’il bénirait Abraham, ce n’était pas sans raison. C’est directement en rapport avec le fait qu’Abraham avait été obéissant au Seigneur et avait sacrifié son fils unique Isaac, qu’il aimait.

L’ange de l’Éternel appela une seconde fois Abraham des cieux, et dit : Je le jure par moi-même, parole de l’Éternel ! parce que tu as fait cela, et que tu n’as pas refusé ton fils, ton unique, je te bénirai et je multiplierai ta postérité, comme les étoiles du ciel et comme le sable qui est sur le bord de la mer ; et ta postérité possédera la porte de ses ennemis. Toutes les nations de la terre seront bénies en ta postérité, parce que tu as obéi à ma voix. Ge. 22.

Oui, il y avait de la foi, et il y avait des promesses, et il y avait de la fidélité. Quel que soit le nombre d’Israélites qu’il y avait à l’époque et qu’il y a encore, ils étaient tous dans les reins d’Isaac lorsqu’Abraham a sacrifié son fils. Par Isaac, tout Israël est offert en sacrifice par la foi d’Abraham. C’est pourquoi c’est le peuple du Seigneur. Mais la plupart d’entre eux ont été incrédules et le sont toujours.

Ce n’est point à dire que la parole de Dieu soit restée sans effet. Car tous ceux qui descendent d’Israël ne sont pas Israël, et, pour être la postérité d’Abraham, ils ne sont pas tous ses enfants ; mais il est dit : En Isaac sera nommée pour toi une postérité, c’est-à-dire que ce ne sont pas les enfants de la chair qui sont enfants de Dieu, mais que ce sont les enfants de la promesse qui sont regardés comme la postérité. Ro. 9, 6-8.

Jésus dit aux Juifs qui s’opposaient à lui : Je sais que vous êtes la postérité d’Abraham ; mais vous cherchez à me faire mourir, parce que ma parole ne pénètre pas en vous. Je dis ce que j’ai vu chez mon Père ; et vous, vous faites ce que vous avez entendu de la part de votre père. Ils lui répondirent : Notre père, c’est Abraham. Jésus leur dit : Si vous étiez enfants d’Abraham, vous feriez les œuvres d’Abraham. Mais maintenant vous cherchez à me faire mourir, moi qui vous ai dit la vérité que j’ai entendue de Dieu. Cela, Abraham ne l’a point fait. Jn. 8, 37-40.

Abraham a reçu la promesse par la parole de la foi. Mais les Juifs qui ne croyaient pas, ont été retranchés à cause de leur incrédulité. Ils ne cherchaient pas la loi de la justice par la foi, mais par les œuvres, si bien qu’ils ne sont pas parvenus à cette loi ; car ils se sont heurtés à la pierre d’achoppement. Ro. 9, 31-33.

Ainsi, ceux qui croient sont enfants d’Abraham et ils ont part aux promesses.

V. 16. Or les hommes jurent par celui qui est plus grand qu’eux, et le serment est une garantie qui met fin à tous leurs différends.

Dans l’ancienne alliance le serment réglait les cas qui ne pouvaient pas être traités d’une autre manière, par exemple :

Si un homme donne à un autre un âne, un bœuf, un agneau, ou un animal quelconque à garder, et que l’animal meure, se casse un membre, ou soit enlevé, sans que personne l’ait vu, le serment au nom de l’Éternel interviendra entre les deux parties, et celui qui a gardé l’animal déclarera qu’il n’a pas mis la main sur le bien de son prochain ; le maître de l’animal acceptera ce serment, et l’autre ne sera point tenu à une restitution. Ex. 22, 10-11.

Mais dans le Nouveau Testament il est dit : Mais moi (Jésus), je vous dis de ne jurer aucunement. Mt. 5, 34. Jacques dit : Avant toutes choses, mes frères, ne jurez ni par le ciel, ni par la terre, ni par aucun autre serment. Mais que votre oui soit oui, et que votre non soit non, afin que vous ne tombiez pas sous le jugement. Ja. 5, 12.

Dieu a juré : Tu es sacrificateur pour toujours selon l’ordre de Melchisédek. Par ce serment, tous les autres serments cessent. Le Fils de Dieu nous parle du ciel par l’Esprit de Vérité, de nuit comme de jour. Dans cet Esprit notre oui doit être oui et notre non doit être non. Le serment est ainsi aboli et la vérité introduite. Si quelqu’un ne dit pas la vérité, il tombe sous le coup du jugement, comme Jacques le dit.

V. 17-18. C’est pourquoi Dieu, voulant montrer avec plus d’évidence aux héritiers de la promesse l’immutabilité de sa résolution, intervint par un serment, afin que, par deux choses immuables, dans lesquelles il est impossible que Dieu mente, nous trouvions un puissant encouragement, nous dont le seul refuge a été de saisir l’espérance qui nous était proposée.

Quand il est dit que Dieu intervint par un serment, c’était entre l’ancienne et la nouvelle alliance. Le serment était l’une des choses immuables, et les prophéties de l’Ancien Testament l’autre. Dans le Psaume 110, 4 il est écrit : L’Éternel l’a juré, et il ne s’en repentira point : Tu es sacrificateur pour toujours, à la manière de Melchisédek. David et les prophètes ont prophétisé au sujet du Messie que la volonté de Dieu devait prospérer et réussir dans sa main. Pourtant, les scribes contemporains de Jésus ne pouvaient pas voir qu’il était le Messie. Cela venait naturellement de ce qu’ils regardaient à ce qui est grand dans ce monde. Ils ne pouvaient pas imaginer que le Messie viendrait d’une famille pauvre. Ils sacrifiaient en d’autres termes aux idoles sur les collines, et cela rend aveugle. Les scribes de notre époque admirent aussi les grands de ce monde. Ils mangent et boivent avec eux, et ils portent aussi des toasts avec eux. Et ils sont eux-mêmes incrédules et se mettent sous le même joug que les incrédules. Il en résulte qu’ils sont totalement aveugles à Christ manifesté dans la chair. Tout comme il y a 1900 ans.

C’est pourquoi il est dit : C’est pourquoi Dieu, voulant montrer aux héritiers de la promesse l’immutabilité de sa résolution. Il ne montre pas cela aux incrédules, le fait qu’ils soient instruits ou incultes n’a pas d’importance aux yeux de Dieu. C’est aux héritiers de la promesse que Dieu révèle ses mystères. Par toutes leurs études, les scribes n’obtiennent que l’enveloppe. Ils ne peuvent jamais s’emparer du noyau ; car cela exige de la crainte de Dieu. Et si l’un ou l’autre d’entre eux, par sa crainte de Dieu, reçoit des révélations de l’Esprit, il est exclu du cercle des scribes qui ont toute leur connaissance dans la tête et non dans le cœur.

V. 19-20. Cette espérance, nous la possédons comme une ancre de l’âme, sûre et solide ; elle pénètre au-delà du voile, là où Jésus est entré pour nous comme précurseur, ayant été fait souverain sacrificateur pour toujours, selon l’ordre de Melchisédek.

L’ancre de l’espérance est dans le sanctuaire. Pour que nous ayons accès à ce sanctuaire, Jésus a ouvert une voie pour nous au travers du voile, qui est sa chair. Hé. 10, 19-20. Il y est entré lui-même. C’est pourquoi il est dit : Christ en vous, l’espérance de la gloire. Cette ancre ne lâche pas prise, comme cela peut arriver à l’ancre d’un navire. Christ, l’ancre de notre espérance, est fermement fixé et en toute sécurité là dans le sanctuaire, selon le serment de Dieu.

Dieu lui-même a écrit dans nos cœurs et nos esprits les lois qui mènent là où il est. Il abolit les sacrifices réclamés par la loi et établit la deuxième chose, c’est-à-dire la volonté de Dieu. Hé. 10, 9 et 16. Ce que Dieu veut, c’est notre sanctification, toute autre volonté ne vaut rien. Et la volonté de Dieu est écrite dans le cœur et l’esprit. Celui qui parle du haut du ciel la révèle, et les Écritures témoignent d’elle. Il se fait de la place pour le royaume de Dieu au fond du cœur, là se révèlent le Père et le Fils pour tous ceux qui gardent les commandements. Jn. 14, 23.